Ecrit par
Claudine Dussollier
avec l’appui
de
Nabil Boutros
pour la traduction arabe - français
Et de
Ramez Farag
pour les éléments documentaires.

Janvier 2002

 
Portrait du Garage
Un centre culturel à Alexandrie

À ceux qui « conçoivent la culture ni comme un patrimoine (…) ;
ni comme un instrument de domination et de distinction (…)
mais comme un instrument de liberté. »
Pierre Bourdieu – Les règles de l’art -

 


 

 


 

 

 

 

L’espace Garage
aménagé par Tareq Abou El Fetouh
en 2000

Nombre de places = 160 assises
et 200 debout

Plateau modulable :

unités de 1,22x2,44 m.
qui permettent d’aménager
un plateau de 9 unités
en longueur x 3 unités
en profondeur maximum,
ce qui donne un plateau
de 11 x 7 mètres maximum.

Rapports scène/ salle,
et le plateau, permettent des spectacles
de contes, de théâtre, de danse,
et des conférences.

En revanche, les projections
ne sont pas très adaptées.
Adjacent à l’espace scénique,
le café culturel et des emplacements d’exposition
.
Actuellement, des spectacles sont programmés régulièrement
les jeudi et vendredi.

Le café culturel est ouvert tous les jours de 17h à 21h sauf le dimanche.

En été, le Garage se transforme en lieu d’accueil pour de nombreux enfants
et jeunes venant parfois
de Haute Egypte, faisant à Alexandrie
des camps de vacances.

Les différentes composantes
du Garage et de ses espaces d’accueil
et de représentation sont démontées
et prennent à leur façon leur quartier….d’hiver !.

Le Théâtre du Centre culturel,
bâti en même temps
et sur le même plan
que l’église voici 50 ans
dans l’enceinte du centre
culturel jésuite

.
Nombres de places = entre 180 et 356 places assises, debout 2OO
Plateau = 7x7m

Rapport scène / salle propice
à des concerts, des projections…

Salle peu favorable à des représentations
de spectacles de danse ou de théâtre

Cette salle de théâtre
est principalement utilisée pour
Le ciné-club le samedi soir

Et occasionnellement:
La chorale des enfants
Des spectacles de danse de bâtons
Des concerts de jazz
Des ateliers d’entraînement d’acteurs
Des conférences

Celle salle est aussi louée ou prêtée
à des organismes extérieurs,
notamment pour des fêtes,
et des conférences.

I – TOPOGRAPHIE, GENÈSE, CONTEXTE.

En découvrant le centre culturel et le Garage d’Alexandrie.

On accède au Garage par la Rue Port Saïd. On peut en apercevoir le bâtiment lorsque l’on parvient au coin de la rue du Couvent qui mène à la Corniche 300 mètres plus loin. Mais pour y pénétrer, il faut emprunter l’entrée du Centre jésuite dont la façade est jalonnée d’échoppes. Juste après celle du marchand de photographies spécialisé dans les mariages, on passe le porche. Et là, la première chose qui frappe, c’est l’église. Son entrée fait face au visiteur. Curieusement, la sensation imposante dure peu. Le regard balaye l’ensemble de la cour et un havre insolite se découvre. La « concession » du centre jésuite qui fut jadis étendue jusqu’à la Corniche, est structurée depuis 50 ans par une église et un théâtre de 356 places ( voir encadré), tous deux bâtis sur le même plan et reliés entre eux par deux plus petites entités, le couvent et une bibliothèque désormais incluse dans le Centre d’Etudes. Dans cette enceinte, à droite après le porche se trouve la deuxième bibliothèque de prêt de livres arabes. Un peu plus loin, derrière un fouillis d’arbres, se tient l’ancien hangar transformé en lieu culturel « Le Garage » depuis l’automne 2OOO.

Si l’on arrive entre septembre et juin on est presque sur de trouver le café culturel et la bibliothèque ouverts en soirée; en fin de semaine, on pourra rencontrer des artistes, voir des spectacles, participer à des discussion sous l’arbre de la cour, assister au ciné-club et débattre du film avec ses animateurs fervents de cinéma et un groupe de mordus de tous les âges. En une soirée, on fera déjà partie de ceux qui « fréquentent » le Garage depuis qu’ils l’ont découvert. On dira fréquenter, comme on fréquente un ami, ou bien une amoureuse. On peut le dire comme ceci, car flotte ici une atmosphère qui ne doit pas tant à la tradition jésuite qu’à la qualité de ce qui est offert et à la simplicité avec laquelle tout ce qui est fait est fait. Tant et si bien, qu’en peu de temps, le visiteur trouvera normal de passer d’un théâtre conventionnel pour la projection d’un film à une salle de spectacle conçue pour être modulable à des formes différentes de théâtre, de danse et de musique.

Il aura oublié l’église, mais il n’aura pas oublié Alexandrie, car ce lieu est un lieu pour les Alexandrins. Un lieu pour qu’ils se retrouvent et un lieu pour qu’ils y rencontrent des artistes venus d’ailleurs. Il a été voulu ainsi par Fayez Saad Attallah et Tareq Abou El Fetouh.

Plan du centre culturel et du Garage



Deux personnalités pour un projet en rupture.

