"Mon père m'a appris à regarder en l'air. Je
crois que l'architecture, c'est simplement ça". Faut-il
tuer le père pour réussir à tracer sa voie
? Fils d'architecte, Daniel Andersch, franco-allemand, par le
père justement, a voulu être architecte à
son tour. Montpellier, Berlin, Lisbonne, il lui aura fallu pas
moins de trois écoles, trois conceptions de l'architecture
pour se sentir prêt à affronter la suite. "Pour
caricaturer, en Allemagne, tu dessines un trait et tu dois décider
s'il est en métal ou en bois... Au Portugal, on va te demander
pourquoi tu ne le fais pas courbe, ou rouge." Quant à
la France, pas très glorieux : "trop théorique".
Au terme de ce tour d'horizon européen, Daniel Andersch
a imaginé la reconversion d'un ancien garage Citroën,
bâtiment désaffecté depuis 10 ans en plein
Montpellier, en centre d'hébergement et de création
d'art actuel.
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C'est en clandestin qu'il a pénétré le bâtiment,
objet inépuisable de spéculations immobilières,
pour en observer les pathologies, relever les plans. "Ces pathologies
qui font dire qu'il faut détruire. C'est une non prise
en considération de la chose en friche, une absence de
la conscience historique proche". Quant le père réhabilite
des granges ou des fermes dans l'arrière pays provençal,
le fils se penche sur le passé industriel. "Je me suis
aperçu que j'aimais travailler tout ce qui avait une trace
d'histoire". A Marseille il vient aussi de participer au projet
Europan, concours européen pour l'aménagement du
quartier Arenc, une fin de ville. "Europan, mon diplôme
et Sarajevo, c'est la même problématique trop souvent
résumée à : on rase et on reconstruit avec
de belles façades. En tout lieu, il y a des traces de ce
qu'il y avait avant et il faut en tenir compte".
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