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pour lorganisation
de la première édition du :
Festival de lArt des Lieux
Notre association organise de la première édition du
Festival de lArt des Lieux, au mois de mai 2002. Ce projet fait
suite à de nombreuses expériences de terrains, et à
lapparition dun besoin tant du côté artistique
(choisir le lieu comme scène et comme objet) que social (croiser
les regards) et territorial (simpliquer dans la gestion des territoires).
Il sinscrit dans un partenariat élargi et renouvelé
chaque année en fonction des lieux choisis.
Pour lannée 2002, le site choisi est le quartier de Sainte
Marthe, dans le 14ème arrondissement de Marseille. Entre ville
et nature, offrant des vues sur lensemble de lamphithéâtre
marseillais, les hauts de Sainte Marthe sont des espaces exceptionnels
construits autour des bastides et de lactivité agricole périurbaine.
Aujourdhui en déshérence, ces lieux sont à
la fois les reliefs dun temps révolu, et des chances pour
un développement urbain durable, dans le cadre des projets daménagement
à venir. Mais peu connus, le patrimoine et les ambiances de ces
espaces en bord de ville peuvent être le ferment dune expérience
artistique inédite.
- En deux mots -
Une scène ouverte dans lespace...
Donner aux artistes loccasion de parler des lieux, de sy inscrire,
et de faire parler lespace, cest ouvrir une nouvelle scène
culturelle dans la ville, inédite, tournée vers un public
très large de citadins, de voisins, dhabitants. Cest
aussi créer une arène déchange, de discussion
sur le territoire, son passé et le patrimoine quil porte,
son présent et les pratiques qui sy inscrivent, enfin son
devenir, son aménagement, sa transformation pour de nouveaux usages.
... pour une découverte des espaces
Investir un site, un quartier pendant deux jours, le donner à voir
sous des coutures inhabituelles, le faire exister par ses qualités
pour un public diversifié, qui transcende les frontières
sociales liées à un type dhabitat ou à la réputation
des lieux. Le Festival de lArt des Lieux, cest loccasion
de (re)découvrir un espace en marge de la ville, de déambuler
au fil des créations, de parcourir des trajets inhabituels et pourtant
quotidiens, de voyager dans les lieux et les paysages. Marseille, le 5
Janvier 2001
- Présentation du Festival -
Pourquoi ?
Le territoire est support de vie ; son paysage rend compte de son inscription
dans lhistoire ; il est par excellence le réceptacle des
« représentations » sociales. Lobjet du festival
de lArt des Lieux est de mettre en scène ces représentations,
devenant théâtrales, musicales, cinématographiques,
etc.
" Dans la ville, l'acte artistique se met lui-même en question
par sa mise en situation même ". Cette remarque du sociologue
Michel Simonot met en avant l'aspect dynamique et questionnant de la pratique
artistique dans l'espace public de la ville. La création sinscrit
alors dans un environnement chargé de signes préexistants,
dans un lieu qui nest pas dédié à la représentation.
De ce fait, le spectacle participe à la transformation de notre
propre urbanité : qu'il le veuille ou non l'artiste intervenant
dans la ville est un artiste "politique".
Lensemble des territoires sont des champs dexpression potentiels,
mais certains sites ou quartiers sont confrontés à un syndrome
dinvisibilité. Apparemment en marge, ils ont pourtant une
histoire particulière, qui révèle une histoire commune
à lensemble dune ville ou dune région.
Volontairement ou involontairement abandonnés, ils apparaissent
à nouveau comme des lieux denjeux territoriaux lorsquils
redeviennent espaces de projet. Espaces en creux, vides, pour certains,
prêts à accueillir une nouvelle modernité en faisant
table rase du passé, dautres y redécouvrent un patrimoine
et se crispent face à ces velléités.
Ces « espaces-lisiéres » sont des espaces d'entre--deux.
Ils font le lien entre le dehors et le dedans; espaces-frontières,
ils séparent et relient tout à la fois, comme des No man's
land qui, n'étant à personne, pourraient bien être
à tout le monde. C'est dans un jeu de sensations, d'attirance /
répulsion que ces lieux de vie prennent tout leur sens dans la
symbolique urbaine. Ces espaces frontières peuvent donc apparaître
à la fois comme un terrain de re-création d'usages, de ré-inventions
continuelles dans les pratiques et les rapports sociaux. "Le flou
qui s'attache à leur image révèle de leur nature
même et constitue l'essentiel de leur valeur"*.