Fayez Saad Attallah est un frère jésuite originaire de la ville d’Alexandrie (voir portrait en encadré). Rejoignant en 1999, le centre de la Compagnie de Jésus d’Alexandrie, après avoir passé 5 années à Minia en Haute Egypte, il cherche à son arrivée réanimer un centre culturel à Alexandrie et créer un courant artistique dont le pilier serait l’action théâtrale. Il souhaite mettre en œuvre « la rencontre libre de la jeune création dans le domaine du théâtre et des arts en général ». Ce carrefour se situe pour lui « en dehors des lieux imposés par les institutions pour permettre l’ouverture, la rencontre et l’échange d’expérience ».

Le centre jésuite d’Alexandrie s'était quelque peu assoupi ces deux dernières décennies. Fayez Saad Attallah relance tout de suite une activité de ciné-club en impliquant un groupe de jeunes alexandrins. Il veut développer une action culturelle ouverte et de qualité, conjuguant éveil artistique, formation, réflexion et rencontre avec le public.

En 2000, disposant dans l’enceinte du centre jésuite d’un hangar désaffecté, il pense pouvoir l'exploiter comme lieu de création. Il fait appel à Tareq Abou El Fetouh, scénographe et directeur du YATF (voir portrait) pour réfléchir avec lui à un projet pour le lieu qui serait complémentaire en terme d’équipement aux possibilités offertes par l’ancien théâtre. Ce dernier ne peut accueillir que des formes limitées de spectacles. Il ne correspond plus aux formes d’expression contemporaines, à la danse et au théâtre en particulier. Leur réflexion les conduit s’associer pour créer là un lieu artistique et culturel qui rompe avec les structures existantes en Egypte. Ce désir de rupture leur paraît nécessaire pour tenter de réveiller des possibilités d’expression et des curiosités trop étouffées.

Ils décident de réaménager le hangar désaffecté et d’en faire une salle modulable dont l’architecture intérieure et scénique permettrait d’accueillir des spectacles de danse et de théâtre aux scénographies variables. Le lieu sera aussi conçu pour recevoir des expositions, des ateliers, et surtout pour proposer un accueil et un rapport entre le plateau et les artistes à la fois intime, chaleureux et spacieux. C’est sur cette base que Tareq Abou El Fetouh concevra l’aménagement du Garage.(Voir fiche technique du garage et du théâtre ). Ainsi, en quelques semaines, cet espace ouvert sur la cour donnant elle même accès au théâtre et à la bibliothèque, constitue une structure culturelle modeste mais particulièrement cohérente, accueillante et polyvalente.

Pour lancer un signal fort en direction des artistes et du public et faire découvrir le lieu et le projet, ils imaginent un événement d’ouverture qui soit emblématique des axes du projet, de ses ressources et de ses ambitions. Ce sera l’événement « It’s Happening in the Garage » en Octobre 2000 qui rassemblera une trentaine d’artistes, des habitants, des étudiants, des responsables de structures, égyptiens et étrangers.

Cet événement fondateur tiendra ses promesses. Sur ces bases et depuis plus d’une année maintenant, le Garage du centre culturel jésuite ne cesse de mettre en œuvre de nouvelles propositions à un public alexandrin assoiffé de découvertes et d’ouvertures culturelles.

C’est également le début d’une coopération durable entre le YATF et le CCJ.Tareq Abou El Fetouh s’impliquera à partir de 2001 en tant que programmateur artistique et pourra présenter toutes les productions YATF dans ce « nouveau théâtre » .

Dans un contexte culturel égyptien
et alexandrin marginalisé


Dépositaire d’une grande partie de la mémoire de monde, l’Egypte fait rêver les occidentaux depuis Napoléon jusqu’aux touristes de masse. Parallèlement à l’engouement pour la connaissance de l’histoire et l’archéologie de la civilisation nilotique et pharaonique, Alexandrie a cultivé sa position particulière de riveraine de la Méditerranée aux portes du canal de Suez. Elle fut capitale culturelle à plusieurs moments de son histoire. Pendant le règne des Ptolémées bien sûr, mais également entre les deux guerres mondiales, avec un apogée autour de 1940. Elle fût par exemple le vrai berceau du cinéma égyptien et de son développement économique et populaire. Sa propre identité culturelle et son rapport aux étrangers, « el khawagatt », intégrés complètement à la vie urbaine, sociale et politique égyptienne, ont fait d’elle la ville-phare du cosmopolitisme heureux. Mais ces temps de l’ouverture au monde et du rayonnement se sont peu à peu effacés, et la flamme d’Alexandrie s’est éteinte doucement mais sûrement dans les années 1970. Seul les écrivains et les nostalgiques ont perpétué cette image mythique, à la fois réelle et trompeuse. Le Caire a absorbé et centralisé les forces vives en matière artistique, et surtout les moyens qui leur sont nécessaires pour s’épanouir.

Par le passé, les centres culturels étrangers ont eu un rôle important auprès d’une population, notamment celle des étudiants, demandeuse d’ouvertures et d’accès au monde étranger et à ses ressources.

Le panorama artistique et culturel égyptien ne peut être limité aux seules formes occidentales. Une large palette d’expressions artistiques fait la richesse du patrimoine égyptien, que ce soit dans le domaine musical, ou dans les traditions du conte, de la poésie, du chant, de l’épopée, du théâtre d’ombre, de la danse de bâtons,…. Toutefois, ces pratiques souvent populaires, parfois très anciennes, sont menacés par un ensemble de facteurs dont celui des nouvelles logiques économiques du secteur culturel qui pèse sur leurs conditions de diffusion et de transmission.

