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Stéphane
Landais
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Un
lieu intermédiaire à Rouen ? |
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Réflexion autour dun projet culturel, urbain et architectural. (Travail personnel de fin détude effectué à lécole darchitecture de Normandie à Rouen en septembre 2000) Cest avec le soucis de trouver une solution pour la requalification des espaces urbain en friche que jai orienté mon travail de fin détude autour de lidée que lartiste et plus largement une action culturelle pouvait déclencher un processus de réappropriation dun morceau de ville délaissée. En appuyant mon analyse sur des expériences et des lieux existant comme le Confort Moderne à Poitiers, La Belle de Mai à Marseille et LUsine à Genève, jai essayé de confronté ce contexte " global " à une situation locale, en loccurrence un site portuaire de Rouen. Parallèlement à mes recherches, une association rouennaise, Charivari, et son festival les INDEX (festival des musiques actuelles et des éditions indépendantes), souhaite questionner les nouveaux territoires de lart ou comment sortir des sentiers battus en termes de propositions et diffusions artistiques. Ainsi en intitulant la 4ème édition du festival " FRONTIERES ", lassociation propose dorganiser un débat public dans le site des docks et entrepôts de Rouen autour du thème : " Lart, la marge, la limite ". Cette situation concrète ma donc permis dapprofondir mon propos en me confrontant physiquement au lieu et non simplement par des plans, coupes, façades, puisque lassociation mavait confié la scénographie du lieu pour accueillir le séminaire. Une aubaine pour moi puisque ma réflexion mavait amené au fait quune réhabilitation du site nétait possible quen provoquant dans un premier temps des actions in situ (ouverture au public, intervention artistique...) afin de dévoilé le potentiel spatial du lieu aux habitants du quartier, aux acteurs culturels voir économiques de la cité ainsi quaux élus locaux, des actions qui, dans un deuxième temps, pouvait réellement légitimer un programme de réhabilitation qui sappuierait sur lobservation des nouvelles pratiques du lieu déjà existant. En effet lidée dun lieu intermédiaire était là, à un moment donné où lon questionne collectivement et démocratiquement un lieu, un cadre de vie et des pratiques et que finalement un projet de requalification sinscrit dans le temps au même rythme que lévolution des idée et des besoins, en somme de lévolution sociale. Evidemment cela nécessite de lénergie, du temps et de lengagement car il est en effet plus difficile damorcer un processus qui implique une démarche participative, des prises de risque, où le résultat nest pas immédiat mais sinscrit dans la durée, plutôt que de sappuyer sur un modèle existant testé et reconnu qui sappliquerait dans nimporte quel cas de figure pour navoir plus quà régler des contraintes matérielles et économiques. Mon travail personnel de fin détude cest arrêté à ce stade du processus, après cette 1ère action in situ (le séminaire) car je ne pouvais pas engager un travail de diplôme sur des années. Jai donc rendu compte de mon analyse sous la forme dun mémoire écrit et dune vidéo qui retrace lexpérience vécue pour ainsi inscrire ma réflexion dans un processus évolutif et non comme un produit fini, pesé et emballé ! Cette démarche ma dailleurs valu une sanction au sein de lécole darchitecture : où est le projet à construire ?
" Dans le domaine de la construction, le processus reliant prévision, programmation, fabrication et usage, ne sinscrit plus dans une simple logique de fonctionnalité ni dans un temps linéaire. De nouvelles stratégies se profilent qui oscillent entre une régularité fixe et une régularité ouverte, entre un état stable et un état dynamique, ou encore entre une définition formelle et une définition informelle. " Finn Geipel, in les cahiers de la recherche architecturale n°42-43 : " construire lespace diatope " Aujourdhui, laction menée dans les docks de Rouen en septembre 2000 na vu émerger aucune proposition :projet avorté ! Lassociation à linitiative du projet cest dailleurs vu sucrer ses subventions suite au changement de municipalité en mars 2001. A qui la faute ? Le séminaire cest déroulé dans la plus stricte intimité des milieux autorisés, DRAC, élus locaux, artistes (très peu), sociologues, gens du quartier (pas du tout), journalistes... Deux jours de discussion qui ont servi à dire : " ce serait bien si... " Faute de conviction ou dengagement politique de la part des acteurs culturels et des artistes, manque de proposition quant à la manière dont lart peut trouver sa place dans la cité, faute de volonté de la part des élus locaux, manque de communication ? Il savère peut-être que la légitimité dun tel lieu à Rouen na pas raison dêtre. Je suis convaincu aujourdhui, suite à cette expérience, que la construction spatiale et sociale de la cité ne peut seffectuer quen construisant et en inventant avec les habitants dune ville ou dun quartier, les élus, les acteurs culturels et les artistes, un partenariat ou des nouvelles formes déchanges qui inclus les citoyens en tant quacteurs-penseurs et non simplement comme des électeurs ou des publics. Cest en provoquant de véritables relations artistes/citoyens pour engager une réflexion collective, que lart affirmera sa fonction sociale. Et ce nest pas en créant une nouvelle structure type, labelisée " lieu intermédiaire ", reproductible dans toutes les villes, que nous glisseront vers une démocratisation de la culture. " Aujourdhui, être " entre deux " reste une sorte de position, un mode dêtre qui correspond à beaucoup de situations sociales dans le monde. Il ne sagit pas seulement dart, mais dun phénomène plus profond, et beaucoup de gens, heureusement ou malheureusement, doivent être " entre deux ", à un moment où personne ne peut saisir un état stable du monde social, économique, politique. " Tadashi Kawamata
Rouen le 11 février 2002 Stéphane Landais Comédien-échafaudeur du cercle de la litot
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