Ce flou entretenu bon gré mal gré peut permettre une liberté
de rencontres. Labsence dappropriation exclusive donne à
ces lieux de lentre-deux la capacité de devenir un instant
« des espaces publics absolus », lieux de toutes les rencontres
possibles lorsquils sont réinvestis par un événement
artistique. Lhabitant, le notable, le passant, le squatter deviennent
alors des spectateurs, capables dinteractions avec lautre.
« Lespace public de la ville est lespace collectif naturel
de la population. Théâtraliser la ville confère à
priori à cette population un statut particulier, celui de «
public-population ». Convoqué ou pas, retenir le temps dune
« représentation » ce public-population aux larges
spectres culturel et social devient alors un véritable
enjeu artistique qui rappelle, sans conteste, la volonté de nos
illustres prédécesseurs de la Décentralisation »**.
Pour quoi faire ?
Un festival artistique organisé à léchelle
de lensemble des lieux dun territoire peut jouer un rôle
de « miroir aux représentations » pour chacun. Son
objectif est de faire connaître et reconnaître des lieux,
de les faire vivre comme des enjeux de débat et daction dans
la production de la ville en général et méditerranéenne
en particulier. Comme l'écrit Pierre Sansot , "les usagers
confèrent un surcroît de réel. L'objectif n'est pas
de faire état des usages pour eux-mêmes mais bien des modes
d'appropriation de l'espace dont les pratiques constituent le substrat
matériel".
Ainsi, artistes et spectateurs sont acteurs du territoire comme lieu de
transformation et de réappropriation du patrimoine. L'objet du
festival de lart des lieux est de mettre en lumière aux travers
dune démarche culturelle les divers aspects de ces espaces-lisières,
et la multiplicité des usages quils sont susceptibles de
susciter dans leur avenir. Dans le cas des « espaces lisières
» devenant enjeux daménagement, le festival permettra
éventuellement de déplacer le débat entre aménageurs
et « aménagés », en faisant des sites investis
des espaces partagés autour dune expérience artistique.
Le Festival de lArt des Lieux se veut donc un festival itinérant,
qui chaque année dévoile un nouveau site. On peut mentionner
dores et déjà des lieux qui pourraient faire lobjet
dun tel coup de projecteur, tels que certaines friches industrielles
de la ceinture Nord ou Est de Marseille, le Massif de lEtoile, le
canal de Marseille, la digue du Large et certaines portions du littoral
marseillais, etc. Dautres espaces autour de Marseille sont également
envisageables. Enfin lactualité de laménagement
et de lurbanisme fait ressurgir régulièrement des
espaces « creux » vers le devant de la scène.
Comment faire ?
Organiser lexpérience :
Il sagit de confronter chaque artiste ou groupement artistique à
la substance même des lieux qui composent un territoire (morphologie,
esprit, histoire, paysages perçus, ambiance...). Cette confrontation
a pour objectif de faire produire et/ou dinstaller de manière
pertinente ces réactions ou des créations déjà
existantes dans ces lieux. A la fois sensible à lhistoire,
à la valeur dun lieu, en même temps personne capable
dinnovation, de transformation, dagir sur ce lieu, lartiste
peut être linstigateur dun regard différent quil
communique au public, transfigure un lieu pour le placer dans un nouveau
champs de réflexion.
Lensemble des expériences artistiques proposées formeront
un réseau de lieux répartis sur lensemble du territoire
à faire découvrir, redécouvrir, envisagé...
Ce réseau de lieux devra à la fois donner à voir
la diversité et la richesse dun territoire, dun site,
les résonances et dissonances perceptibles entre les lieux et avec
les espaces qui leurs sont périphériques, mais aussi son
ampleur, la manière dont il sinscrit dans une globalité
spatiale plus large.
