compte-rendu des tables-rondes

tirÈs du nƒ spÈcial Agor'Elle sur "Les femmes dans la citÈ",
 ÈditÈ par l'Association Graiff (email: info@graiff.org)

RÈdactrice de ces compte-rendus:
         Murielle Fourlon (email: fourlon@infonie.fr  )
directrice de publication :
         Jeanne  Mazel

Edito  I Femmes et crÈation  I|Femmes et libertÈ  I|Femmes et violence I|Hommage ý Germaine Tillon

 

Èdito

La huitiËme Èdition des Rencontres díAverroËs, conÁues par Thierry Fabre et organisÈes par líEspace Culture, en novembre dernier a connu un succËs particulier et a attirÈ un public fÈminin largement majoritaire.

Cette rÈussite tient ý plusieurs raisons.

Tout díabord au thËme retenu : " MÈditerranÈe, les femmes dans la citÈ ". Pour la premiËre fois dans líhistoire de ces rencontres, les femmes ont occupÈ le devant de la scËne, au ThÈ’tre National de la CriÈe. Sur 11 intervenants, 10 Ètaient des femmes, venues de diffÈrents pays du bassin mÈditerranÈen. Elles ont ÈtÈ tour ý tour observatrices de la condition des femmes dans leurs pays et, pour certaines, porte-parole de leurs espÈrances.

La qualitÈ des interventions et des dÈbats avec la salle a permis de mettre en cause toute une sÈrie díidÈes prÈconÁues et díillusions, notamment sur la civilisation occidentale et son attractivitÈ, et a apportÈ des informations et des thËmes de rÈflexion sur les sociÈtÈs mÈditerranÈennes.

Autre raison du succËs : les animations-dÈbats inscrites dans le cadre de cette manifestation, dans diffÈrents lieux ý Marseille et hors de la ville, avec projection de films et exposition de photos en prÈsence de rÈalisateurs et de crÈateurs Ètrangers.

Pour la premiËre fois, le Graiff a ÈtÈ partenaire de ces rencontres.

Ce numÈro spÈcial díAgoríelles sur " Les femmes dans la citÈ ", est le rÈsultat díune collaboration cordiale et efficace avec líÈquipe de líEspace Culture, Thierry Fabre et le Graiff.

Ce partenariat se justifie tout díabord en raison des thËmes traitÈs dans les trois tables rondes : " Femmes et libertÈ ", " Femmes et violence ", " Femmes et crÈation " - thËmes qui rÈpondent ý une rÈflexion et ý des actions que le Graiff, en liaison avec le secteur associatif, mËne sur ces sujets- et ensuite par les relations et contacts que le Graiff entretient avec des associations et des femmes dans des pays riverains de la MÈditerranÈe.

Les Rencontres díAverroËs constituaient pour le Graiff líoccasion díouvrir une rÈflexion Èlargie sur líÈvolution des mentalitÈs, le statut et le rÙle des femmes dans líensemble des pays des deux rives de la MÈditerranÈe.

Les ÈvÈnements du 11 septembre 2001 ont mis líaccent sur les intÈgrismes, les intolÈrances et les hÈgÈmonies oppressives avec leurs redoutables consÈquences. Líouverture díesprit, la tolÈrance et le respect des autres quíavait incarnÈs AverroËs, demeurent plus que jamais des valeurs díactualitÈ quíil nous appartient de dÈfendre.

Jeanne MAZEL
PrÈsidente du GRAIFF.

 

introduction

Depuis huit ans maintenant, il est, ý Marseille, un rendez-vous ý ne pas manquer pour penser le monde mÈditerranÈen : les Rencontres díAverroËs. Cette annÈe encore, la salle du thÈ’tre de la CriÈe Ètait comble. Les trois tables rondes proposÈes par Thierry Fabre, le concepteur de ces Rencontres, pour rÈflÈchir et dÈbattre sur la femme dans la CitÈ en MÈditerranÈe, síarticulaient autour de trois thËmes : Femmes et libertÈ, Femmes et violences et Femmes et crÈation. Les invitÈs, en grande majoritÈ des femmes, ont exposÈ leurs points de vue, leurs travaux de chercheurs ou leurs combats de citoyennes et de citoyens mÈditerranÈens durant ces deux jours, loin des discours et des images simplistes vÈhiculÈs avec peut-Ítre encore plus de vÈhÈmence depuis les attentats du 11 septembre dernier. Non, le monde níest pas scindÈ en deux entre un Occident civilisÈ et un Orient barbare. Aux idÈes du " choc des civilisations " prÙnÈes par Samuel P. Huntington1, reprises ici ou lý par des individus plus ou moins bien intentionnÈs, ces hommes et ces femmes mÈditerranÈennes proposent de prendre de la distance, de faire un travail de mÈmoire. Approches sociologique, anthropologique, psychanalytique ou encore artistique sont autant de ponts jetÈs díune rive ý líautre. Dans la citÈ phocÈenne, en novembre dernier, le mistral aidait sans doute ý balayer les clichÈs de la femme moderne et libÈrÈe de la rive nord et de celle, enchaÓnÈe et voilÈe de la rive sud pour rappeler que celle du nord níest pas au bout de son chemin et que celle du sud est en marche.

