|
Réactions 1ère journée
Friches, friches, friches
Le terme
est employé sans arrêt. Cela semble désigner le plus
souvent, dans la bouche des intervenants et du public, un lieu culturel
dans une ancienne friche industrielle. Mais, pour certains élus,
il sagira de bâtiments industriels « en friche »
quil serait opportun de réhabiliter pour redorer limage
de la ville
Pourquoi pas en lieu culturel ? Dautres y verront
le bâtiment occupé, squatté, permettant à «
ceux qui nont pas de part, de prendre part à la société
» (Lexpression est empruntée à Pascal Nicolas
Le Stratt). Dautres encore prendront le terme au sens large, au
sens dart « en friche », qui réinterroge le processus
de luvre, le rapport au public, au territoire, etc
où
se dessine « une nouvelle façon de penser laction culturelle
».
Certains donc y voient de simples bâtiments, dautres des projets
forts qui réinterrogent de grandes questions sociétales,
enfin certains y voient lun dans lautre.
Mais du Brise-Glace à Grenoble (squat dartistes, sans projet
fort pour le lieu), au Confort Moderne à Poitiers, en passant par
les Subsistances à Lyon
peut-on continuer à nutiliser
quun seul terme ? Où est le lien, si ce nest dans lorigine
historique des bâtis ? Ny a-t-il pas un danger, en utilisant
ce terme, de se focaliser sur le bâtiment ? Den oublier le
projet ? De ne pas prendre en compte les projets sans lieux ?
À force denglober les projections de chacun (acteurs, politiques,
squatters,
), à force dêtre polysémique
et de recouvrir un ensemble non défini, le terme « friche
» nest-il pas vidé de son sens ?
Gabriel Lucas
étudiant, DESS développement culturel
direction de projet, ARSEC-Lyon2
|
|
09h30 -13h00
Table Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux
|
Réunion plénière douverture
Animateur
: Pascale Ammar-Khodja
Rapporteur :
Nicolas Weinberg
|
Participants :
Michel
Duffour
Secrétaire d'Etat au Patrimoine
et à la Décentralisation Culturelle - France
Renaud
Muselier
Député, Premier adjoint au Maire
de Marseille, Président d'Euro-méditérranée
- France
Ivana
Della Portella
Vice-Présidente de la Commission Culture de la ville de Rome -
Italie
Marco
Aurélio Garcia
Maire - adjoint à la Culture de Sao Paulo - Brésil
Philippe
Foulquié
Directeur de la Friche "La Belle de Mai" France
François Dagognet
Philosophe France
Edouard
Bond
Ecrivain - Grande-Bretagne
|
Table Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux |
Table ronde 1
Vers une nouvelle époque de l'art
De nouvelles démarches dartistes, souvent liées à
des espaces originaux, se multiplient aujourdhui à partir de croisements
disciplinaires et dune autre prise en compte du temps, de lespace et des
finalités de la création. La notion de processus y tient
un rôle prépondérant.
Quelles sont les motivations esthétiques à lorigine de ces
projets ? Contiennent-ils en germe une nouvelle définition de l'art,
du statut des artistes, de leurs uvres, de leur fonction dans la
société ? Sagit-il dune véritable mutation ou dun
effet de mode ?
english version >

Animateur :
Pascale
Ammar-Khodja
Rapporteur :
Nicolas
Weinberg
Compte rendu de la table ronde 1 :
Vers une nouvelle époque de lart
?
Cest dabord dans lenvironnement
socio-économique et politique (donc, dans un certain temps) que
la friche sinscrit. En apportant chacun une description différente
des lieux de création intermédiaires auxquels ils participent
ou ont participé, cest ce que les intervenants ont mis en
avant. Lespace ne se détermine pas, ne sobtient pas
et ne sinvestit pas de la même façon en lEurope
de lOuest post-industrielle, lEurope de lEst in-industrielle
ou, pour reprendre lexpression de Simon Njami, dans lAfrique
pré-industrielle. Nicolas Frize est allé plus loin en rappelant
comment, à Cuba, la remise en question totale, philosophique
, de la notion de propriété privée a rendu
floue la notion de topographie : on joue dans la rue, on répète
chez soi, mais rue et chez soi
sont tout autant antonymes que synonymes
peut-être même
sont-ils anonymes. Mais il ne sagit finalement que de différences
de forme. Car il est un point vers lequel les opinions ont convergé
: la création de ces lieux est dabord une réaction
spontanée (où se créera de la spontanéité,
dans la spontanéité) face à linertie des institutions
ou à labsence dinfrastructures.