La dimension du réseau déterminera en partie la manière
dont seront reliés ces points dans lespace en sachant que
les possibilités de parcours piétons seront toujours recherchées,
étant les plus à même de donner à voir et ressentir
des lieux et un territoire. Lorsque la taille du site choisi limite les
parcours piétons, il pourra être envisagé dautres
moyens de liaisons, de types : systèmes cycles-piétons,
bus-piétons, bus-cycles... Le spectateur sera ainsi invité
à déambuler dans lensemble du site au gré de
créations, de spectacles vivants, dexpositions et de projections
cinématographiques.
Pendant deux jours, investir un réseau de lieux proches entre lesquels
le piéton peut circuler en promenade culturelle
- un réseau de lieux proches « fixe » identifiant
le territoire, écoles, bastides , balcon sur la ville
- Une déambulation culturelle, circulation dans des parcours
ponctués dactivités « festives » (pt
de vue), au fil de leau...
Cartographie des lieux scéniques : la cartographie comme
mise en scène du territoire. la carte est lobjet de mise
à distance, médiation nécessaire entre lespace
réel de la manifestation et celui des représentations
La démarche
Par les différents médiums artistiques et scientifiques
:
débats, exclure la frontalité : insérer dans la démarche
de lasso Arènes : favoriser des arènes locales : créer
questionner les spectateurs, les positionner en tant quacteurs de
leur devenir, du territoire
Travailler sur lintimité du lieu, associer les habitants
au développement de leur quartier : habitants
complices du festival : notion dintimité et de nostalgie
(spécifiquement sur Ste Marthe : à déjà été
entraperçu lors de lélaboration de la cartographie
participative pour linventaire patrimonial et paysager)
Faire travailler des jeunes artistes locaux : favoriser lémergence
dartistes nouveaux : il existe peu de scène pour ce genre
de démarche : sintéresse en particulier au lieu périphérique,
marginaux, en marge de la ville : sintéresser aux artistes
qui ne font pas partie de la notabilité centrale classique.
Comité de sélection
enregistrant les candidatures afin délaborer une architecture
artistique et spatiale du festival cohérente et respectant les
principes de diversité et en lien avec le site.
- Interpellation dartistes et/ou de groupements
artistiques régionaux (voir nationaux) :
- présentation des objectifs et des attentes du festival.
- Visite du site avec artistes proposition dun lieu
dexposition de la production artistique prévue ou à
créer.
- Comité composé dhabitants (noyaux villageois
et grands ensembles de logements sociaux) et associations partenaires,
1 architecte-urbaniste, 1 paysagiste, 1 art plastique, 1 théâtre,
1 danse, 1 musique, 1 sociologue, 1 élu (mairie de secteur),
1 cinéma,
- Léquipe
- Le projet de Festival de lArt des Lieux, est né de
lexpérience dARENES, et des réflexions menées
avec les Organisateurs
- Léquipe dARENES
- Organik 2
- Caroline
- LAMIEU
Pour lannée 2002 :
Les hauts de Ste Marthe
Pourquoi : urgence de la démarche :
sera laissé à lurbanisation « sauvage »
si rien nest fait : nécessité dinterpeller lensemble
des acteurs sur la richesse patrimoniale de ces lieux, référant
à lhistoire de Marseille, et de la Méditerranée,
sur les enjeux urbains et sociaux qui y sont connectés.
Lien avec le concours didée sur un projet urbain
Méthodologie :
Mobilisation habitante :
Spécifité du lieu de Ste Marthe : notion dintimité
et de nostalgie (spécifiquement sur Ste Marthe : à déjà
été entraperçu lors de lélaboration
de la cartographie participative pour linventaire patrimonial et
paysager)
Habitants complices du festival
Habitants des noyaux villageois déjà associés et
partenaires du projet : insérer dans un collectif de réflexion
depuis plus dun an.
Elargir ce travail à lensemble des écoles et centres
sociaux (qui dit enfants, dit parents) : visite guidée et pédagogique
du site (Cf. fiche fondation de France) avec production de cartes, dessin,
textes... qui seront présentés lors du festival .
ARENES a déjà effectué ce travail : visite
réalisée avec le centre aéré des Flamands
(ensemble de logements sociaux à proximité).
Associé association socio-culturelle en leur proposant lieu
dexpression (Hip-hop, rap, cultures et traditions africaines et
asiatiques) dans le festival :
Objectifs :
- de découverte de ce lieu à proximité et de favoriser
son appropriation
- déchange et dinterconnaissance avec les autres
habitants du quartier et culture, histoire et patrimoine marseillais.