Pour ces huitiËmes rencontres, Thierry Fabre a voulu rendre hommage ý une grande dame, Germaine Tillion, qui lui a inspirÈ le thËme de la femme dans la citÈ en MÈditerranÈe. Cette anthropologue franÁaise, figure emblÈmatique du 20Ëme siËcle, a menÈ trois grand combats contre le totalitarisme, la misËre et la violence. Une femme dont líexistence fut mÍlÈe Ètroitement ý toutes les grandes pÈripÈties de líhistoire contemporaine et qui dÈclarait : " Une sociÈtÈ qui Ècrase les femmes, se condamne elleñmÍme ý mort. "2

notes

1The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, Samuel P. Huntington, Èditions Simon & Schuster, 1996.
2 A la recherche du vrai et du juste, ý propos rompus avec le siËcle, Germaine Tillion ; Èditions Seuil, 2001

 AverroËs

AverroËs pour les Latins, Ibn Rushd pour les Arabes et Ben Rushd pour les juifs : trois noms pour un seul homme, trois religions dans un mÍme monde celui díEl Andalus (líAndalousie arabe). Ce juriste, mÈdecin et philosophe du XIIe siËcle a ÈtÈ le passeur, " líhomme pont " de la philosophie grÈco-arabe au monde europÈen. Ibn Rushd a permis ý la pensÈe europÈenne de construire son identitÈ philosophique. Il reste avant tout le grand traducteur et commentateur díAristote. Pourtant cet homme qui a irriguÈ toute la pensÈe philosophique occidentale est tombÈ dans líoubli. LíaverroÔsme dont les disciples appartenaient aussi bien ý la communautÈ chrÈtienne quíý la communautÈ juive a connu beaucoup de dÈtracteurs dont le plus connu pour nous fut Thomas díAquin. Sous couvert de controverses philosophico-religieuses, il síagissait surtout de dÈtruire le symbole que reprÈsentait AverroËs. En cette pÈriode de reconquÍte de la Terre Sainte comment aurait-il Ètait possible de reconnaÓtre quíun " sarrasin " puisse Ítre un transmetteur de la culture grecque ? Si depuis huit ans, AverroËs est devenu le symbole des rencontres qui se dÈroulent ý Marseille pour " penser la MÈditerranÈe des deux rives ", cíest parce quíil est un passeur de culture. Et aussi parce que sa mÈthode philosophique qui consistait ý vouloir " comprendre líautre dans son propre systËme de rÈfÈrence et ý síadresser ý líautre tel quíil se prÈsente devant nous et non pas tel quíil est envisagÈ dans notre esprit " prend une rÈsonance peut-Ítre encore plus forte ý la lumiËre des ÈvÈnements qui traversent notre monde. ReconnaÓtre les diffÈrences de chacun, les accepter, jeter des ponts entre les deux rives de la MÈditerranÈe pour faire de ces deux rivages qui paraissent ÈloignÈs les mÍmes bords díun mÍme fleuve.

femmes
        et crÈation

" Aux hommes, la transformation du monde, aux femmes, la procrÈation " rappelait IrËne ThÈry lors de la premiËre table ronde. Au cúur de la crÈation artistique, la femme Ètait la muse, líÈgÈrie ou encore líhÈroÔne de líhomme. Longtemps confinÈ ý la sphËre privÈe, líart fÈminin níÈtait pas reconnu. Quíen est-il aujourdíhui ? Fawzia Zouari, Lina Saneh, Nena Venetsanou et AgnËs Merlet ont tentÈ díy rÈpondre ý travers leurs parcours et leurs expÈriences artistiques.

Pour en finir avec ShÈhÈrazade

Tel est le titre díun livre de Fawzia Zouari, Ècrivain, journaliste, nÈe en Tunisie. Provocation ? Peut-Ítre au regard de certains hommes qui aiment ý dire que ShÈhÈrazade est une artiste. Fawzia Zouari explique pourquoi elle tue volontiers ce personnage fÈminin. ShÈhÈrazade ou la parole confisquÈe qui, durant des nuits (Mille et une) raconte les histoires des autres pour le bon plaisir díun homme et disparaÓt lorsque le jour se lËve pour redevenir une ombre. LíÈcrivain revendique la libertÈ de dire " je ", cíest-ý-dire parler ý la premiËre personne du singulier dans une sociÈtÈ o˜ il est difficile díexister en tant que sujet. Elle Èvoque le livre de Fethi Benslama, une fiction troublante, dans lequel le psychanalyste dÈmontre que le monde arabe a peur de la fiction. Peur de la femme, peur de la fiction, la femme crÈatrice est donc dans une double transgression.