Nouvelle époque, nouvelle aire
La friche est internationale et partout (nimporte
où) elle peut faire sa maison. En Afrique, en Europe ou ailleurs,
on ne choisit pas dinvestir un lieu parce quil est abandonné,
délabré ou chargé dune histoire ouvrière
et industrielle particulière, on linvestit par nécessité,
souvent dans la précarité. Cest ce que rappelait Mamadou
Konté en expliquant que, au Sénégal, on serait bien
en mal dinvestir un site industriel en friche dans la mesure où
ces sites nexistent pas. Cest aussi ce que Karine Noulette
a souligné en évoquant les conditions de vie qui étaient
celles des friches parisiennes il y a vingt ans : Les friches étaient
un lieu doccupation, un lieu de résistance .
On comprend alors que tous se soient retrouvés sur un deuxième
point : la crainte de voir ces lieux récupérés
par les institutions ou, pire encore, que les institutions mettent en
place des friches préfabriquées, comme il commence
à en exister , selon le mot dOlivier Poivre dArvor.
Mais personne ne cherche à honnir les pouvoirs publics. Au contraire,
on sefforce didentifier leur place dans ce dispositif. Cest
un signe encourageant que tous conviennent de dépasser les dualismes
en admettant avec Bernard Latarjet que les institutions permettent
aussi de réunir des gens qui ne se seraient jamais rencontrés
autrement . La nouvelle époque de lart résiderait
alors dans ce que Mamadou Konté décrivait comme une
nouvelle aire de coopération entre les artistes, le public et les
institutions .
NW
english version >

|
Participants
:
Guy Alloucherie
Metteur en scène France
Daniel
Buren
Plasticien France
Giorgio
Barberio Corsetti
Metteur en scène, Directeur artistique de la Biennale de Venise -
secteur théâtre - Italie
Kristen
Dehlholm
Metteur en scène Hôtel Proformat Danemark
Nicolas
Frize
Compositeur, musicien France
Mamadou
Konté
Le Tringa de Dakar Sénégal
Bernard
Latarjet
Établissement Public de La Grande Halle et du Parc de la Villette
- France
Simon
Mundy
Ecrivain Grande-Bretagne
Simon
Ndjami
Revue Noire France
Karine
Noulette
Emmetrop France
Olivier
Poivre d'Arvor
Directeur de l'AFAA France |
13h00-14h30
|
Déjeuner |
|
|
14h30-18h00
Ateliers simultanés 1-2-3-4
Table Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux
|
Ateliers 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
L'apparition et la multiplication actuelles de structures artistiques
hors normes sont profondément liées aux contextes culturels
et urbains. Dans quelles conditions émergent ces projets et qui
en sont les porteurs ? Comment faire reconnaître lexistence de ces
initiatives ? Comment envisager leur existence dans la durée et
transmettre lesprit des lieux, une fois passées les périodes
fondatrices et le temps des passions ?
english version >

Animateur: Ferdinand
Richard (Ami/Fanfare)
Rapporteur: Eric
Fourreau (La Scène)
Compte rendu Atelier 1
Un fossé générationnel
Sil en était besoin, les différents exposés
du premier atelier - malheureusement privilégiés au débat
! - ont montré combien la diversité aussi bien à
travers leur origine, leur cheminement que leurs pratiques et leur raison
dêtre, constituait le véritable dénominateur
commun de ces espaces intermédiaires. Quel trait dunion entre
les post-soixante-huitardes Halles de Sharbeek, le projet Anis Gras initiée
par une mairie (Arcueil, en banlieue parisienne) ou encore les Studios
Kabago tenus à bout de bras par Faustin Linyekula, à Kinshasa,
sinon, in fine, la volonté détablir une autre relation
dans la transmission de lart à la population ? Il apparaît
en tout état de cause un fossé générationnel
entre les pionniers nés de la contestation politique de laprès-68,
préservant un esprit communautaire et autogestionnaire, comme lUfaFabrik
de Berlin, ou intégrées comme les Halles bruxelloises, et
les expériences de la dernière décennie. Leur émergence,
également militante, précise une jeune Grenobloise,
relève plus de la nécessité et du désir de
renouveler les modes de transmission artistique et les comportements culturels.
