Si elle devait résumer sa démarche, Marion Mahu dirait
sans doute qu'il s'agit de "toucher au non sens, même si
ça doit être pitoyable". D'où cette confrontation
énigmatique d'un couple qui tente de se cracher au visage,
pour toute communication, et dont le jet d'eau n'atteindra jamais
que l'envoyeur. "Le couple c'est l'alibi, la plus petite réduction
qu'on puisse faire d'un rapport humain, justifie-t-elle,
ils sont censés construire quelque chose ensemble, mais ils
ne le font pas". Voilà pour les protagonistes, l'inspiration,
elle, a été puisée dans le Coran. En scène,
un vieil homme maugréant qui accuse Dieu d'avoir créé
un homme si mauvais. Il crache alors vers le ciel et reçoit
son crachat sur la tête : l'effet d'un miroir, en somme. "Le
point commun à tout mon travail c'est l'écrit.
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Des auteurs qui touchent à l'absurde et ses dérivés
: Gombrowicz, Beckett, Camus... Ils font le constat de la décadence
humaine, mais sans jugement moral. Ils disent : on en est là,
on peut être aussi sale que ça...". Dans ses
vidéos, elle se prête souvent elle-même aux
situations humiliantes qu'elle imagine pour décrire cette
"culture humaine". Face caméra, elle se laisse alors maltraiter
par deux mains qui déforment son visage, consentant au
jeu de la barbichette "le premier qui rira...". Commentaire :
"Comme chez Gombrowicz, la barbarie peut naître du jeu
ou du mimétisme. Là, on ne sait pas sur quel pied
danser : est-ce du masochisme ? J'aime bien que ça commence
comme une blague et que ça finisse par produire une inquiétude".
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