El Warsha Thatre
Hassan el Geretly
29 Road 17/ Orabi flat 7
Maadi, le Caire
Egypte
Tel :202. 395 92 86
Fax : 202. 335 14 81
Email : hgeretly@hotmail.com
Article in
Cassandre N°43
Septembre/octobre 2002
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En 1987 Hassan El Gueretly fonde au Caire avec quelques personnes, acteurs,
auteurs, scénographe , la compagnie indépendante El Warsha,
qui veut dire lAtelier.
Lactivité dEl-Warsha commence en septembre 1987 avec
deux pièces: Le pupille veut devenir tuteur de Peter Handke et
Le réveil de Dario Fo et Franca Rame. Cette double création
fut reprise au début de lannée 1988 puis lors du premier
Festival de Théâtre Expérimental du Caire en septembre.
En mars 1988, El-Warsha présente deux pièces de Harold Pinter,
Le monte-charge et Lamant, suivies dune adaptation dune
nouvelle de Franz Kafka, La colonie pénitentière, présentée
à la deuxième édition du Festival du Théâtre
Expérimental du Caire.
El-Warsha est un groupe né dune rencontre autour dune
intuition et démotions communes. Ses membres, constitués
de professionnels, dautres qui désirent lêtre
et de ceux qui ne le souhaitent pas, travaillent dans un esprit de groupe,
liés par le plaisir de chercher au-delà de lhorizon,
des sphères détonnement.
Dans Le réveil, nous sommes partis à la quête des
racines du jeu populaire et dun théâtre à tendance
sociale sans slogans. Dans Le pupille veut devenir tuteur, nous avons
essayé, avec ce mimodrame, de révéler le décalage
entre les messages transmis par le mouvement, le rythme et la scénographie
et ceux transmis par le texte, et de montrer quun texte est vivant
dans la mesure où il prend en compte toutes les autres composantes
de lacte théâtral.
Avec Harold Pinter, que nous avons joué en dialectal, il sagissait
de forger un langage concis qui donnerait lieu à une énergie
dramatique provenant justement de léconomie de mots qui dissimule
les émotions et la violence latente des personnages derrière
les masques du quotidien.
Quand en 1989, avec la pièce intitulée Dayer Maydour, nous
avons égyptiannisé les différentes pièces
dUbu dAlfred Jarry, ce fut sans contrainte aucune, sentiment
de liberté que nous navions pas éprouvé auparavant.
Cétait comme si nous bâtissions notre propre lieu de
prière sur un terrain vénéré par dautres
qui nous auraient précédés.
La matière populaire contenue dans le spectacle créa une
intimité avec le public; elle rejoignait en quelque sorte lesprit
de Jarry, populaire et frondeur. Cest alors ainsi que débuta
la contribution des joueurs dombres. Par la suite, une réécriture
de la pièce sest imposée, imprégnée
de lâme des sketchs du théâtres dombres
et de son esthétique. On aboutit à Dayeren Dayer en 1990,
présenté à lOpéra du Caire, aux festivals
dAvignon, de Carthage, de Zurich, du Caire et dAmman.
Les deux ans durant lesquels Dayeren Dayer se métamorphosait nous
ont aidés à comprendre que la structure logique - réaliste
ou surréaliste - rabougrit le potentiel de limaginaire. Sur
ce, apparurent les fragments (en 1993) de ce qui sera Ghazir el-Leil (Torrents
de nuit), fruit dune longue initiation à lart populaire
de conter avec sa perspective multiple et sa relation différente
avec le public, remplaçant le rapport unilatéral linéaire
entre comédiens et spectateurs, conte et texte dramatique, scène
et salle par des rapports provenant de la logique libératrice de
la fantaisie. Doù la naissance dune structure théâtrale
embrassant le rythme des émotions.
Nous avons présenté Ghazir el-Leil (Torrents de nuit) dans
un théâtre dabord et par la suite sous un dais cérémonial
modulable selon les besoins de chaque spectacle et qui nous permet de
tourner. La pièce fut également présentée
à Zurich, Rabat, Casablanca, Beirut, Amman, Paris, Göteborg,
Londres et Washington.
