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Mardi 12 novembre
à 20h30
Le lieu
Cinéma Le Renoir, Martigues
Le film
Guerre sans images
(M. Soudani, 2002)
Les invités
Mohammed Soudani,
réalisateur du film,
et Michael Von Graffenried, photographe
En collaboration avec
Le Renoir et la librairie Alinéa
Dimanche 10 novembre
à 18 h
Le lieu Cinéma Le Miroir
Vieille Charité, Marseille
Le déroulement présentation du livre de M. Von Graffenried suivie de la projection de Guerre sans images en présence du réalisateur M. Soudani
En collaboration avec
Le Miroir et la librairie Regards

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Au départ de Guerre sans images, il y a une rencontre entre deux hommes : Michael Von Graffenried, photographe suisse installé à Paris, et Mohammed Soudani, réalisateur algérien, suisse d'adoption depuis bientôt trente ans.
Sous ses airs adolescents, Von Graffenried cache une dose de folie certaine. Il vous explique tranquillement qu'il ne s'est jamais estimé en danger en Algérie, même aux heures les plus noires du terrorisme. (80 reporters ont été assassinés pendant la période !).
Il a commencé à photographier les Algériens au début des années 90, à un moment où, après les premières vraies élections, on pouvait croire la démocratie à portée de main. Plus tard, il a jugé que le chaos et les attentats n'étaient pas des raisons suffisantes pour arrêter ses allers-retours et ses reportages. Il reconnait toutefois avoir bénéficé de deux atouts : un physique qu'il qualifie de passe-partout, et un vieux White Lux, appareil photo que l'on actionne discrètement à hauteur de poitrine (d'où le format particulier, panoramique, de la plupart de ses clichés).
Poisson-pilote
C'est en 1999, à Abidjian, que Mohammed Soudani fait sa connaissance. Voilà longtemps que le réalisateur veut faire un film sur son pays d'origine, mais il ne trouve pas d'angle satisfaisant pour traiter le sujet.
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La rencontre avec Von Graffenried provoque le déclic. Il va faire du photographe le poisson-pilote du film ! D'abord réticent, le suisse se laisse convaincre. Pour la raison suivante : dans ses reportages, chaque cliché est réalisé avec le consentement de la personne, voire avec sa complicité ; cela partout dans le monde... sauf en Algérie, où les photos sont volées !
C'est ce vol qui va donner le fil conducteur du film. Guerre sans images est en effet une immense déambulation à travers l'Algérie pour retrouver les gens photographiés par Von Graffenried, parfois sept ou huit ans plus tôt. Pour voir ce qu'ils sont devenus, mais aussi pour leur montrer ces portraits d'eux-mêmes qu'ils n'ont jamais vus et les faire réagir...
Le film poursuit donc une double démarche : regarder l'Algérie telle qu'elle se présente aujourd'hui, et questionner les images et leur impact.
Une caméra intuitive
Eloigné depuis tant d'années de son pays natal, on sent Mohammed Soudani aux aguets du moindre détail. Entre les rencontres orchestrées autour des photos de Von Graffenried, il filme des instants, des rues, des passants, des paysages, de façon spontanée, intuitive. Il fait passer l'émotion violente que représente, sans doute, ce retour au pays, les découvertes et les redécouvertes...
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Apparaît ainsi une Algérie incroyablement contrastée, qui balance entre tradition et modernité certes, mais surtout entre morbidité et amour joyeux de la vie (on a même droit à l'élection de Miss Algérie !!).
Ce vagabondage de la caméra fait contrepoids aux photos de Von Graffenried qui se veulent, elles, chargées de sens. Il le revendique : ses images sont bien l'interprétation qu'il donne, lui, occidental, de l'Algérie et de ses drames. Aussi, les réactions des algériens à ces photos s'avèrent-elles passionnantes.
Dans certains cas, elles font remonter les souvenirs atroces, amènent une flambée de colère longtemps réprimée. Parfois, surtout chez les jeunes, le commentaire est d'une goguenarde désespérance, d'une lucidité implacable, en contraste absolu avec les propos des islamistes, obstinément obtus. D'autres fois, le photographe voit sa vision vigoureusement contestée !
Le plus frappant dans Guerre sans images, c'est sa capacité à faire ressortir, chez les algériens de la rue, leur refus obstiné de l'auto-apitoiement, et plus encore : un quelque chose de profondément indestructible. Au coeur de l'Algérie, même avec toute cette violence, il y a plus de morale et de cohésion que chez nous écrit Von Graffenried dans un de ses albums. Le film ne le démontre pas : il le donne à voir.
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Né en 1949 à El Asnam, Mohammed Soudani fait ses études cinématographiques en Algérie, puis en France (à l'IDHEC). Il démarre dans la profession comme cameraman à la télévision algérienne, poste qu'il occupera pendant deux ans, de 1970 à 1972.
Il s'installe ensuite en Suisse italienne et entame une double
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Michael Von Graffenried est né en 1957 à Berne. Il vit actuellement à Paris où il travaille comme photographe indépendant.
Ce sont surtout ses albums de photos qui l'ont fait connaitre et qui lui permettent d'exposer à New York, Hong-Kong ou Paris.
Citons notamment, ces albums critiques sur la
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carrière de chef-opérateur et de réalisateur.
On lui doit une vingtaine de documentaires dont beaucoup réalisés en Afrique noire. Waalo fendo obtient notamment le prix du meilleur film suisse en 1998. Ses deux derniers films, Les diseurs d'histoire (1998) et Guerre sans images (2002) ont été tous deux sélectionnés au Festival de Locarno.
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Suisse (Swiss image et Swiss people), sur le Soudan (Soudan, la guerre oubliée) et surtout sur l'Algérie, pays où il se rend très régulièrement depuis 1990. Récemment, pendant le mois de la photo, le Parc de la Villette a consacré une très importante exposition à ce travail sur l'Algérie.
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articles extraits de L'autre Rive - Hors Série - Novembre 2002
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