On ne peut pas parler en Egypte de politique culturelle globale pour plusieurs raisons. D’une part, le pays connaissant de sérieuses difficultés économiques ne consacre pas de budget significatif à la culture. Par ailleurs, le pays est très peu décentralisé. Au plan national, quelques institutions culturelles existent comme l’Opéra du Caire, et quelques théâtres dont le théâtre Hanneger qui est le principal support des jeunes compagnies de théâtre en Egypte. A côté, continue d’exister un théâtre privé, de qualité médiocre, qui a survécu malgré tout à la concurrence populaire exercée par le cinéma, puis bien sûr la télévision.

Ce contexte ne favorise pas l’existence d’un public pour des offres culturelles et artistiques contemporaines. C’est vrai dans le domaine des arts plastiques et de la danse contemporaine, mais aussi pour le théâtre et la musique.

Quelques compagnies indépendantes de théâtre et de musique parmi lesquelles la compagnie emblématique El Warsha, quelques artistes de danse contemporaine et de théâtre comme Karima Mansour ou bien Ahmed El Attar, quelques lieux nouveaux comme la galerie Town House au Caire, font leur chemin dans ce pays depuis quelques années. On ne peut pas parler d’un mouvement culturel, mais peut-être d’un début de renouveau artistique indépendant surtout ancré au Caire. Transformera t’il ses premiers succès ? Pourra t’il développer un public, de nouveaux artistes, dans les années qui viennent ?

Alexandrie, elle, est aujourd’hui une ville de près de 6 millions d’habitants. Elle connaît depuis peu un nouveau développement urbain, sous l’impulsion de son Gouverneur. Le projet désormais concrétisé de Grande Bibliothèque sur la Corniche joue un rôle important dans la nouvelle attractivité nationale et internationale d’Alexandrie. Toutefois, le risque est d’autant plus grand que ne se creuse encore davantage le fossé entre l’élite ayant accès à toutes les sources modernes d’information et de connaissance et la majorité de la population moins bien servie en matière éducative et culturelle.

Les quelques espaces alexandrins dévolus au théâtre ou aux expositions dépendent du Ministère de la Culture au Caire, ou bien d’initiatives privées. Ces équipements sont de toutes façon peu nombreux.

Alexandrie ayant vécu dans les années 80 et 90 « à l’écart », comme assoupie dans son passé prestigieux, sa vie culturelle s’est appauvrie. Quelques petits groupes d’artistes ont survécu mais repliés sur eux-mêmes, sans contact entre eux. Les cadres culturels ont disparu ou se sont isolés. Le refus de l’autre ou la méfiance se sont installés là ou existait auparavant l’ouverture et la curiosité. Les différences sociales se sont creusées au sein de la population. Parallèlement à la place grandissante prise par une culture de « centres commerciaux », le rôle des centres culturels étrangers s’est affaibli, tant par la réduction de leurs moyens propres, que par le vieillissement de leur approche et leurs publics trop souvent élitaires. Ces derniers passent le plus souvent à côté des 80% de jeunes alexandrins issus de la petite bourgeoisie qui constitueraient le cœur de cible d’une politique culturelle cohérente. Cette population en expansion a des rêves d’ailleurs plein la tête et peu de propositions pour les investir. L’alternative entre des divertissements superficiels et les replis cultuels, pour caricaturale qu’elle paraisse, est pourtant la principale perspective offerte à la jeunesse égyptienne.

Au plan artistique, si on tente situer d’Alexandrie, on peut dire que les arts plastiques sont encore vivants et présents. L’action poétique et littéraire repose essentiellement sur des initiatives personnelles. La vie cinématographique dépend des programmation des centres culturels étrangers, qui bien sûr favorisent chacun les productions de leur pays respectif. Le cinéma commercial propose des productions internationales…

L’action théâtrale est elle dans un immobilisme effectif proche de l’inexistence, mises à part quelques tentatives éparses, sans liens entre elles et sans soutien qui leur permettraient de s’éclairer, d’apprendre et de conquérir un public.

C’est dans ce contexte alexandrin, et après analyse, que le projet de la rénovation du centre culturel Jésuite et la création du Garage sont survenus.


II – Le CŒUR du PROJET

Le projet du Garage, un dessein à long terme !

Le théâtre, l’acteur et le spectateur.
On peut dire que le projet artistique et politique qui fait la colonne vertébrale de ce lieu passe par le théâtre. Ranimer l’art de la dramaturgie parce que c’est un art menacé de disparition est un des buts poursuivis par Fayez Saad Attallah, Tareq Abou El Fetouh, et auquel le metteur en scène Mahmoud Abou Doma est associé. Pour ce dernier, dirigeant une des rares troupes de théâtre d’Alexandrie El Masrah El badil, (le théâtre alternatif ndt) « Raviver l’art de l’acteur en soi parce que c’est un art exposé en voie de disparition. Malgré la présence de nombreux comédiens sur la place théâtrale, l’art du comédien dans sa définition même n’existe plus. Il ne reste plus que le mot de comédien creux et vidé de toutes les conditions liées à la nature de cet art. Ranimer cet art se fait par la formation, l’exercice, la préparation du comédien tant intérieure qu’extérieure. »

Mais ce projet n’est en rien passéiste ou académique. Il cherche sa prise dans la réalité contemporaine de la société alexandrine d’aujourd’hui et fait un pari pour son avenir.