Parallèlement, nous avons continué à jouer Layali
El-Warsha que nous avions commencé en racontant des contes populaires
en 1992. Ces nuits ont été présentées au Caire,
à Alexandrie, Port Saïd, Beirut, Amman, Paris, Göteborg,
Londres et Washington. Aujourdhui elles contiennent des sketchs
de théâtre dombres et de Aragoz (marionnettes à
gaine), des chansons de music-hall, des luttes au bâton, de la musique
populaire, arts que nos acteurs apprennent des maîtres traditionnels.
En 1994, nous avons fini le montage de Mouled El-Sayyeda Aïsha, documentaire
sur la Fête de Sainte Aïsha, produit avec la complicité
des habitants de Sayyeda Aïsha qui organisent une procession carnavalesque,
unique en son caractère théâtral.
La même année, nous avons commencé à récolter
la matière de la Geste Hilalienne, auprès de ses derniers
bardes, et à nous entraîner à la réciter et
à la chanter dans nos Layali, en prévision dun spectacle
qui a eu sa première en Janvier 1998: Ghazl el-Amaar (Filage de
Vies). Ce spectacle fut presenté a Menya, Amman, Aqaba, Alexandrie,
au village de Om Doma (Sohag), à Mallawy (Menya) et représenta
l'Egypte au Festival Expérimental du Caire en 1998 ou il obtint
une Mention Spéciale du Jury. Par la suite, Filage de Vies fut
joué a Alep (Syrie), au village du Radiseyya (Edfu) et à
Belbeis (Sharqeyya) et à Iran.
Avec le développement de la troupe, nous avons commencé
également à échanger autour de nos préoccupations
artistiques avec dautres, lors de rencontres internationales et
sur les pages des Cahiers dEl-Warsha. Nous avons commencé
à chercher déventuels partenaires, et nous en avons
rencontrés à Mallawi, Menia, Port Saïd, Bangladesh,
Chypre, Suède, Angleterre, États-Unis et en Afrique du Sud.
Nous nous sommes jumelé avec la troupe jordanienne El-Fawanees
(Les Lanternes), avec laquelle nous organisons, depuis 1996, Les Journées
Théâtrales dAmman, Rencontre Internationale de Compagnies
Indépendantes.
À côté dun centre au Caire pour la formation
des acteurs aux arts populaires et aux techniques que nous avons développées
à la recherche dun théâtre qui nous reflète,
nous avons entamé en province plusieurs projets en collaboration
avec des artistes populaires, ce qui a permis à de jeunes artistes
de faire leur apprentissage dans le milieu qui a engendré ces arts.
Le premier de ces projets fut lEcole de Musique et des Arts du Bâton
à Mallawi. En 1996, nous avons crée un Centre de Formation
théâtrale pour les enfants axé sur limprovisation,
le théâtre d'ombres et le dessin animé par video.
Nous sommes en train de collaborer avec La Chorale de lAssociation
de Haute Égypte à la création d'Ecoles de Chant,
avec un programme détude comprenant les techniques que nous
avons élaborées pendant notre travail sur les arts populaires.
Il yeut une transition majeure dans notre pratique artistique: notre
préoccupation, depuis la fin de 1997, est avec le jeu de lacteur
en tant que processus faisant vivre sur scène des personnages issus
de nos vies et de notre imaginaire. Le voyage à travers les espaces
du conte, pendant les cinq années précédentes, nous
avait libérés des idées reçues du jeu naturaliste
et de notre héritage du 19ième siècle, fait de déclamation
et de techniques du boulevard.