LíÈmergence de líindividu dans la sociÈtÈ

Cíest le combat de Lina Saneh, comÈdienne et metteur en scËne de thÈ’tre ý Beyrouth. Elle nía pas eu ý se battre pour se faire reconnaÓtre en tant que femme crÈatrice mais en tant quíindividu, sujet autonome dans les communautÈs confessionnelles qui rÈgissent encore la sociÈtÈ libanaise. Pour elle, " le thÈ’tre est bien ce lieu o˜ líon voit Èmerger líindividu au sens politique du terme ".

Nena Venetsanou, compositrice, interprËte, grecque, insiste sur le fait quíil est difficile díÍtre artiste, homme ou femme, et que nos sociÈtÈs doivent se questionner sur la place de líartiste en gÈnÈral. " CrÈer, en grec, signifie faire une úuvre pour le peuple, pour tous ". Líartiste femme níest pas le porte parole des femmes síadressant ý des femmes, mais une crÈatrice, un crÈateur comme les autres. Les quatre invitÈes refusent les stÈrÈotypes. Elles níentrent pas dans une martyrologie de la femme en gÈnÈral ou de la femme arabe en particulier, comme le martËle Fawzia Zouari.

Artemisia Gentileschi ou la premiËre femme peintre

AgnËs Merlet, cinÈaste, en síemparant díArtemisia Gentileschi, síattaque ý un mythe fabriquÈ par les fÈministes dans les annÈes 70. La cinÈaste refuse la vision trop ÈtriquÈe qui fait de cette premiËre femme peintre italienne simplement la victime díun viol. Elle fabrique un personnage moderne qui a pris sa vie en main et bravÈe les interdits de la morale de son Èpoque, le XVIIe siËcle. Peut-Ítre victime des hommes, en tout cas sans doute victime de la rumeur, elle perd sa rÈputation de femme, mais se fait reconnaÓtre en tant quíartiste. Elle aura son propre atelier, ses propres assistants, tout comme un homme. AgnËs Merlet fait díArtemisia un personnage fort qui ne se bat pas contre les hommes mais ý leurs cÙtÈs pour parvenir ý líÈgalitÈ.

Contre une vision exotique

" Je suis gÍnÈe par le regard díici sur ma crÈation " dira Fawzia Zouari. " Jíai peur du regard des Occidentaux sur mon travail " renchÈrira Lina Saneh. Les quatre artistes invitÈes ý cette troisiËme table ronde veulent Ítre considÈrÈ pour ce quíelles font et non pour ce quíelles sont. Bien sšr, elles sont femmes, mÈditerranÈennes des deux rives, cependant elles refusent líexotisme, elles ne font pas partie du folklore. Elles sont des individus ý part entiËre avec leurs propres parcours. Quíelles aient trouvÈ leur force crÈatrice dans les mouvements fÈministes, comme la chanteuse Nena Venetsanou ou quíau contraire elles se mÈfient de ces " mouvements qui enferment ", comme AgnËs Merlet, leur travail ne cautionne pas une cause. Elles ne sont pas les ambassadrices díune culture ou díun pays. "Je ne suis pas obligÈe díÍtre porteuse díidÈes, ni de discours, il me faut díabord Ítre moi " explique Fawzia Zouari avant díajouter que " líappropriation du " je " est aussi la possibilitÈ díexprimer le silence des femmes qui chez moi níont pas parlÈ, une faÁon díexister par moi et par elles en mÍme temps ".

Lorsque la fiction rencontre la rÈalitÈ

Pourtant cela ne signifie pas que ces artistes se dÈsengagent des affaires de la CitÈ mais elles ne veulent pas en faire leurs fonds de commerce. En tant que mÈditerranÈennes, elles refusent aussi la vision binaire du monde dÈcoupÈe entre Orient et Occident. Lina Saneh affirme : " nous sommes aussi dans la modernitÈ ", sans pour autant vouloir nier la culture et líhÈritage mÈditerranÈen. Les femmes de la Rive Sud ne veulent pas imiter celles de la Rive Nord. Fawzia Zouari cherche une autre rÈponse dans le monde mÈditerranÈen. " Nous sommes pour " mÈditerranÈiser " la femme et fÈminiser la MÈditerranÈe. " Le monde mÈditerranÈen est un lieu de discordes, de violences et de luttes. La vision masculine prÈdomine encore. Les femmes doivent apporter leurs regards et leurs valeurs. " Nous ne sommes pas des Amazones ", Nena Venetsanou emploie le sens Ètymologique du mot qui signifie : " celui qui ne possËde rien ". La femme a toujours crÈÈ, elle níÈtait pas reconnue, son art restait dans la sphËre du privÈ. Aujourdíhui, comme líont dÈmontrÈ ces femmes artistes, elle a conquis líespace public.

