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"Nous avons voulu saluer à Marseille cette "Année
de l'Algérie", quitte à en attendre les derniers
mois, tant les deux rives de la Méditerranée semblent
proches dès que l'on en visite un bord ou l'autre. Et c'est
peut-être là le moment de dire le destin international
de notre Ville, mais un destin international dont le tropisme vers
le Sud lui confère des perspectives exceptionnelles et singulières
à la fois.
Et puis l'Algérie... Nous avons déjà évoqué
le courage et l'engagement de ces artistes et responsables algériens
qui bravent les dangers et les ambiguïtés pour réussir
cette "Année de l'Algérie", grande œuvre
de retrouvailles artistiques et culturelles entre nos deux Pays.
Saluer, et aussi fabriquer de l'avenir avec cette Algérie
où l'héroïsme, est quotidien, quand les catastrophes
naturelles semblent s'allier aux conflits des hommes.
Et c'est à une figure de notre Histoire commune et de cette
épopée de tous les jours que notre programme "Djazaïr
à la Friche" a voulu rendre hommage en proposant au
peintre Denis Martinez de dérouler son projet
"Jonctions" comme un cadre dans lequel se placeront,
comme autant de fenêtres à ouvrir et de portes à
traverser, les différentes propositions réunies à
la Friche avec Dansem, l'association Dounia,
le théâtre Massalia, etc...
Si là comme ailleurs, notre exigence de cohérence
peine parfois à se faire comprendre, c'est peut-être
aussi parce que nos tentatives, comme nos réussites, n'ont
pas encore su dire la dimension et l'obligation de leurs ambitions.
Comme un rappel inattendu et soudain d'une actualité si difficile
à appréhender, quand tant de problèmes s'annoncent,
face auxquels nous ne pourrons résister sans convoquer intelligences
et malices, sans décliner nos inventions et leurs cohérences."
Philippe Foulquié, directeur
de la Friche la Belle de Mai
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