« Il s’agit de prendre le couple comédien - spectateur comme l’axe essentiel du but du spectacle théâtral. La présence humaine vivante de l’acteur et du spectateur est l’essence même de cet axe du projet. En précisant que ce n’est pas le spectateur qui fait partie de l’élite qui est visé là, mais le spectateur ordinaire commun des mortels. C’est pour cela qu’il a été naturel de diriger le champs de travail vers les jeunes de tous les secteurs de la société : étudiants, scolaires, employés, petits ouvriers, enseignants, … et d’autres encore qui méconnaissent la réalité culturelle d’Alexandrie. »

Au Garage donc, on ne cherche pas à ébranler la tête des spectateurs, mais on se propose à travers la rencontre et la découverte des spectacles et des artistes de les secouer avec une « belle brusquerie » afin qu’ils ne s’abandonnent pas sur leurs sièges en acceptant tout ce qu’on leur montre. La tentative est de faire cesser le dictat pré-formaté que fait peser sur le public le statut des spectacles présentés.

L’ambition est de réaliser une version du théâtre pauvre de ses moyens matériels, mais riches de ses moyens artistiques et humains. Cette formule empruntant à la problématique politique et sociale serait une posture centrale de la troupe théâtrale vue par le Garage. Et ceci par le dialogue avec l’autre- le spectateur- au lieu d’en nier l’importance et de la méconnaître. C’est par le dialogue et la controverse bien sur que l’on peut faire converger les points de vue, mais c’est aussi par l’histoire, les légendes, l’héritage humain national et international, afin de créer un réel théâtral vivant au lieu d’un théâtre mort. »

L’homme et la ville
Le Garage est aussi un espace de pensée et de créativité conçu pour parler de l’homme et de son droit à la ville. « It’s Happening in the Garage » a été un moment particulièrement important pour placer dans le projet cette dimension là du projet. (voir encadré 5). Il a été prolongé par la tenue d’une première semaine dédiée à la Ville d’Alexandrie en février 2001 : « Alexandrie de mes pensées » qu’il est prévu de rendre annuelle. Cet axe est devenu vraiment central dans l’existence du lieu, car il relie organiquement les problématiques de l’identité pour les citoyens alexandrins.

Le Café Culturel apporte à cette espace de réflexion, une nouvelle dimension de convivialité et d’ouverture sur l’actualité et la connaissance du monde. Lieu de consultation de journaux, de lecture et de méditation, ouvert et contemporain, le Café Culturel se tient toutes les fins d’après midi jusqu’à 21heures. Il invite à la discussion et à la critique. La présence de la bibliothèque gratuite de prêt dans l’enceinte du centre à 30 mètres du Garage contribue elle aussi à enrichir celle palette d’atmosphères privilégiant la liberté de pensée, la recherche personnelle et collective.

Miser sur la formation de l’acteur
Créer un courant artistique nécessite de prendre en considération la complémentarité des éléments qui le constituent, les formulations variées pour dire les conditions faites au théâtre aujourd’hui en Egypte. Il est capital pour l’équipe du Centre Culturel Jésuite d’imaginer le cadre approprié pour remplir cette mission et susciter les potentialités. D’autant que l’évolution lente du théâtre part rapport aux autres arts provient en partie du fait qu’il est soumis à l’emprise du travail collectif, alors que les arts plastiques en particulier ne concernent que l’expérience personnelle des artistes. Le théâtre, lui, est un art qui compte sur le travail collectif où les différentes composantes du travail théâtral ont des buts contradictoires et des rêves entremêlés, rendant plus astreignante son évolution. En Egypte, la question de la formation du comédien n’a pas de vraie place dans le mouvement théâtral. Le Centre Culturel Jésuite en a fait lui une vraie priorité.

Depuis l’ouverture du lieu, la formation aux arts et techniques du théâtre a trouvé un premier rythme à travers un cycle de 6 workshops assurés en partie en partenariat avec le Centre de Formation du Théâtre Arabe et la troupe El Masrah El Badil, les artistes et formateurs étant étrangers pour la plupart. Les thèmes ont été principalement le travail d’acteur, la mise en espace et l’éclairage scénique, le travail de la voix et du masque, le théâtre d’ombre,…

L’enrichissement des apprentissages théoriques et pratiques de la formation reste prioritaire. Le souci est d’améliorer le relation entre formation et création au sein même du Garage et de contribuer à créer à Alexandrie de vraies perspectives professionnelles. Conférences culturelles associées à des rencontres artistiques libres, ateliers conduits sur de courtes durées, …, la réflexion se poursuit sur la nécessité de les combiner avec des ateliers longue durée qui transformeraient le centre culturel en vrai centre de formation dans les différents domaines artistiques.


La programmation et la relation aux artistes,
égyptiens et étrangers


« J’ai entendu dire du Garage que c’était un bon lieu. Lorsque j’ai demandé à y jouer en septembre dernier ce qui s’est concrétisé, j’ai vu qu’il avait un réel impact. Pour moi, c’est le propre d’un lieu et d’une manière d’y accueillir un artiste. Cette chose spécifique au Garage est une grande chose. Elle s’accompagne d’une efficacité technique et artistique ».

Georges Kazazian, musicien et compositeur.

Quelques principes guident l’équipe du Garage pour concevoir et animer la programmation.