Mobilisation artistique :
Avec qui :
Thème abordés
Théâtre
En Famille sur la friche Mirabilis, Organik II
Aménagement Concerté :
Compagnie de la Minoterie : Guy Robert 04 91 90 07 94
Lecture de « Mariez les morts » de Nicole Albertini au Clos
des Roses
Performances dIlotopie, (contact Tam tam)
Danse
Lieux publics
Musique
La chorale de Guillaume à lEglise
Association Heart Color Music (les cèdres) 491706791
Body and Soul (danse Hip-hop)
Un jour, les Gomoks au Parc Montgolfier ?
Association ADCOMEAN (les flamands) 491672020
RaspigaouCinéma et photo :
Projection cinéma dans la cour du CAQ rue Berthelot
Main Basse sur la Ville
LArbre le Maire et la Médiathèque
Yol
Documentaires :
Au nom de lurgence, Les Bastides marseillaises, Média2
Exposition de photos :
au CIQ de Sainte Marthe, à la Poste à lécole
de Tour Sainte
Patrimoine et paysage :
Portes ouvertes au Château Ricard ?
Conférences au Vallon Giraudy
Production des enfants des centres aérés
emmenés en promenade par centre aéré et écoles
:
dessins, maquettes sur les thèmes de leau des bastides...
support des rencontres conférences...
Parcours de découverte :
mise en perspective déléments paysagers :
disposer tout au long du cheminement des cadres et des fenêtres
mettant en perspective les éléments de points de vues et
des paysages (details darchitectures, plongée / contre-plongée...)
Partenaires financiers
La Mazenode
DRAC
RicardPartenaires organisationnels
Association Caroline
Ecole Busserine
CIQ Ste Marthe
AMIEU
Partenaires artistiques
Body and Soul (danse Hip-hop)
Association Heart Color Music (les cèdres)
(cultures urbaines : danse, graff et contes) 491706791
Association ADCOMEAN (les flamands)
accord dirigeants à avoir après envoi 491672020
Partenaires locaux
MFA
CIQ Ste Marthe
CIQ St Joseph
CIQ Baume Loubière
Droits et devoirs : Faouzi Grami
Schebba
CIQ du Merlan
ASSENEMCE
Asso locataires la Benausse
Asso locataires de la BusserinePartenariats
Alta Rocca Théâtre : Nora et Stéphan Boublil 04 91
62 67 42
Partenaire potentiels à confirmer
Nous sommes une association dont lun des objets sociaux est la
sensibilisation à lenvironnement, notamment urbain.
Depuis un an et demi, nous travaillons sur le territoire des Hauts de
Ste Marthe avec un collectif dassociations, regroupant des professionnels
en aménagement et paysage et des habitants. Un inventaire patrimonial
et paysager a été ainsi réalisé qui montre
à la fois la richesse de ce site, mais aussi son abandon progressif.
De même, cette espace, pourtant proche de la ville, reste très
peu connu et pratiqué par les populations alentours.
Ladoption en décembre 2000 du nouveau POS sur les Hauts de
Ste Marthe a donné lieu à des discussions passionnées
qui ont fait émergé différentes ambitions pour ce
territoire, autour de son urbanisation possible, de ses qualités
paysagères et patrimoniales, du cadre de vie quil peut offrir.
La nécessité de donner un avenir à ce site laissé
à l'abandon au bord de la ville est aujourdhui reconnue par
lensemble des acteurs. Après avoir mené un diagnostic
participatif du territoire, notre collectif de réflexion propose
de passer à une phase de projet, qui puisse donner une cohérence
aux actions daménagements privés et publics, et qui
garantisse un développement durable à ce quartier.
Notre association était impliquée au départ par une
étude sur la population de Ste Marthe. Ses habitant s'étaient
mobilisées fin 1998 autour du CIQ face à la révision
du POS qui ne tenait pas compte des richesses du territoire de Ste Marthe
dans ses nouvelles propositions. Les habitants ont ainsi élaboré
un contre projet qui intègre d'avantage les potentialités
de cet espace. Ce collectif dhabitants a sollicité ARENES
pour les accompagner dans la production de leurs paroles contre le POS.