Soit sur un mode interventionniste doccupation des lieux, comme
le collectif Sans titre (Frédéric Atlan) ou
MixArts Myris à Toulouse, soit dans un rapport de forces
avec les collectivités locales considérées commes
des partenaires, et non comme des financeurs à qui lon a
des comptes à rendre. Le rapport à linstitution nest
plus appréhendée dans une relation de dépendance
mais de mise à distance. Il est dailleurs significatif que
la pérennisation de ces expériences na pas été
évoquée sous langle financier mais sur la capacité
des équipes à entretenir la passion et à renouveler
son mental tous les jours (Philippe Grombeer).
NW
english
version > 
|
Participants
:
Frédéric Atlan
Plasticien - France
Daniel Breuiller
Maire dArcueil - France
Philippe
Grombeer
Halles de Schaerbeek - Belgique
Jean-Pierre
Hoby
Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Zurich - Suisse
Faustin
Linyekula
Chorégraphe - Congo
Siegrid Niemer / Ben Msid
Ufa Fabrik - Allemagne
Manuel
Olveira Paz
Le Hangar - Espagne
Gerald
Raunig
IG Kultur - Autriche |
Table
Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux |
Ateliers 2
La valeur artistique entre institution,
marché de lart et industrie culturelle
Sans se plier aux normes du marché ou de l'institution, comment
reconnaître le droit à lexpérimentation artistique
des projets ? Quels types de valeur artistique et quels critères
originaux les définissent ? Quelles sont les nouvelles échelles
de référence ?
english version >

Animateur : Brigitte
Remer (Fic/Ubiquités Culture)
Rapporteur : Frederic
Kahn (Le pavé)
Compte rendu Atelier 2
Les lieux intermédiaires déplacent
forcément la question de la valeur artistique. Ces friches
et autres fabriques sont inscrites dans des démarches favorisant
les parcours de création. Elles reposent sur ce que le sociologue
Philippe Henry appelle la valeur de lexpérience éprouvée
et non plus sur la fabrication dobjets finis. Elles remettent ainsi
en cause les critères dévaluations de linstitution
et du marché ; lun et lautre ayant tendance à
se focaliser sur la production et non sur le processus. Sylvie Hubac,
la directrice de la DMDTS, a reconnu un certain désarroi de lEtat
face à des approches qui interpellent le mode de fonctionnement
dinstitutions qui ont pris de lâge. La directrice
de la DMDTS a également souligné le bien fondé de
ces initiatives qui tentent dinstaurer un rapport au public qui
nest pas fondé sur la consommation de spectacle.
De fait, ces espaces rendent inopérantes toute tentative de modélisation
et de normalisation. Ces lieux intermédiaires ont fait réfléchir
linstitution, ou lon fait bouger. Pourtant,
les mesures concrètes daccompagnement sont, de laveu
même de Sylvie Ubac, modestes. Quant aux critères dévaluation
de lEtat, ils sont inadaptés et non transposables
à la pluridisciplinarité. Cette prise de conscience est
un premier pas. Dans lidéal, il devrait être suivi
de véritables réformes structurelles.
Chaque lieu intermédiaire est bâti sur une singularité.
Il est intégré à des territoires et à des
contextes sociaux spécifiques et souvent difficiles. Lart
et le social deviennent sinon indissociables, du moins fortement imbriqués.
Pourtant, les pouvoirs publics doivent, pour soutenir ces démarches,
se doter doutils dévaluation et daccompagnement.