Accueillir et soutenir
une compagnie de théâtre associée, El Masrah El Badil

La compagnie de théâtre de Mohamed Abou Douma « El Masrah El Badil » ( Groupe du théâtre parallèle, ou théâtre alternatif ) est en résidence depuis l’ouverture du lieu. Elle a réellement bénéficié de sa présence au Garage, son ouverture et son dynamisme s’en sont très positivement ressentis. La stabilité du travail a permis aux comédiens de constituer « une troupe » et de travailler un vrai répertoire. Les échanges d’expériences lui sont désormais devenus nécessaires. Son travail artistique s’ouvre à de nouvelles réflexions qui alimentent le débat sur l’évolution et le rôle du théâtre dans la société arabe et alexandrine en particulier. Aujourd’hui, trois approches du théâtre sont mises en œuvre : le théâtre véhicule d’une réalité sociale, le théâtre populaire et festif, et le théâtre expérimental, voire d’entraînement, qui produit des formes courtes (10minutes).

Etre un lieu d’appui aux jeunes compagnies et aux initiatives culturelles
L’ouverture aux jeunes compagnies et aux artistes semi professionnels d’Alexandrie pour dessiner régulièrement le paysage théâtral et artistique et le rendre lisible.

Si le club de musique n’a pas vraiment trouvé sa place malgré le travail de plusieurs groupes de musique et la venue de la chorale des enfants de haute Egypte, le ciné club lui, animé par une équipe très impliquée, connaît une super progression Son action pourrait se prolonger par en atelier de réalisation audiovisuelle.

Etablir un tempo
qui tiennent compte des rythmes de vie de la population.

Accueillir sur deux saisons, c’est à dire de septembre à janvier et de février à Avril

Pendant le Ramadan, faire du lieu un endroit de découvertes et de retrouvailles festives avec des artistes égyptiens, conteurs et musiciens en particulier, comme El Tamboura et El Warsha.

Programmer des spectacles de valeur sure et les nouvelles créations produites dans le monde arabe en partenariat ave le YATF et d’autres structures indépendantes. Inviter des artistes étrangers occidentaux et arabes pour des résidences associant formation et diffusion.

Proposer des rencontres avec personnalités et des artistes
ouvrant sur plusieurs horizons artistiques, philosophiques et politiques.


« Le Garage est un lieu qui répond à plusieurs questions qui se posent entre les artistes de différentes disciplines et nationalités.
- C’est quoi l’échange artistique et culturel?
- Comment créer des nouveaux rapports entre les différentes formes d’art?
- Comment présenter un travail à un public qui n’est pas nécessairement sensible aux idées et aux événements qui sont à la base d’une création?
En octobre 2000, pendant l’événement IT’S HAPPENING IN THE GARAGE, le spectacle ARCHIPEL a pris plusieurs dimensions arabes et internationales et ce à plusieurs niveaux : artistique, ,politiques, diffusion, etc… L’échange artistique dans le GARAGE a été une étape importante dans la création de nouvelle collaboration artistique dont la plus importante la création de la Cellule Internationale de Création avec le COLLECTIF 12. (la CIRC).
En absence d’autres lieux dans le monde arabe, le GARAGE est devenu, peut-être, un des seuls lieux de confrontation entre artistes arabes et internationales.
»

Essam Bou Khaled – Metteur en scène Groupe Shams Liban

Les moyens, l’organisation, les partenariats.

Développer des compétences
et constituer des équipes professionnelles

Le Centre Culturel Jésuite (Garage) a du générer sa propre équipe, contribuant en partie à former les personnes car il n’existait pas à Alexandrie les techniciens et professionnels suffisamment expérimentés pour gérer les diverses activités du lieu. Aujourd’hui, Fayez et Tareq qui consacrent environ un tiers-temps chacun au projet, sont entourés d’un secrétariat, d’un régisseur technique, de deux assistants à mi-temps, pour la programmation, l’administration, la communication, et pour envisager de nouvelles actions avec les enfants et les jeunes. La philosophie du projet implique un processus de formation et d’implication de nouveaux professionnels compétents dans le secteurs des arts

• Travailler avec des partenaires financiers diversifiés égyptiens et étrangers en veillant à l’indépendance du lieu.
Pour rester maître de l’évolution du projet et en maintenir la programmation la plus libre possible des contingences institutionnelles, le Centre bénéficie d’un appui de la Compagnie de Jésus, considérant qu’il s’agit là d’une part de moyens consacrés à l’éducation au sens large. Le Garage ne reçoit pas de subvention du Gouvernement. En revanche, il obtient en fonction de ses projets des subventions diversifiées de plusieurs sources. En 2OO1, il a reçu des fonds de la Fondation Ford, du Service culturel de l’ambassade de Hollande, de l’église Catholique, du fonds culturel de l’ambassade de Suisse - PROHELVETSIA.. Certaines activités fonctionnent de manière bénévole.

• Développer des partenariats ponctuels et durables
C’est le cas bien sûr avec le YATF dont Tareq Abou El Fetouh est le directeur (voir "réseau YATF" ci-contre), mais également sur la durée avec des compagnies comme EL Warsha. Des coopérations ponctuelles sont établies avec les centres culturels étrangers d’Alexandrie. S’inscrire dans un réseau de lieux, d’équipes, maillage pour rester en relation et irriguer le tissus alexandrin, mais aussi établir des relations fortes avec la Haute Egypte. Parallèlement , il s’agit dans les prochaines années de développer les ouvertures sur le reste du monde arabe et les équipes européennes, à travers le YATF, le Projet Arabe des Arts, ou bien d’autres opérateurs comme Alissar, la Friche La Belle de Mai, etc etc…



III – Les ENJEUX

Les rapports avec le public


« Dans une Egypte d'aujourd'hui où la classe moyenne est en voie de disparition, et avec elle la communication entre les classes supérieures et inférieures de la société, la culture semble l'un des rares moyens qui restent pour essayer de sensibiliser et de mobiliser la société.