Fawzia Zouari

" Le " je ", cíest aussi exprimer le silence des femmes qui chez moi, níont pas parlÈ, cíest une faÁon díexister par moi et par elles en mÍme temps. Cíest pour moi la naissance de líindividu dans le monde arabe et elle se fait par ce " je " fÈminin. Quant ý líentreprise de líAutre, il síagit díune entreprise díaltÈritÈ, je suis líAutre, les femmes ont une capacitÈ extraordinaire de migrer dans líidentitÈ de líAutre. Cette altÈritÈ pour moi, cíest de reformuler les imaginaires. "

Nena Venetsanou

" Jíai trouvÈ que la force de la femme Ètait son corps et je remercie les fÈministes des annÈes 60, 70 parce quíelles parlaient de líorgasme avec le sÈrieux des hommes qui parlaient de la lutte des classes. Le corps revenait. "

Lina Saneh

" Jíai peur du regard des Occidentaux sur mon travail, je me mÈfie ÈnormÈment de ce que líon appelle Orient en Occident. Je suis orientale et cela devrait supposer que je sois quelquíun de sentimental, derriËre le voile la sensualitÈ. Souvent, ils viennent au Liban et au Moyen Orient et recherchent de líexotisme ou du folklore sous prÈtexte de la culture et du patrimoine des autres. Pourtant nous sommes aussi dans la modernitÈ et nous avons les mÍmes recherches. "

AgnËs Merlet

" Jíai voulu faire díArtemisia un vrai personnage et pas seulement une martyre ou une victime. Je voulais quíelle soit une femme qui puisse prendre sa vie en main, qui allait au-devant de ses dÈsirs mÍme si la morale lui interdisait. Jíai voulu crÈer un personnage moderne qui ne se b’t pas contre les hommes, mais qui se b’t ý leurs cÙtÈs pour obtenir la mÍme place. "

femmes
        et libertÈ

Si le monde musulman nía pas le monopole de líanti-fÈminisme, comme le rappelle la citation de Saint Paul lue par Thierry Fabre pour ouvrir les Rencontres (voir ci-contre), líOccident nía pas, quant ý lui, le monopole de la modernitÈ, comme líont soulignÈ Nilufer G–le, Fethi Benslama, Nouzha Skalli et IrËne ThÈry, invitÈs de cette premiËre table ronde.

Le concept de modernitÈ

Nilufer G–le, sociologue, turque, a travaillÈ sur líislam et les femmes et menÈ des enquÍtes sur le voile ý Istanbul. Elle nous met en garde contre des visions simplistes qui consisteraient ý dÈcrire díun cÙtÈ líOccident civilisÈ et de líautre le monde islamique perpÈtuellement en retard. La modernitÈ a Ètabli cette Èquation, selon laquelle pour Ítre moderne, il faut se comporter comme un homme ou une femme occidentale, or certains musulmans ne veulent plus de cette notion de modernitÈ, ils sont dans une approche non mimÈtique. Líislamisme níest pas un retour ý la tradition mais une nouvelle interprÈtation du Coran, une revalorisation et une certaine esthÈtisation. Cíest une dÈfense par rapport ý cette modernitÈ dont ils ne veulent plus. Nilufer G–le prend de la distance avec les travaux de Germaine Tillion, lorsque celle-ci affirmait, il y a une quarantaine díannÈes dans Le harem et les cousins, que " la femme mÈditerranÈenne est une des serfs des temps actuels " ý cause du poids des traditions qui la maintenait prisonniËre plus encore que celui de la religion. Cependant cette rÈinvention de la tradition a pour effets de maintenir la femme sous le joug de la domination masculine dans les pays musulmans.

Un systËme viriliste fondÈ sur la peur du fÈminin

Pour Fethi Benslama, psychanalyste et directeur de la revue Intersignes, cette domination masculine puise ses racines dans le texte sacrÈ. Il síagit díun refoulement qui síopËre avec la disparition díHagar (mËre díIsmaÎl, líancÍtre des Arabes) du Coran. Tous les personnages de la GenËse sont prÈsents dans le texte coranique sauf elle. DíaprËs le psychanalyste, il síagit de nier quíune femme puisse Ítre ý líorigine de líhistoire díun peuple. Pour renforcer sa dÈmonstration, Fethi Benslama síappuie sur un autre exemple : la premiËre femme du prophËte Khadidja. Celle-ci joue un rÙle essentiel, cíest elle qui la premiËre authentifie la rÈvÈlation. " Le premier musulman aura donc ÈtÈ une femme ". Tant que Khadidja est vivante, Mahomet accorde des droits aux femmes qui níexistaient pas dans la sociÈtÈ prÈ-islamique. Mais lorsquíelle meurt, un renversement a lieu, le systËme rÈpressif se met en place, la femme fait peur. Elle est alors confinÈe ý la maison, on assourdit sa voix et jusquíau bruit de ses bijoux. " Le systËme viriliste síinstalle sur la crainte du fÈminin " explique Fethi Benslama. La femme est exclue de líespace public et de la transmission des origines. LíIslam nía certainement pas líexclusivitÈ de líexclusion des femmes, celles-ci se retrouve dans les autres religions monothÈistes (judaÔsme et christianisme), cependant les deux derniËres ont ÈtÈ rÈinterprÈtÈes au fil du temps pour síadapter au monde dans lequel elles Èvoluaient. Le psychanalyste affirme ici la nÈcessitÈ de faire ce travail de rÈinterprÈtation.

