"ESSEBAGHINE, ce n’est qu’un regard"
Exposition proposée par l'association Immeuble Berluc

Le projet
Les artistes



Le projet
Plus qu’un groupe rassemblant huit plasticiens vivant à Alger, Essebaghine est un manifeste.
Autour des préoccupations quotidiennes de la vie, avec ses joies et ses drames, Noureddine Ferroukhi, Ammar Bouras, Hellal Zoubir, Jaoudet Gassouma, Meriem Ait El-Hara, Kheira Slimani, Karim Sergoua et Adlane Djeffal se sont réunis. Le nom, Essebaghine, en porte le sens puisqu’il traduit l’affirmation d’une fonction sociale : celle du «peintre en bâtiment» ou artisan peintre marquant ainsi toute la distance et la dérision vis-à-vis des références établies.
Sans choix esthétiques autres que ceux de la liberté de faire et de la prise de parole de l’urgence, ils réinventent à chaque fois une démarche plutôt que d’aller vers une finalité.
Depuis la création d’Essebaghine en décembre 2000, ils ont déjà réalisé huit expositions.
Le moteur d’Essebaghine est, après dix années meurtrières de solitude et d’exil, de sortir du ghetto, de s’exposer, de se mettre en œuvre, d’aller à la rencontre du public. Artistes phares et provocateurs, ils bousculent l’ordre établi.
L’immeuble Berluc : situé à Forcalquier dans les Alpes-de-Haute-Provence, c’est un nouvel espace associatif. À la fois lieu d’accueil pour des artistes en résidence et espace d’expositions, il a également pour objectif de mener des actions culturelles définies en développant une mise en réseau de moyens et de compétences humaines.


Les artistes

Noureddine FERROUKHI
né le 26 novembre 1959 / Vit et travaille à Alger
Il met en scène ses œuvres comme des mosaïques miniaturisées, un patchwork culturel d’éléments empruntés à notre imaginaire. Entre kitsch et fétichisme, des personnages insolites peuplent son univers coloré de rose tendre et de douceur diffuse. Précieux et minutieux dans le choix de ses matériaux, il reste fidèle à cette préciosité qui fait sa signature.
Ammar BOURAS
né le 15 décembre 1964 / Vit et travaille à Alger
Entre la peinture photographique et la photographie peinte, surgit un personnage : fauve, balafré de couleurs violentes, traversé de sons et de sang, il observe, à travers des fenêtres inattendues, des paysages sombres.
 
Adlane DJEFFAL
né le 1er avril 1961 / Vit et travaille à Mostaganem
Il vit tranquillement son art, construisant la réconciliation des formes, des couleurs, de la composition, travaillant dans la discrétion à l’élaboration d’une harmonie paisible.
 
Zoubir HELLAL
né le 21 septembre 1952 / Vit et travaille à Alger
Son attrait pour la dérision cache comme l’arbre la forêt, un esprit rationnel et réfléchi. Le pastiche de l’histoire de l’art, l’ironie, le détournement volontaire, alimentent en permanence son œuvre qu’il mène avec persévérance et opiniâtreté, imperturbable. Chez lui l’ironie est calculée, composée, colorée.
 
Djaoudet GASSOUMA
né le 19 juillet 1966 / Vit et travaille à Alger
Dans son graphisme nerveux et tourmenté habitent des personnages filiformes, disloqués, des conflits, des hésitations derrière lesquelles se profile la profonde fragilité de l’artiste en proie à des déchirements intérieurs.
 
Meriem AIT EL-HARA
née le 31 juillet 1967 / Vit et travaille à Alger
Brandissant sa passion à bout de bras, la sensibilité à fleur de peau, elle pratique son art avec un sens inné de la matière. Oublieuse du temps qui passe, elle confond les matières végétales, animales, minérales, néant des toiles qui ne le sont pas, plus proche d’un « arte povera », d’une œuvre éphémère…
 
Karim SERGOUA
né le 21 mars 1960 / Vit et travaille à Alger
Refusant le discours, il pratique l’art comme une activité originelle de l’homme. Travaillant les signes comme symboles premiers de l’existence de l’homme, les associant à la présence disloquée de celui-ci, il les répète inlassablement.
 
Kheira SLIMANI
née le 6 juin 1959 / Vit et travaille à Alger
Elle décline la forme de la pomme à tous les temps ; tantôt imposante, tantôt diminuée, elle marque sa peinture, refus de l’accusation originelle. Sa peinture aux grands formats, aux larges pans de couleurs, est chargée d’une clameur sourde, celle de l’affirmation de soi.