Le Garage, qui vient s'installer au Centre Culturel Jésuite, après vingt ans d'arrêt d'activité, essaye de jouer bien son rôle dans ce contexte. Ce centre indépendant (vis-à-vis du gouvernement au moins), est ouvert et gratuit public de cette classe moyenne, surtout les jeunes et les amateurs des différentes disciplines artistiques. Il multiple les avènements culturels avec des artistes peu connus, venant d'autres pays, commençant leurs carrières, pas médiatisées car n'étant pas "institutionnels", ou tout simplement n'étant pas "grand public".

Dans cette ville d'Alexandrie qui "était" dans le temps, et qui "n'est" plus depuis longtemps; endormie par la centralisation qui attire tout vers le Caire, transformant le reste en banlieues (akalim), le Garage vient faire bouger l'eau stagnante. Le public y retrouve une activité culturelle, qui n’est pas une simple activité de « loisirs». Les artistes amateurs et professionnels y trouvent un lieu de diffusion de qualité. D’où l'importance pour moi que le Garage maintienne ces objectifs prioritaires. Et j’insiste là-dessus, le temps que l'eau stagnante bouge. Pour le moment le Garage "participe à créer", mais n'a toujours pas "fait".
»

Ces paroles de Mina, jeune diplômé en architecture, fréquentant le Garage depuis sa création sont très illustratives de l’attachement de ceux qui fréquentent le lieu à son projet. Elles disent l’importance sur la durée des nouvelles propositions et relations qui s’instaurent entre artistes et publics grâce à la dynamique enclenchée depuis l’ouverture avec « It’s Happening in the Garage » ( voir "It's happening in the Garage").

Quels en sont les principes -clefs :
• La gratuité des propositions
• La classe moyenne, cible privilégiée de l’action du Garage
• Une mixité des publics : artistes, intellectuels, familles et enfants, étudiants, employés et artisans,…

L’équipe réfléchit actuellement à ce qui permettrait d’offrir aux enfants qui accompagnent leurs parents des projets qui leurs soient spécifiques. Cette réflexion vers le jeune public et vers les adolescents, croise tout à la fois les questions posées par « l’école du spectateur » et la tradition éducative des jésuites tournée vers le développement des jeunes.

•Le rapport et la rencontre avec les artistes

« Je peux dire avec fierté que mon expérience au Garage a été excellente. J’ai réalisé que ce lieu avec cette programmation – Solos in September – est importante pour attirer différents publics alexandrins qui sont venus, par exemple, écouter mes chansons deux soirées consécutives en Octobre dernier. J’ai apprécié également l’atmosphère de liberté et d’ouverture de l’endroit, de même que l’énergie positive que tu reçois immédiatement. Ça tient, évidemment aux personnes qui travaillent là et à la qualité des propositions qu’elles offrent »

Kamilya Gibran du Groupe palestinien Sabrin


Structure indépendante et société civile

Le projet du Centre culturel et donc du Garage est sous-tendu par une certaine idée de la laïcité fondée non pas sur le rejet des religions et de leurs pratiques, la chose serait alors très paradoxale dans un tel lieu, mais sur la connaissance, l’ouverture, la rencontre de l’autre à travers des propositions artistiques, poétiques, intellectuelles et sensibles.

Le public qui vient au Garage depuis son ouverture y trouve une fenêtre de respiration. S’y retrouvent les jeunes artistes espérant pouvoir être aidés à côté de jeunes étudiants et universitaires alexandrins spécialisés dans des domaines des arts plastiques ou de l’architecture. Les premiers pourraient bien, dans les années qui viennent, s’impliquer peu à peu dans le projets, y prendre des initiatives. Les seconds sont curieux et ouverts et contribuent à faire connaître le lieu. Se rajoutent à ceux-là, des académiciens et des spécialistes dans les domaines de l’urbanisme ou des beaux arts qui ,participant à certains débats, prennent le Garage comme un lieu d’ouverture pour l’Université elle-même

Après plus d’une année de fonctionnement, les enjeux et les défis que l’équipe se lance à elle-même avec le public et les artistes ne se démentent pas et se concentrent sur quelques points clefs :
Le challenge sera d’établir et de maintenir un dialogue permanent avec le public en débattant avec lui des choix et des orientations. Le non conformisme du lieu contribue à stimuler les gens dans leurs capacités de réflexion et de créativité. Ce nouveau cadre est précieux et il faut continuer à cultiver les ingrédients qui feront de lui un espace jamais figé et sans cesse réinventé par de nouvelles propositions.

Il s’agit bien là d’un projet qui défend pleinement le droit des citoyens à être force de réflexion et de construction, personnelle et collective. Toutefois, il s’agit de rester concret et attentif aux évolutions constatées sur le terrain. L’utopie, certes, mais une dialectique permanente et féconde avec la réalité dans sa complexité.


Le lien entre action intellectuelle, éducative et artistique

Parallèlement à la création du Garage en 2000, le centre jésuite et Fayez Saad Attallah ont lancé un Centre de Recherches et d'Etudes pour le Développement Méditerranéen – Le CEREMED -

En collaboration avec le Centre Sèvres de Paris pour les sciences philosophiques, théologiques et humaines, il vise à promouvoir un dialogue intellectuel et culturel entre les deux rives de la Méditerranée, en même temps qu'à former des cadres œuvrant dans le domaine du développement humain en Egypte.