La compagnie sest tournée vers une autre forme de tradition,
lesprit de la vie quotidienne, tel quil se joue dans le village
et la ville et comme nous lavons rencontré, aussi bien collectivement
quindividuellement, dans les graffitis, les inscriptions sur les
automobiles, dans les souvenirs, les rêves, les plaisanteries et
les films, dans les chansons que lon écoute dans les micro-bus
et dans notre expérience de vivre et de travailler ensemble dans
des contextes différents. Nous avons commencé à présenter
ce matériel lors de Nuits, que nous avons intitulées Plus
Tu Vis
.., dans une tentative de découvrir de nouvelles
formes de théâtre dans les espaces partagés entre
nous et notre public.
Septembre 2001
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Hassan el-Geretly
Hassan a terminé ses études de théâtre
et de littérature française à lUniversité
de Bristol au Royaume Uni. Il a travaillé pendant les dernières
25 années dans le domaine du théâtre et du cinéma,
dabord en France, puis en Égypte. En 1981 il a obtenu
de la Sorbonne un diplôme détudes supérieurs
en mise en scène audiovisuelle (cinéma, video, radio).
Hassan a travaillé comme acteur, puis assistant de mise en
scène, et enfin comme metteur en scène au Centre Dramatique
National du Limousin en France, où il a participé
à des spectacles de Shakespeare, Strindberg, Camus, Vitrac
et Brecht. Puis il a fondé là-bas la compagnie itinérante
Les Tréteaux de la Terre et du Vent, qui a tourné
dans le centre de la France entre 1975 et 1980. Les spectacles des
Tréteaux, dont les textes étaient écrits par
les membres du groupe, traîtaient de sujets liés à
la culture, lhistoire, léconomie et la langue
du Limousin. Les activités de Hassan ont aussi touché
à la relation entre théâtre et éducation
et comprenaient des tournées en Égypte et dans le
monde arabe, un projet de théâtre avec les paysans
dans le département de Béhéra et une coproduction
franco-égyptienne de Phèdre au Théâtre
National au Caire.
En 1982, Hassan est rentré en Égypte. Il a été
engagé comme metteur en scène dans un des théâtres
de lÉtat, ensuite il a assisté le cinéaste
Youssef Chahine dans Adieu, Bonaparte et Le sixième jour.
Il a également travaillé avec Youssry Nasrallah dans
Vols dété, qui a inauguré la Quinzaine
des réalisateurs au Festival de Cannes en 1988.
En 1987, Hassan a fondé la compagnie El-Warsha, qui a présenté
des uvres de Peter Handke, Dario Fo et Franca Rama, et Harold
Pinter. En 1988, El-Warsha a participé à Gilgamesh,
la première création égyptienne de Tanztheater.
Ensuite, El-Warsha a arabisé la trilogie dUbu dAlfred
Jarry et La colonie pénitentiaire de Franz Kafka, la dernière
présentée au deuxième Festival de Théâtre
Expérimental au Caire en 1989. Un remaniement de la trilogie
de Jarry a été présenté en 1990 et pendant
deux ans sous le titre de Dayeren Dayer. El-Warsha a participé
avec cette création aux festivals internationaux dAvignon
en 1990, de Zurich en 1991 et de Cartage en 1991.
Pendant cette periode, El-Warsha attirait par ses activités
un groupe croissant damateurs et de professionnels de théâtre
et de cinéma, qui partage le but de créer un nouveau
rapport entre le métier et le public malgré latmosphère
culturelle polarisée.
En 1988, Hassan fut nommé directeur du premier théâtre
expérimental au Caire. Le programme quil prévoyait,
corréspondait aux pratiques contemporaines de théâtre,
préconisant une formation qui permet aux acteurs de souvrir
sur le monde hors du théâtre à travers des spectacles
tirés de notre vie, proposant ainsi un dialogue interculturel,
qui sappuie sur la spécificité.
En 1992, Hassan a démissionné pour se consacrer entièrement
au théâtre indépendent, comprenant que les institutions
résistent à tout changement véritable. Dès
lors, lactivité professionnelle de Hassan el-Geretly
sest identifiée avec le parcours de la compagnie esquissé
dans Le Trajet d El-Warsha.
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