EDITO
La Méditerranée semble être un vaste ensemble insaisissable, un territoire incertain aux contours mal définis. Elle est le plus souvent présentée sous une forme tranchée et contradictoire. Ainsi apparaît-elle soit comme le territoire de toutes les confrontations, soit comme un ensemble uni et rêvé où tous les peuples sont appelés à se retrouver en un bel avenir commun. Cette vision contrastée est aussi simple que réductrice, aussi claire qu'inexacte. Une et Multiple, la Méditerranée participe à la fois de la logique de guerre et du désir de paix, d'une mémoire commune et fracturée, fissurée par tant de conflits à travers les siècles, ressoudée par tant de rencontres au fil des âges. L'histoire de la Méditerranée est faite de ces perpétuels entrelacements, de ces va-et-vient entre la concorde et la discorde, entre le commerce et la guerre, ces deux principaux vecteurs de l'échange. Il nous faut donc tenter, à l'occasion de ces 5è Rencontres d'Averroès, de penser la Méditerranée dans la complexité. Penser la Méditerranée à la fois comme monde frontière et comme monde passage, travaillé par des opacités et par des porosités, par des replis et par des ouvertures, par des peurs et des espoirs. Ces 5è Rencontres d'Averroès se dérouleront, comme chaque année, autour de trois tables-rondes, rythmées par les trois temps de l'histoire chers à Fernand Braudel.