Notre rôle ici n'était pas de prendre partie pour un bord
ou un autre mais de donner les moyens du débat à des personnes
qui en avaient la volonté.
Cette démarche n'a pourtant pas abouti puisque la contre proposition
a été refusée en juillet 2000, le POS ayant été
voté tel quel.
Cependant, prenant la mesure de la dimension politique du projet de révision
du POS et des affrontements quil génère, plusieurs
acteurs associatifs souhaitent se concentrer sur la traduction technique
des aspirations sociales, et sur la vision à long terme du quartier,
amené de façon inéluctable à évoluer
dans le sens dune intégration urbaine quil faut à
tout prix réussir. De façon informelle, un petit groupe
dassociations (voir partenaires) se réunit à partir
de juin 2000 jusqu'à maintenant, et envisage les voies dun
urbanisme alternatif intégrant les aspirations des populations
locales dans le sens dune appropriation sociale des espaces remarquables.
Le projet s'inscrit dans une démarche volontariste d'ouverture
et de partage des espaces des hauts de Sainte Marthe, aujourd'hui en retrait
de la ville, envers les populations urbaines des grands ensembles des
quartiers Nord. Si la distance spatiale entre ces lieux est faible, en
revanche il existe une distance "sociale" et des barrières
à la fois physiques et mentales qui cachent un "haut-lieu"
de nature dans la ville, et le ferment de fait à ceux qui en ont
le plus besoin.
Cette volonté d'ouverture et de partage correspond à la
fois aux souhaits des habitants actuels du quartier, qui cherchent à
fonder l'utilité sociale de ces lieux, et au souhait des institutions
voulant désenclaver et réhabiliter les quartiers Nord de
Marseille. Enfin, les populations de ces quartiers s'organisent, par le
biais d'associations locales, pour porter cette aspiration à un
meilleur environnement urbain, notamment dans le cadre des projets d'ouvertures
de nouvelles voies dans le secteur (concertation sur la L2 Nord en cours).
Le projet s'appuiera sur cette dynamique associative issue des grands
ensembles et aspirant à la revalorisation de quartiers fortement
défavorisés.
Un environnement campagnard et patrimonial
Le quartier de Sainte Marthe, dans le 14ème arrondissement, domine
le site de Marseille et offre une vue densemble sur la ville et
la mer. Cest un des rares endroits de Marseille, avec Notre Dame
de la Garde et la Viste doù peut sappréhender
le rapport de la ville avec son site depuis les collines jusquà
la mer, mais cest le seul qui évoque de plus le savoir-vivre
urbain et méditerranéen des Marseillais. Irrigué
par des ruisseaux descendant du plateau de la Mûre, et plus tard
par le canal de Marseille, cest un paysage où leau
est très présente, et qui a permis le développement
dune fonction résidentielle et dune activité
agricole concomitante.
Les nombreuses bastides attestent de la tradition de villégiature
des classes aisées dans cette zone, tandis que les fermes attenantes
témoignent dune activité productive qui marque encore
fortement lespace, maintenant une identité champêtre
en bordure de la ville. Aujourdhui, ce terroir des bastides et des
fermes, ou pour mieux dire des « campagnes » marseillaises
na pas été totalement transformé par lurbanisme
des années 60 et 70. Peu entretenu, ce patrimoine à la fois
culturel et naturel de Marseille reste à lécart de
lensemble de la ville et de ses habitants, à lexception
de la ferme pédagogique gérée par la municipalité,
et ouverte aux écoles.
Des quartiers à forte densité dhabitat social
Par ailleurs Sainte Marthe est entouré de quartiers à lhabitat
plus dense, où les espaces verts sont relativement rares. Il sagit
notamment de la Z.U.P. n°1 et des grands ensembles dhabitation
du Merlan et de Saint Joseph. Si certaines cités ont été
réhabilitées, louverture de ces quartiers sur un véritable
environnement urbain est loin dêtre réalisé,
et ne concerne que lespace public de proximité à lintérieur
des cités elles-mêmes.
Or on peut aujourdhui envisager une rénovation plus globale
de ces quartiers, autour du projet de bouclement de la rocade Nord de
Marseille (L2) notamment. cest loccasion pour de nombreux
acteurs (Ville, GPV, associations,
) de réfléchir
à ce que pourrait être un urbanisme alternatif à la
situation actuelle et aux risques denfermement quelle génère.