Le monde change, mais le statut de la femme demeure

Code de la famille en AlgÈrie, Moudawana au Maroc. Nouzha Skalli, militante marocaine, dÈnonce ici le dÈcalage entre la rÈalitÈ sociale et Èconomique. La femme marocaine ou algÈrienne est considÈrÈe comme une citoyenne de seconde zone, voire comme une mineure parce que le code du statut personnel continu ý la maintenir dans un Ètat de dÈpendance vis-ý-vis de son pËre, de son frËre ou de son mari. Ce statut pouvait peut-Ítre síexpliquer lorsque líhomme entretenait et prenait soin de la femme. Mais aujourdíhui, les femmes maghrÈbines font des Ètudes, travaillent. Elles ont de plus en plus souvent la charge de leur famille. Nouzha Skalli explique que si ce code, rÈdigÈ ý la va-vite par les OulÈmas au lendemain de líindÈpendance marocaine, nía pas ÈtÈ rÈvisÈ, cíest parce quíil est considÈrÈ comme sacrÈ. La Moudawana est une Èmanation du fiq (droit musulman), on ne veut pas toucher aux textes sacrÈs. La militante marocaine, Èlue municipale gr’ce ý son acharnement, affirme " quíil y a plusieurs lectures possibles du texte coranique et plusieurs rÈfÈrences ý la libertÈ des femmes, cependant seule une lecture masculine, rÈtrograde et conservatrice, prÈdomine encore aujourdíhui. "

Mais qui a líautoritÈ et la libertÈ díinterprÈter les textes ? Nilufer G–le pose la question. Elle explique que les femmes des mouvements islamistes porte le hidjab (voile) pour se distinguer des femmes occidentales et pour pouvoir circuler dans líespace public. Elles sont impliquÈes dans la vie urbaine. Pour la sociologue, il est indispensable que ces femmes síemparent des textes sacrÈs pour les adapter ý leur vie. " En terre díIslam, il ne peut y avoir de modernitÈ quíau fÈminin ", ajoute-t-elle.

La femme de la rive Nord níest pas un modËle

La Moudawana níest pas sans rappeler ý IrËne ThÈry le code civil. La sociologue marseillaise souligne quíil a fallu attendre les annÈes 70 pour que le code napolÈonien soit rÈnovÈ. Aujourdíhui, si les acquis des femmes de la rive nord sont incontestables, il níen reste pas moins que cette Èvolution pose des questions. " Nous sommes entrÈs en incertitude ".

IrËne ThÈry explique que nous vivons, depuis les annÈes 60, trois rÈvolutions. " La rÈvolution de la mixitÈ ", un processus inachevÈ qui a commencÈ par líarrivÈe massive des femmes sur le marchÈ du travail salariÈ, et depuis " nous tentons de vivre selon líidÈe quíil níy a pas de t’ches ou de statuts rÈservÈs ý un sexe plutÙt quíý un autre dans notre sociÈtÈ ". La seconde rÈvolution qui accompagne la premiËre est celle que la sociologue nomme " le dÈmariage ". Elle dÈcrit quíautrefois toutes les relations de parentÈ Ètaient organisÈes uniquement sur le mariage. Alors quíaujourdíhui, la famille se construit autrement, nous pouvons avoir des enfants sans Ítre mariÈ, les divorces ou la sÈparation des couples conduisent ý díautres modËles familiaux : familles monoparentales, Èlargies ou recomposÈes. La troisiËme rÈvolution est celle qui touche ý la sexualitÈ, IrËne ThÈry parle de " rÈvolution du consentement ". En matiËre de sexualitÈ, il y a ce que la sociÈtÈ permet ou interdit. Dans notre sociÈtÈ, prÈcise-t-elle, " le rapport sexuel est socialement acceptÈ síil est consenti et socialement rÈprimÈ síil ne líest pas. " Cíest un progrËs incontestable pour les femmes et les enfants díÍtre reconnus comme des sujets ý part entiËre dans le rapport sexuel.

Cependant, ces rÈvolutions considÈrÈes comme de nouvelles donnes et non comme des rÈponses posent des questions importantes. Que devient alors la distinction du fÈminin et du masculin ? " Les femmes ne souhaitent plus Ítre des hommes comme les autres ! " dÈclare IrËne ThÈry. Que devient la question de líÈgalitÈ ou de líinÈgalitÈ entre les femmes ? Comment faire la part entre une rÈelle Èmancipation sexuelle et une vÈritable marchandisation du sexe ? Ces femmes nues qui recouvrent les murs de nos villes ne sont sšrement pas la preuve díune libÈration sexuelle, la femme reste líobjet de la convoitise masculine. Ce níest pas un concept de modernitÈ.

Alors femmes voilÈes díun cÙtÈ, femmes nues de líautre, rien níest moins simple. Nilufer G–le insiste sur les effets pervers du progrËs, chaque fois que les femmes obtiennent des avancÈes, elles perdent quelque chose, elles parviennent ý des postes de direction dans le monde du travail alors elles seront moins mËres dans líespace privÈ. " " Soustraction pour les femmes tandis que les hommes, eux, " cumulent " ".

