Au XIXe siècle, la Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai est le siège de l'une des plus importantes fabriques de France. En 1860, l'établissement, à cette époque située rue Sainte près du Vieux-Port, est le premier employeur de la ville et la deuxième manufacture de France, derrière Paris.

La manufacture confectionne (entièrement à la main) près de cent millions de cigares par an. En raison de l'insalubrité de ses locaux, la manufacture des tabacs quitte en 1868 la rive sud du Vieux-Port pour s'installer à la Belle de Mai, à côté de la raffinerie de sucre Saint Charles.

L'usine, longeant la voie ferrée, connaîtra ensuite plusieurs phases d'agrandissement liées à l'augmentation de la consommation de cigarettes et à l'évolution des modes de production (électrisation progressive des machines).
Après avoir produit cigares et scaferlatis, la manufacture des tabacs de la Belle de Mai, qui appartient à la SEITA, se spécialise dans les années 50, sous l'injonction d'une nouvelle stratégie industrielle décidée à Paris, dans la production de cigarettes Gauloises et Gitanes.
Au début des années 60, elle produit environ 1/5e des Gauloises alors consommées en France. Mais la mode est au tabac blond, de 1000 salariés en 1960, l'usine passe à un effectif de 250 en 1988, deux ans avant sa fermeture définitive.