Cest vers tous les acteurs et usagers potentiels de ce territoire
que le projet doit être orienté, pour quils sinspirent
du patrimoine existant et voisin, et quils lintègrent
dans leurs réflexions.
Une interface ville-nature à recomposer
Lorganisation du territoire par les bastides et les fermes a toujours
constitué une interface mi-urbaine, mi-rurale entre la ville dense
et les massifs naturels qui lentourent mais basée sur lappropriation
privée de lespace impliquant une certaine fermeture. Elle
a aussi le plus souvent préfiguré par ses tracés
la forme de lespace urbain futur et préparé une urbanisation
« spontanée » (division parcellaire, importance du
bâti, réseau viaire foisonnant,
).
Sil est logique que Ste Marthe suive aujourdhui le même
chemin, limportance de lensemble concerné et le fait
quil vienne buter sur le piémont du massif sont des données
qui doivent être prises en compte dans un parti global préservant
la relation ville-nature et laccessibilité à lespace
naturel. Par ailleurs, Ste Marthe a des atouts et des faiblesses.
Les atouts ont été vus il faut leur ajouter la proximité
du centre et de la sortie de Marseille - mais les faiblesses concernent
la fragilité des caractéristiques naturelles de son site.
Si au sud de la ville, le piémont est un ubac frais et humide qui
a permis à lurbanisation de profiter dun cadre naturel
attractif (cf. le Roy dEspagne et bien dautres programmes
résidentiels) sans avoir à le produire ou à sen
soucier, le piémont de lEtoile est un adret abrité
mais sujet à la sécheresse qui exige une certain souci de
gestion.Les personnes qui sont ciblées par ce projet sont lensemble
des habitants qui seraient susceptibles dutiliser cet espace dans
lavenir, cest à dire approximativement 40 000 personnes.
Ces personnes peuvent autant provenir des noyaux villageois alentours
constitués de petits immeubles et maisons que des grandes barres
dimmeubles établies dans la ZUP n°1 (Les Flamands, Picon-Busserine),
et à lextérieur (La Simiane, La Paternelle, Le Castellas),
limitrophes à notre territoire dactions. Si les premiers
seront largement informés par les associations dhabitants
déjà en place au sein du collectif, les seconds devront
être atteints par le tissu associatif et par les établissements
denseignement public installés dans ces quartiers en difficulté.
Ainsi, seront associées au projet des structures comme la maison
des familles et des associations, qui regroupe une partie des associations
du quartier de la ZUP n°1, lassociation de femmes Schebba, ainsi
que les établissements publics telles les écoles de la Busserine,
du Canet-Larousse, de Font Vert, et les collèges Clair Soleil et
Pythéas, installés au cur de ces grands ensembles
et directement en contact avec la population. Les directeurs de ces structures
seront informés par courrier de nos propositions dateliers
- visites thématiques. Par téléphone ensuite, il
sera convenu des modalités de partenariat et des choix des groupes
dadultes et de scolaires les plus pertinents pour être touchés
par ces actions. On pense en particulier aux classes ayant suivi des sensibilisations
à lenvironnement ou sintéressant à lhistoire
de Marseille. Mais il peut aussi sagir de personnes ou de familles
ayant formalisé des désirs dagriculture, néo-urbains
à la recherche de leurs racines rurales, ou bien revendiquant une
amélioration de leur cadre de vie, comme par exemple des personnes
impliquées dans les processus de concertation lancés pour
la construction de la L2 Nord.
Le quartier de Sainte Marthe, dans le 14ème arrondissement de Marseille,
occupe le piémont sud du Massif de lEtoile, précisément
le contrefort du plateau de la Mûre, qui domine la ville. C'est
un des rares endroits de Marseille, avec Notre Dame de la Garde et la
Viste d'où peut s'appréhender le rapport de la ville avec
son site depuis les collines jusqu'à la mer.
Point de vue, espace vert, quartier retranché, ce territoire est
en marge de la ville, alors même quil se trouve au cur
de ses extensions les plus récentes, proche des grands réseaux
de communication, et des centres urbains, et même desservi par le
chemin de fer Marseille Aix en Provence...