Pourtant, IrËne ThÈry apporte une note díespoir sur le statut des femmes mÈditerranÈennes en affirmant que líhistoire de líÈducation des femmes de la rive sud est en marche. Un mouvement profond qui pourrait permettre une Èvolution rapide de la condition des femmes.

Saint Paul, premiËre ÈpÓtre aux Corinthiens

" Le chef de la femme, cíest líhomme, si la femme ne porte pas le voile quíelle se fasse tondre, líhomme lui ne doit pas se voiler la tÍte. Il est líimage de la gloire de Dieu et la femme est la gloire de líhomme et líhomme nía pas ÈtÈ crÈÈ pour la femme mais la femme pour líhomme. Voilý pourquoi la femme doit porter sur la tÍte la marque de sa dÈpendance ".

Nilufer G–le

" Aujourdíhui, les femmes sont dans la citÈ, cíest pour cela que le foulard pose problËme. Celui que nos grands-mËres portaient níen posait pas parce quíelles Ètaient confinÈes chez elles, elles restaient dans líespace privÈ. Aujourdíhui, les filles et les femmes passent la porte pour sortir de chez elles. "

IrËne ThÈry

" Dans la tradition occidentale, comme ailleurs, les femmes síoccupaient de la perpÈtuation de la vie et les hommes de la transformation du monde. Aux hommes, líart, la science, la politique, la guerre et aux femmes, les enfants, la maison, les malades et les vieux. "

IrËne ThÈry

" En occident, líoppression des femmes est toujours passÈe par la division des femmes en deux catÈgories, la tradition chrÈtienne a instituÈ la maman et la putain "

Nouzha Skalli

" Il níy a pas de prescriptions claires ý propos du voile dans le Coran, síil y avait une phrase claire et nette, nous la connaÓtrions par cúur parce que les islamistes nous la rÈpËteraient ý longueur de temps. "

Fethi Benslama

" Quíon ne me dise pas que líexclusion de la mËre fondatrice de la filiation qui donne líIslam dans le texte islamique soit une chose anodine. Ce níest pas Èternel, encore faut-il en prendre conscience, le dire et le travailler par díautres textes. Cíest cette rÈvolution de líinterprÈtation qui amËne ý une textualitÈ en adÈquation avec son temps et la vie des hommes. "

femmes
            et violences

Pour aborder le thËme de la seconde table ronde, Femmes et violences en MÈditerranÈe, líangle choisi Ètait de partir du plus petit dÈnominateur commun, la famille ou líespace privÈ pour ensuite síintÈresser au-dehors ou líespace public. Les femmes subissent des violences ý líintÈrieur de la cellule familiale, elles sont victimes des attaques publiques quelquefois, elles les combattent aussi. Elles sortent quelques fois du silence et des rÙles traditionnels dans lesquels on veut les enfermer pour conquÈrir líespace public.

" Parler de la violence dans líespace privÈ conduit ý síinterroger sur le systËme social en gÈnÈral ".

Le ton est donnÈ par ChÈrifa Hadjij, sociologue algÈrienne, qui souligne ici la difficultÈ de parler du sujet en sÈparant les deux espaces privÈ-public. Líespace privÈ est celui du refuge par rapport ý un monde extÈrieur agressif mais cíest aussi le lieu o˜ se commettent la grande majoritÈ des crimes, renchÈrit VÈronique Nahoum Grappe, chercheur en sciences sociales. En MÈditerranÈe, et notamment en AlgÈrie o˜ la domination masculine reste trËs forte, il est trËs difficile pour les femmes de parler de la violence quíelles subissent tant dans leur famille quíý líextÈrieur, explique ChÈrifa Hadjij. MalgrÈ des associations qui se sont mises en place pour aider ces femmes ý parler, le sujet du viol par exemple reste un tabou. " La prise de parole est un acte social fondamental ", affirme-t-elle. VÈronique Nahoum Grappe rappelle que le rapport homme-femme au sein de la famille dÈpend aussi du contexte gÈnÈral. Selon elle, si un rÈgime politique intervient par des lois dans líespace intime, si par exemple il donne ý líhomme une ascendance sur sa femme, sa mËre, sa súur ou sa fille, celle-ci peut Ítre " victime de violences en toute invisibilitÈ ". Le systËme protËge alors le crime. Letizia Battaglia, photographe palermitaine, qui a combattu la mafia, confirme cet enchevÍtrement entre líespace intime et líespace public en Sicile. Les codes díhonneur et de vengeance Ètablis par la mafia rÈgissent les rapports au sein de la famille. Elle raconte quíune mËre a reniÈ sa fille parce quíelle a rÈvÈlÈ les secrets de la mafia. Le sentiment de honte est alors plus fort que líamour maternel.