Par le développement de ce Centre dans les années qui viennent, le Garage et son projet culturel seront à même de croiser les retombées de deux actions nées en parallèle dans une même enceinte.

En effet, les buts du CEREMED sont de soutenir concrètement et intellectuellement la formation des chercheurs dans les domaines du social et de l’éducatif afin de participer au développement de la société égyptienne, et d’édifier des ponts de continuité culturelle entre les deux rives de la méditerranée.

Ses axes de recherche de sont les relations et réactions entres l’Egypte et le monde occidental, les liens de civilisation, la société civile et les outils de modernisation de l’Egypte, l’économie politique et le développement en Egypte, le développement humain, la politique éducative et l’évolution des systèmes éducatifs.

Le CEREMED agit en apportant un soutien qui travaillent sur les axes du centre à travers les cycles de formation pour les chercheurs et les travailleurs dans les associations civiles et à ceux qui s’intéressent à la société civile, des séminaires et des ateliers.

Dans l’enceinte du centre culturel ont donc été aménagées deux salles de conférences d'une capacité de 50 personnes chacune, ainsi qu'une grande salle pouvant accueillir 80 personnes, ainsi que trois pièces plus petites pour des travaux de groupe, d'une capacité de 10 personnes chacune. Complété d’un centre d'informatique et de données, d’un bureau pour le secrétariat et l'administration et de la bibliothèque arabe de prêt, le centre d’études offre une plate-forme de développement et de réflexion dont la dynamique est tout à fait complémentaire à cette engendrée sur la plan artistique par le Garage.En guise de conclusion :
un lieu durable de prise de parole et d’emprise sur le réel

La rénovation du Centre Culturel Jésuite et la réhabilitation architecturale du lieu devenu le Garage ont fait exploser dans Alexandrie une arme culturelle nouvelle, une autre qualité de relations entre publics et créateurs. Ce lieu se fonde sur la capacité du public à exprimer son point de vue et à intervenir. L’architecture souple et libre du Garage contient une dimension philosophique qui rejaillit sur le spectateur, contrairement au théâtre à l’italienne qui formate la façon de regarder, obligeant le spectateur à l’obéissance et à l’écoute. L’ouverture de ce lieu a permis de toucher d’autres catégories d’intellectuels jusqu’à là déprimés par le niveau culturel d’Alexandrie. Ceux-là ont commencé à soutenir silencieusement ce lieu de leur potentiel créatif.

Faire vivre cette double ouverture vers le monde extérieur, arabe et occidental à travers les rencontres, la programmation artistiques et la formation, nécessite un discernement et une finesse dont l’équipe du Centre Culturel n’est pas avare. Elle saura s’en servir également pour assurer un ancrage toujours plus précis dans les réalités et les nécessités locales à travers le dialogue entre l’homme et sa ville, l’investissement dans la formation, ou bien encore par l’engagement résolu et lucide pour le théâtre.

 

 

 


Photo nabil Boutros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait
Fayez Saad Attallah


photo Nabil Boutros


Fayez Saad Attallah est né à Alexandrie en 1962. Après des études d’architecture brillante, il décide de s’engager dans la Compagnie des Jésus après une longue réflexion nourrit plus particulièrement des enjeux éducatifs d’une part, et du dialogue islamo-chrétien. Depuis 15 ans, il a eu l’occasion de développer des projets conciliant l’éveil artistique et l’action éducative. Il a notamment mené un travail de fonds pendant 5 ans en direction des enfants et des jeunes lorsqu’il était directeur de l’école jésuite de Minia en Haute-Egypte. À Alexandrie depuis 1999, il a engagé un double travail, le premier sur le terrain de l’art et de la culture au Centre Culturel Jésuite à partir duquel il a créé avec Tareq Abou El Fetouh l’espace « Le Garage », le deuxième sur le terrain de la recherche et du développement de la société civile. Il est ainsi à l’initiative d’un centre d’étude égyptien de réflexion et d’études euro-méditerranéennes sur le développement – le CEREMED -

 

 

 

 

Portrait
Tareq
Abou El Fetouh


Photo nabil Boutros


Tarek Aboul Fetouh est égyptien, architecte de formation. À l'age de 19 ans, il rejoint la troupe de théâtre "El Warsha"- l’Atelier - dirigé par Hassan El Gueretly. À ses côtés, il travaille au développement de cette troupe égyptienne indépendante comme scénographe.
Pendant ces dix années, il s'intéresse plus particulièrement à l'architecture des théâtres et crée des structures scéniques et de spectacles itinérants. Pour cela il se fonde sur la tradition des tentes et les adapte pour devenir les écrins adéquats pour les différentes créations de la compagnie. Il lui faut également lui permettre de jouer dans différents contextes dans lesquelles elles circulent du Nord au Sud de l’Egypte. Il participe à plusieurs colloques internationaux sur ces questions de scénographie itinérante.
En 1998, il fonde le Fonds du Jeune Théâtre Arabe :YATF, partie prenante d’un Projet de développement théâtral et artistique qui concerne les pays arabes. Ce fonds de production est d’emblée dédié au soutien des jeunes metteurs en scène et chorégraphes et troupes indépendantes.
Depuis 2OOO et la création du Garage à Alexandrie, Tareq Abou El Fetouh inscrit ses projets sur ces deux fronts. D’un côté poursuite d’un travail de scénographe, pour l’aménagement de lieux tel le Garage, en Egypte, mais également avec le Collectif 12 à Mantes la Jolie (2001), ou bien Beyrouth ou Amman (projets 2003 en cours).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Photo claudine Dussollier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Ciné-club
du centre Culturel


" Le club de cinéma a commencé d’une manière régulière depuis février 2000 et les spectacles sont hebdomadaires.

