La discrimination raciale dans le monde du travail
Les discriminations raciales à l’embauche existent. Comment en douter en lisant les chiffres du chômage chez les moins de 25 ans : 20% chez les français de souche, 30% chez les jeunes étrangers, plus de 50 % chez les étrangers originaires du Maghreb.L’Etat et les partenaires sociaux ont décidé d’en faire l’objet d’une lutte commune à travers la déclaration de Grenelle le 11 mai dernier.

Nadine, jeune malienne en France depuis 6 ans témoigne : en 1994 j’ai voulu suivre une formation en alternance, il y avait un concours d’entrée; la partie écrite s’est très bien passée, après à l’oral la dame m’a dit que le problème c’est que j’étais noire et que les entrepreneurs n’aimaient pas les noirs...une autre fois on m’a dit que l’entreprise jugeait sur le physique, yeux clairs, sourire accrocheur... ce n’était pas mon cas

Larbi Saoudi, médiateur à l’ANPE de Bougainville s’est également trouvé confronté à des problèmes de discrimination, de la part d’une personne de la faculté de Saint Jérôme qui ne voulait plus de noirs, plus d’arabes et qu’il a pu contrer en alertant le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme, ainsi que le doyen de l’université. Mais il rappelle qu’il est difficile de repérer ces problèmes car les entreprises pratiquent rarement ces discriminations par écrit et essaient de recaler sur des critères apparemment objectifs.

Michèle Cottini, juriste exprime différents moyens pour lutter contre
les discriminations à l’embauche :
  • en droit du travail, il existe une législation qui frappe en interdiction ou en nullité tout acte discriminatoire, mais peu utilisée car l’inspection du travail ne dispose pas de moyens d’astreinte ni de mise en demeure;
  • en pénal, il existe une procédure, mais lourde, souvent classée sans suite pour faute de preuve;
  • au niveau du droit communautaire, on a pu noter une évolution quant à la discrimination sexuelle, notamment sur le renversement de la preuve ( c’est à l’employeur de prouver qu’il n’y a pas eu discrimination à l’embauche). Si l’on peut espérer connaître une telle évolution en matière raciale, rien n’est sûr à ce jour.

D’autre part et sous l’impulsion de l’Etat, une Commission Départementale d’Accès à la Citoyenneté, la CODAC, a été mise en place afin d’ouvrir de réelles possibilités d’intégration, de promotion et d’épanouissement à ceux qui se sentent injustement rejetés, veillant plus particulièrement à l’accès à l’emploi des jeunes issus de l’immigration, et favorisant les principales démarches de la vie quotidienne (relation aux administrations, accès au logement, aux loisirs...).

Il demeure important de dire la discrimination car comme l’exprime fortement Nadine : être recalée pour raison d’incompétences c’est compréhensible, mais parce qu’on est noire, c’est intolérable.


CODAC : 0800 01 13 01
CIMADE : 04 91 90 49 70

SOS Racisme : 04 91 84 39 10
LICRA : 04 91 81 59 69