La difficultÈ pour la femme díÈmerger en tant que sujet social

ChÈrifa Hadjij insiste sur ce point, la femme algÈrienne níexiste que dans le cadre du groupe familial. Elle travaille. Souvent elle est cÈlibataire. Quelques fois et de plus en plus, elle est le chef de la famille, elle ÈlËve seule ses enfants et prend en charge sa famille. Pourtant elle níest pas reconnue en tant que sujet social. Pour des questions díhonneur ou díestime de soi comme le prÈcise VÈronique Nahoum Grappe, elle taira le viol quíelle a subi pour que la honte ne rejaillisse pas sur sa famille. Cependant ce tableau sombre est ý nuancer. Letizia Battaglia explique que les femmes siciliennes ont acquis une libertÈ et un respect en travaillant et donc en devenant indÈpendante financiËrement. Ce níest pas le cas pour les femmes dans le monde arabe, le travail ne signifie pas forcÈment libertÈ, intervient Dalal el Bizri, professeur libanaise, vivant au Caire et chroniqueuse dans un journal arabe. Le poids des mentalitÈs pËse est encore trop lourd.

La femme victime de la guerre

" La fin du vingtiËme siËcle a vu naÓtre la guerre la plus disproportionnÈe, la plus terrifiante qui soit : une guerre dont le but unique est le massacre de populations civiles, jetant une armÈe non plus contre une autre armÈe mais contre un " arriËre " ramenÈ en premiËre ligne. " VÈronique Nahoum Grappe qui a travaillÈ comme anthropologue sur les lieux du gÈnocide et les camps de rÈfugiÈs dans les Balkans pointe du doigt un phÈnomËne rÈcent. La population civile est touchÈe et les femmes sont en premiËre ligne. ViolÈes, touchÈes dans leur chair par la perte de leurs enfants, elles doivent produire de la contre-violence pour survivre. Quelques fois, ces femmes vont prendre part au combat, cíest le cas des combattantes algÈriennes ou palestiniennes, mais seront-elles reconnues ý la fin des combats ? Cependant, la guerre oblige aussi la femme ý sortir de líespace dans lequel elle est confinÈe, elle assume de nouvelles responsabilitÈs parce que líhomme est absent. Une fois la guerre terminÈe acceptera t-elle de retourner chez elle pour níen plus sortir ? Guerres civiles ici, mafia ou terrorisme lý-bas, autant de situations extrÍmes qui mËnent la femme ý sortir dans la rue et ý manifester sa colËre. Par exemple, les femmes en Noir de Belgrade qui ont protestÈ contre le viol dans la guerre, contre le nationalisme et contre la purification ethnique. Les femmes en Noir israÈliennes qui manifestent avec les femmes palestiniennes contre la prÈsence israÈlienne dans les territoires occupÈs. Les femmes corse qui lancent le manifeste pour la vie pour quíenfin cesse le terrorisme ou encore les Siciliennes qui combattent la mafia.

Une victime consentante ?

Cependant attention ý ne pas tomber dans un raccourci qui consisterait ý faire de la femme un Ítre meilleur que líhomme. Les quatre invitÈs de cette table ronde nous empÍchent de verser dans cet angÈlisme qui viserait ý idÈaliser la femme et ý accabler líhomme. La femme peut Ítre aussi une victime consentante. Dalal el Bizri met le doigt sur un paradoxe, " la femme porteuse de vie est attirÈe sexuellement par les semeurs de mort ". Elle cite pour exemple le succËs de Ben Laden auprËs de certaines jeunes filles dans le monde arabe ou encore celui des Princes du Liban admirÈs par de jolies femmes libanaises. La femme peut Ègalement pousser líhomme dans la vengeance. Elle reproduit aussi le schÈma social Ètabli. Aujourdíhui, certaines filles reprennent les affaires de leurs pËres dans la mafia, nous confirme Letizia Battaglia. Elles continuent ý favoriser leurs fils par rapport ý leurs filles, renchÈrit Cherifa Hadjij.

Il ne síagit donc pas de dÈsigner des femmes hÈroÔnes díun cÙtÈ et des hommes dominateurs de líautre. La femme accÈdera ý la libertÈ si líhomme líy aide aussi, cíest une rÈflexion qui englobe le rapport homme-femme dans son ensemble. Díennemis, ils doivent síallier pour que ce monde se mette en mouvement.

Pour Dalal, le Bizri, líurgence est de " donner aux hommes et aux femmes la libertÈ de rÈflÈchir, de síexprimer et de choisir ceux qui les gouvernent ". Et líon pourrait conclure sur cette phrase de ChÈrifa Hadjij : " la femme doit pouvoir construire autre chose par rapport ý sa rÈsistance ý la guerre parce que biologiquement et jusquíý aujourdíhui, cíest elle qui porte la vie ".

