Elle aime les gens qui s'amusent, et elle n'est pas en reste.
Sans chapelle, si ce n'est celle de ses contemporains dont elle
dit mieux comprendre la démarche. Le couturier Issey Miyake,
qui transcende les domaines, passant de la mode à l'architecture,
le chorégraphe Philippe Decouflé et ses costumes
qui se transforment, et encore les plasticiennes Marie-Ange Guilleminot
et ses petits vêtements "pour se cacher dedans" ou
ceux de Lucy Orta, à vocation sociale. Stéphanie
Cavaglia, à son tour, a imaginé les siens, griffonnés
sur des dizaines de petits croquis, des pulls à six manches,
des doubles slips, un pantalon "sans dessus-dessous", une
combinaison "sans queue ni tête". Elle commente :
"ça fait plus vêtement de cirque que haute couture...".
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Plus bricoleuse que styliste, elle a confectionné ses drôles
de modèles -cousus main- à partir de fripes trouvées
aux puces, des sweats et pantalons, rehaussés de collants
aux couleurs flash. "On est dans la mode, dans l'architecture
aussi, dans les arts appliqués en général
: je me sers du corps comme d'un volume qui transforme le vêtement".
Ce qu'elle appelle des "sculptures corporelles", réalisées
sur un mannequin sans visage (Emma Tardy, qui a aimablement prêté
son corps) et fixées dans le mouvement par la photographe
Babeth Montagnier. De son oeuvre ludique, baptisée "Sensass",
elle dit encore qu'elle interroge le sens des choses, imbriquant
intiment le fond et la forme. C'est d'ailleurs dans un dépliant
sans haut ni bas, fait de pliages, qu'elle a présenté
ses vêtements polymorphes. "J'aime bien travailler sur
le sens. Déjà, le double sens du mot sens...".
Une préoccupation quotidienne qui n'empêche jamais
le plaisir. Elle, continue à s'amuser "énormément".
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