Ils sont donc interrogés sur leur capacité à prendre
en compte ce tiers espace qui évolue entre léconomie
publique et le marché privée.
Frédéric Kahn
english
version >
|
Participants
:
Maria Jesus Aranburu Orbegozo
Directrice des Affaires Culturelles
Diputacion Floral de Gipuzcoa
Espagne
Helmut
Batista
Agora Capacete - Brésil
Laure
Bonicel
chorégraphe - signataire du 20 août
France
Bruno
Boussagol
Metteur en scène - France
François
Cervantès
Metteur en scène - France
Dudda-Jose
Carlos Gomes Ferreira
Musicien - Brésil
Philippe Henry
Sociologue - France
Dr. Patrick Ho
Président de Hong Kong Art Development - Hong Kong
Sylvie
Hubac
Directrice de la Musique,
de la Danse, du Théâtre
et des Spectacles,
Ministère de la Culture - France
Jaime
Iregui
Espacio Vacio - Colombie
Claudine Valentini
Directrice des Affaires Culturelles du Conseil Général de
Seine St Denis - France
Stephen Wright
Philosophe - France
|
Table
Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux |
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Ces initiatives se situent en tension entre la recherche dun ancrage fécond
dans un lieu et la valorisation du nomadisme créatif. Quels désirs
portent les artistes à investir des lieux inattendus, souvent disqualifiés
? Comment les caractéristiques architecturales et symboliques des
espaces occupés alimentent-elles l'inspiration et les choix artistiques
? Comment penser des présences artistiques parfois éphémères
dans les territoires ?
english version >

Animateur: Jean-Luc
Baillet (Hors les Murs)
Rapporteur: Alix
de Morant (Cassandre)
Compte rendu Atelier 3
Structures pérennes ou nomadisme
créateur :
quelques parcelles de liberté. Sil
est question dans la ville, de recréer des points de vue en prenant
appui sur la réalité des paysages, le dépaysement
pourrait se révéler plus quune attitude, une façon
de regarder autrement les territoires où nous vivons. Architectes,
scénographes, urbanistes, circassiens, metteurs en scène,
chorégraphes sortent alors du tableau pour réinventer un
cadre qui coïncide avec leur geste artistique, une architecture-peau
qui adhère à la chair du poème, un revêtement
éphémère qui laisse transpirer les sensations. Lart
se glisse toujours dans les interstices, pour remettre de la vie là
où on lavait oubliée, reprendre ce que dautres
ont depuis longtemps abandonné. Terrains vagues, zones délaissées,
terres en friche, architectures du travail que le chômage laisse
exsangues, zones impropres à la construction, champs de foire sont
les territoires privilégiés dune occupation provisoire,
où lon sinvite chez soi en étant chez les autres,
où lon développe un projet à lhorizontale,
sans se soucier de la grande verticalité de lhistoire. Au
temps quil fait, aux gestes élémentaires du partage
quotidien, de louvrage sans cesse remis sur le métier correspondent
des projets qui ne se soucient que peu ou prou de la perénnité
dun équipement mais se préoccupent de penser lespace
comme un partenaire, de considérer lart comme un souci de
lautre. Il semble pourtant quon est ici du mal à définir
de nouvelles géographies mentales comme à circonscrire lidée
même du déplacement.
Au premier rang de lassemblée, après avoir posé
timidement une seule question sur ce quest un lieu de vie, Jacques
Livchine ouvre grand son journal si judicieusement nommé «
Le Poste nomade » et simmerge dans une mosaïque de paysages.
Par dessus son épaule, je plonge avec lui par la fenêtre
ouverte.