Une situation qui en fait une opportunité
daménagement urbain exceptionnelle.
Or la logique dune simple ouverture à lurbanisation
de ce secteur, compte tenu des schémas actuels de la promotion
immobilière, fait peu de cas des qualités du site et de
lhistoire qui a produit ces qualités, autour dun système
territorial original, associant la villégiature bourgeoise, lactivité
agricole et léconomie urbaine. Cest le dernier espace
qui témoigne par son patrimoine et son paysage du savoir-vivre
méditerranéen des Marseillais.
Prenant la mesure de la gestion inefficace du territoire, et des affrontements
que génère le projet de révision du Plan doccupation
des sols sur la zone, un collectif dassociations regroupant des
professionnels de laction sociale et territoriale sest formé
en juin 2000. Il se concentre sur la traduction technique des aspirations
qui sont projetées sur le quartier de Ste Marthe : la prise en
compte de ses espaces écologiques et patrimoniaux remarquables,
la volonté daccroître loffre de logements, et
le besoin daccès aux espaces verts de la population environnante.
Il sagit donc de réfléchir à une intégration
urbaine maîtrisée sur ce quartier, cest à dire
à mettre en place un cadre daménagement qui tienne
compte des potentialités paysagères et patrimoniales du
site, non dans un but conservateur, mais en cherchant à les projeter
au travers dune réappropriation territoriale et sociale.
Le collectif se place dans une perspective de projet, seule capable dassurer
une cohérence sur un territoire aussi vaste.
Le collectif recouvre lensemble du spectre des compétences
paysagères, daménagement, écologiques, patrimoniales,
sociologiques et sociales nécessaires à un tel projet :
Dans la perspective du projet, un inventaire patrimonial et paysager du
site a été lancé en janvier 2001 par le collectif.
Ce travail sappuie sur une démarche déchange
dinformation, de visites de terrains et danalyses en équipe.
Il sappuie en partie sur des travaux antérieurs, mais sattache
à la précision des éléments répertoriés,
garantie par le croi sement des informations, et la vérification
sur le terrain sil y a lieu. Le travail présenté ici
est le fruit de cette collaboration, transposé sous forme de cartes
analytiques et de photos s illustrant.
Cet inventaire a également pour objectif dinformer et de
faire connaître aux acteurs publics les richesses du site afin quune
étude paysagère et patrimoniale plus poussée soit
menée, qui pourrait alors servir de document de base encadrant
laménagement futur.
Ce patrimoine est aujourdhui un atout considérable pour un
équilibre urbain, et le maintien dune qualité de vie
en ville à Marseille. Par le système dirrigation,
les aménagements panoramiques, les espaces disponibles, les éléments
architecturaux privés et publics, et enfin le réseau boisé,
les éléments sont en place pour repenser le quartier autour
dune vocation dagrément pour lensemble des Marseillais.
Cette opportunité est dautant plus importante à saisir
que les quartiers Nord de Marseille ne disposent pas d'espaces verts comparables
au sud de la ville (le jardin Borély, la campagne Pastré
et les plages du Prado), en qualité comme en quantité. Une
nouvelle urbanisation ne peut donc être pensée sans un effort
prépondérant pour la création de nouveaux espaces
verts, sous forme de réseau ou dun grand parc.
Cette réouverture du secteur, par un aménagement contrôlé
autour de la trame verte existante et des éléments de patrimoine
à protéger, est une occasion qui ne se représentera
pas daméliorer profondément léquilibre
social et les conditions de logement et de vie dans les quartiers Nord
de Marseille.
Cet objectif doit sinsérer dans une démarche de collaboration
avec les services techniques et les élus en charge de laménagement
de cette zone. Linventaire est à ce titre une contribution
à la réflexion de lensemble des acteurs, sans distinction.
Bibliographie indicative :
Architecture et dramaturgie
(collectif dauteurs : Barsacq, Bayer, Boll, Jouvet, Le Corbusier,
Sonrel, Souriau, Villiers), Flammarion, Paris 1950. Edition daujourdhui,
Les introuvables, Plan de la tour, 1980 ; Lespace en scène,
Librairie Théâtrale, Paris, 1993
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