ChÈrifa Hadjij

" Les femmes algÈriennes sont en mouvement aujourdíhui, pour essayer díexister, Ètant touchÈes dans leur propre chair parce quíelles ont perdu leurs enfants, elles revendiquent des indemnitÈs pour les victimes de viols, mÍme si cíest symbolique, cíest essentiel parce que cela lui permet de se reconnaÓtre en tant que telle. Elles peuvent enfin síexprimer en tant que sujet social victime du dysfonctionnement de la sociÈtÈ. "

VÈronique Nahoum Grappe

" Dans les camps de filtration, líarmÈe russe viole les paysans tchÈtchËnes, les violeurs donnent ensuite ý leurs victimes des prÈnoms fÈminins. Le viol est un crime contre la sexualitÈ dans líhomme. Cíest un crime qui essaye de toucher le lien de filiation mais qui touche aussi ý la dÈfinition sexuelle de líÍtre humain. "

Letizia Battaglia

" La Sicile níest pas la Corse, nous níavons pas de bandes, nous avons des mafiosi. Ils veulent gagner de líargent, ils ne luttent pas pour conquÈrir líautonomie. Il níy a rien díidÈaliste. La mafia est consumÈriste, globalisatrice, nÈo-libÈraliste, elle est trËs moderne. Maintenant ils nous tuent politiquement et Èconomiquement. Ils ont beaucoup díargent et sÈduisent les gens avec le visage de Berlusconi ".

Dalal el Bizri

" Le besoin le plus pressant dans le monde arabe, cíest la libertÈ. Ce qui signifie : alternance du pouvoir, participation ý la vie publique ý travers les Èlections lÈgislatives et les Èlections municipales et mÍme les Èlections ý líintÈrieur des organisations censÈes Ítre díopposition, mais qui sont encore dirigÈes par le chef historique. Il faut en finir avec líidÈe du chef. "

Germaine Tillon,

hommage ý une grande dame

MÈditerranÈe, les femmes dans la CitÈ, le thËme de ces derniËres Rencontres díAverroËs qui sont placÈes sous le signe díun personnage bien ancrÈ dans la rÈalitÈ du XXe siËcle, Germaine Tillion. Ethnographe, en mission dans les AurËs dans les annÈes 30, disciple de Marcel Mauss, elle Ètudie la sociÈtÈ arabo-berbËre du sud algÈrien. Sa derniËre mission achevÈe en 1940, elle rentre en France et en rÈsistance. Membre et fondatrice du rÈseau du MusÈe de líhomme, elle sera emprisonnÈe puis dÈportÈe au camp de Ravensbr¸ck. ¿ son retour, elle travaille sur les camps de concentration, elle recueille des tÈmoignages et assiste aux procËs de ses tortionnaires. Elle revient ý líAlgÈrie ý líheure des ÈvÈnements, se bat contre la clochardisation, la torture puis pour líindÈpendance. Elle introduit líÈducation dans les prisons franÁaises et les centres sociaux en AlgÈrie chargÈs díinstruire les hommes et les femmes. Elle se bat contre tous les totalitarismes, líesclavage et la torture dans le monde.

Une grande dame dont la vie est difficile ý rÈsumer tant celle-ci est mÍlÈe au XXe siËcle. Une militante contre líinjustice du monde qui rendait compte en 1966 dans le livre, le Harem et les cousins, de la situation de la femme mÈditerranÈenne. Elle y expliquait les causes de la servitude de ces femmes. Une vision de femme dans la CitÈ pour ouvrir ces huitiËmes rencontresÖ
Les rencontres díAverroËs se sont dÈroulÈes les 23 et 24 novembre 2001 au ThÈ’tre National de Marseille La CriÈe.

 

  ConÁues par Thierry Fabre , elles sont organisÈes par líEspace Culture (ex Office de la Culture de Marseille), avec le soutien de la Ville de Marseille, en partenariat avec France Culture, TÈlÈrama, la Maison MÈditerranÈenne des Sciences de líHomme avec la collaboration du ThÈ’tre National de Marseille La CriÈe.
En amont, une programmation cinÈma, rencontres a ÈtÈ proposÈe en collaboration avec les associations ´ Libraires du Sud ª et ´ CinÈma du Sud. ª

Une exposition des photographies de Letizia Battaglia a ÈtÈ organisÈe en coproduction avec líInstitut Culturel Italien.
Les Rencontres, enregistrÈes par France Culture, ont fait líobjet díune Èmission ´ Radio Libre ª diffusÈe le samedi 15-12-2001 de 15h ý 17h30. Site internet rÈalisÈ par líEspace Culture MultimÈdia /SystËme Friche

ThÈ’tre de la Friche Belle de Mai www.rencontres-averroes.com

Publications co-ÈditÈes par Actes Sud et LíOffice de la Culture de Marseille (collection Babel)
´ La MÈditerranÈe, entre la raison et la foi ª, ´ la MÈditerranÈe, frontiËres et passages ª sous la direction de Thierry Fabre. 

 

LíEspace Culture est subventionnÈ par la Ville de Marseille
42, la CanebiËre 13001 Marseille TÈl : 04 96 11 04 76
Mail : firrmann@espaceculture.net
Infoespaceculture.net
Site : www.rencontres-averroes.com

Agor'Elles - le bulletain du Graiff
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