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20 juillet 2001, Sarajevo

 

 

 

 

 

Interview d'Alessandro Quaranta
Interview de Vania Ch. Hamzic
Interview de Yelena Raseta Natacha Cuadrelli
Interview Anna de Manicor
Interview de Ibrahim Spahic
Expo de Peggy Després
Interview de Tvico, vidéaste
Interview de Cyrille Martinez
premières impressions

Interview de Stéphanie Cavaglia
premières impressions

Extraits du concert d'ouverture
issu du Workshop musique


 

 

Dernier jour à Sarajevo. Dernier billet, derniers interviews, des phots. Rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles interviews en ligne : Aomar Mohellebi, écrivain algérien, Nina et Nadim, jeunes de Sarajevo, Daniel Anderch, architecte marseillais, Rita Bonaparte, styliste portugaise, Cristina Mirandola de Modène, Cristal Heyraud, styliste marseillaise, Anne et François Lopez, chorégraphe de Montpellier, Emmanuel Gracia et Marie Jo Long, cinéastes marseillaise, Nicola Papadimitriou, plasticien d'Athènes ...

ISarajevo.
Complexe et paradoxale.

Quelques images prises à la volée.

Dans les rues les véhicules de la communauté internationale omniprésente : jeep kaki de la SFOR, berlines diplomatiques, flotte de rutilantes Chevrolet blanches de l’ONU flanquées d’un UN pacifiant, 4x4 de l’OSCE, voitures des ONG, du HCR …
Dans les rues les militaires bosniens, la police locale, mais aussi la gendarmerie française, la Sécurité Civile …
Des bâtiments reconstruits avec des financements de l’Autriche, des fondations Soros, des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite. Une monnaie, le Deutsch Mark Bosniens (KM), équivalent en valeur au Deutsch Mark Allemand (DM) …
Dans les rues du centre, des filles fières et filiformes comme des mannequins, des jeunes en goguette, des terrasses de bars bondées, des noctambules, des soirées, des festivals …

Une communauté internationale qui autour du OHR – Office of the High Representative – travaille avec les autorités locales pour mettre en place et faire appliquer les accords de Dayton (pour certains) ou de Paris (pour d’autres). Accords qui ont scellé la " nouvelle Bosnie " entre bosno-serbe d’un coté, bosno-croates et bosniaques de l’autre en 1995. Il en résulte aujourd’hui un pays en deux entités : la Republika Srpska d’un coté, gérée par les bosno-serbes et la Fédération gérée par les bosno-croates et les bosniaques. Deux capitales : Banja Luka et Sarajevo et un gouvernement central tripartite où la présidence tournante revient tous les six mois à l’une des composantes du peuple bosnien. On m’a dit que les mots étaient importants …
L’OHR, la SFOR, les ONG, l’IPTF (International Police Task Force), le HCR, les ONG sont là depuis 5 ans. Ils seront là tant qu’il y en aura besoin : mission de régulation, de médiation, gestion de la complexité du système mis en place, retour des réfugiés, retour des personnes déplacées, assurer un environnement sain et sécurisé, désarmement … en d’autre mots agir et conseiller pour mettre en place la paix entre trois peuples, trois religions, entre Croatie et Serbie, Etats-Unis, Europe et Moyen Orient dans cette zone de turbulence des Balkans que Tito avait maintenu dans une fédération yougolsave pendant près de quarante ans … Mais qui définit le " besoin " de la présence de cette communauté internationale ? Et si elle s’en allait demain ? On nous dit que les choses avancent …
Un million de mines encore disséminées sur le territoire, des tensions sporadiques dans la population, hors de la ville de Sarajevo, qui semble la plus pacifiée du pays. Des jeunes qui majoritairement veulent partir. Ailleurs. Ils survivent ici. Un salaire mensuel moyens à 400 KM, dans une fourchette de 0 à 2 000 DM. 60% de chômage (source SFOR), un tiers des trois millions de bosniens qui ont fuit pendant la guerre, pas de recensement depuis 1990. Et ces jeunes dont les paroles croisées sont autant d’appel à la mobilisation pour que les choses évoluent, mais pas toutes dans le même sens : " l’état nous ralenti, nous empêche d’avancer ", " nous devons trouver nous même nos propres réponses ", " c’est par nous que la situation changera ", " il faut rester ici et agir ", " on ne peut rien faire ici et il faut partir ".
Et Nina, 23 ans qui travaille dans l’organisation de la Biennale, nous lâche " peut être que les génération futures verront les choses plus simplement … ".

Emmanuel