Alix de Morant
english version >

|
Participants
:
Tarek
Abou El Fetouh
Young Theater Arab Found Scénographe - Egypte
Guy
Amsellem
Délégué aux Arts Plastiques Ministère de la
Culture - France
Patrick Bouchain
Architecte - France
Alougbine
Dine
Atelier Nomade - Benin
Johan
Le Guillerm
Cirque Ici - France
Rodney Place
Artiste / Architecte - Afrique du Sud
Emmanuel
de Véricourt
Les Campements - France
|
Table
Ronde 1
vers une nouvelle époque de l'art
Atelier 1
Balbutiements, formalisation
et renouvellement des projets
Atelier 2
La valeur artistique
entre institution,
marché de lart
et industrie culturelle
Atelier 3
Les architectures de la création :
structures pérennes et nomadisme créateur
Atelier 4
Des espaces de réinvention du travail et des rapports sociaux |
Ateliers 4
Des espaces de réinvention du travail
et des rapports sociaux
Au cur de ces projets, le rapport au travail peut être vécu
différemment, en termes de rythmes, de relations et de contenus.
Comment le travail artistique permet-il dacquérir des savoir-faire
ou une formation ? A cet égard, ces expériences conduisent-elles
à modifier la nature et les finalités du travail en tant
que tel ? Lengagement culturel permet-il de reconstruire des manières
dêtre, notamment pour des individus dont les trajectoires sont marquées
par la précarité ?
english version >

Animateur: Nelly
Fletcher (Radio Grenouille)
Rapporteur : Naly
Gérard (Mouvement)
Compte rendu Atelier 4
Des espaces de réinvention
du travail
et des rapports sociaux
Lutilité sociale des friches,
avec ou sans lieu
La question du travail a en fait laissé
place à la question de laction artistique comme moyen de
reconstruire individus et liens sociaux. Après une digression sur
la question désormais récurrente de linstitutionnalisation
des lieux, le contenu des projets a fourni la matière principale
de la discussion. Les expériences dans les conditions sociales
dune extrême violence du Rwanda, de la Colombie, de lAfrique
du Sud et de la Roumanie, ont reflété le potentiel puissant
de lart à rendre la parole et la liberté à
des personnes opprimées. Le Centre universitaire des arts au Rwanda,
par exemple, offre des espaces vitaux de parole à une population
traversée de pulsions de morts. Ateliers, théâtre-forums
y sont les outils dune reconstruction de « personnalités
interrompues ». Cest le corps qui est au centre du processus
mis en place par le chorégraphe Alvaro Restrepo à destination
de jeunes marqués par la guerre civile. Stéphane Gatti,
lui, fonde son action sur les mots quand il travaille avec des ados victimes
de « lappartheid social » dans les Ardennes.
Cet engagement culturel saffirme hors des friches architecturales,
rappelant que le lieu ne fait pas le projet : dans les rues de Bucarest,
où Miloud Oukili apprend aux enfants à véritablement
faire les clowns et à en vivre, ou dans un township de Johannesburg
où le Community Theatre Group issu du « protest theatre »
exprime les préoccupations quotidiennes des habitants. Lacte
de guérison que peut représenter la création a pour
impératif la qualité artistique des intervenants : il faut
donner le meilleur à ceux qui vivent le pire. Le débat a
ainsi permis de sextirper dun débat franco-français,
en faisant voler en éclats létiquette « socio-cul
» qui pend encore dans le dos des artistes impliqués auprès
de populations en souffrance.
Naly GERARD
english version >

|
Participants
:
Bonginkosi
Banda
Metteur en scène - Afrique du Sud
Jean
Dufour
Député France
Stéphane
Gatti
Metteur en scène France
Koulsy
Lamko
Centre universitaire des arts Rwanda
Pascal
Nicolas le Stratt
Sociologue - France
Miloud
Oukili
Parada - Roumanie
Jacques
Pasquier
Les gamins de l'Art Rue - France
Alvaro
Restrepo
Le Collège du Corps - Colombie
Marie-France
Delieuvin
CNDC d'Angers - France |
18h00
20h30
|
Apéro
- rencontres
Apéro-Débat
Réinterpréter la ville :
enjeux de connaissances et de reconnaissances
Jeudi 14 février 2002 de 18h30 à
20h, Salle Le Dojo (1er étage)
Friche Belle de Mai, 41, rue Jobin à Marseille
|
|
 |
 |
 |
| |
accueil / inscription
/ contributions / programme J.
14 - V. 15 - S.
16
|