En Egypte, 2 courants de cinéma dominent actuellement : le cinéma Américain et celui de l’Egypte. D’autres films n’ont pas la chance d’être vus. Partant de cela, le club du cinéma du centre essaye d’ouvrir la porte à différents pays par exemple la France, l’Iran, le Brésil et Le Japon. Nous essayons ainsi d’avoir d’autres genres de cinéma, c’est à dire des films qui ne soient pas essentiellement commerciaux mais des genres qui permettent une certaine créativité.

La perspective de club du cinéma est d’approfondir le regard que la personne pose sur le film, pour qu’elle ait un certain sens critique. Nous faisons une présentation détaillée du film comprenant son analyse technique et une rencontre de discussion après la projection.
Le spectacle est en deux parties : un film documentaire ou un film court, puis un film essentiel. Tous les films présentés sont sous-titrés en langue arabe pour donner une chance à la majorité du public qui ne comprend que la langue arabe".

Emad Ali Mabrouk
Co-animateur du Ciné-club

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Conception Ramez Farag

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réseau du YATF


"Le YATF est bien placé pour aider le développement et l'expansion du nombre de lieux dédiés aux activités artistiques et de théâtre indépendantes dans le monde arabe. Le succès et l'énergie d'entreprendre du Centre culturel jésuite - Le Garage-, a encouragé le YATF à projeter de nouveaux lieux similaires dans la région.
Dans l'année qui vient, il est prévu d'établir un tel lieu à Minia – située en Haute Egypte - avec le soutien du fonds culturel pour l'Egypte del'Ambassade de Hollande. Dans le même temps, la faisabilité de l'implantation de nouveaux espaces culturels et artistiques à Amman, Beyrouth, le Caire et Damas va être étudiée avec le but d'en implanter sept dans les cinq prochaines années.

Le YATF n'entend pas gérer ces nouveaux lieux lui même, mais projette d'aider à leur installation, ou bien en créant de nouvelle structure pour les gérer, ou bien en travaillant avec les structures qui existent en les aidant à adapter de nouveaux programmes et de nouvelles perspectives.

L'objectif du YATF est de créer un réseau avec ces lieux qui pourrait accueillir les productions du YATF lui-même, comme toutes celles proposées par des structures culturelles indépendantes, qui n'offriraient pas seulement des lieux, mais de vraies opportunités pour des tournées régionales de compagnies indépendantes.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


Photo nabil Boutros

 

It’s Happening
in the Garage
,
un événement fondateur
en 2OOO


Archipel
de Essam Boukhaled
création 2000

La vie est belle en attendant mon oncle d’Amérique,
de Ahmad El-Attar
création 2000

-“ Taming ” , création 1999
Le solo de Karima Mansour chorégraphié par Béatrice Kombé
Création pour cet événement

Le spectacle de Shirine el-Ansary, conteuse, inspiré des Mille et une nuits et des “ Villes invisibles ” d’Italo Calvino - Création 2000

Dance of the Death or Play Strindberg, par la Compagnie du Théâtre Alternatif- El Badil

La rencontre-débat avec le public sur le bilan de l'événement

La projection de plusieurs films sur le thème de la ville, dont "Al Medina" de Yusri Nasrallah

Lles installations plastiques de Jean-Christophe Lanquetin, et des artistes du work-shop

Le débat avec le public sur les transformations urbaines d'Alexandrie et les spectacles

L’atelier
"Construction - déconstruction, quelle contextualisation possible pour les oeuvres produites en rapport étroit avec les villes habitées ? "
L'atelier est dirigé par May Al-Ibrashy qui est architecte et Amr Abd Al Qawi, architecte lui aussi et directeur de la Revue Al Madina au Caire.
Il a permis d’une part, à des artistes libanais, égyptiens et français, à des architectes égyptiens, hollandais et libanais, de travailler ensemble sur cette problématique, notamment sur la situation des villes de Beyrouth, d'Alexandrie, de Rotterdam et de Mantes la Jolie. D’autre part, il a produit une réflexion critique, des installations plastiques dans les lieux de l'événement et un objet multimédia qui a trouvé son support de consultation sur le site internet des Rencontres d'Averroès.
Le workshop, conçu en plusieurs temps: présentation de films et de diapositives sur le travail de plusieurs équipes présentes, visites de la ville d'Alexandrie, discussion et débats,… a ainsi engagée la réflexion sur la place de l'artiste dans la société où il vit, .sur les transformations des villes, leurs mécanismes, leurs dégâts, sur la responsabilité des citoyens et l’importance du débat public

Moyens mis en œuvre
Fondation Ford, Service culturel de l’ambassade de Hollande Fonds propres du centre culturel jésuite,
Apports Alissar, via Onda, Thécif, et leYATF.


 

 

 

 


Contacts
Adresse complète
Centre Culturel Jésuite
298 rue Port Saïd
Cléopatra-Alexandrie – Egypte


Centre : OO2O3 54 23 553

Fayez saad Attallah Mail: ceremed.jesuits@link.net
Ramez Farag : Mail : rfarag@yatfund.org
Tareq Abou El Fetouh : Mail : tfetouh@yatfund.org
Claudine Dussollier Mail : cdussol@club-internet.fr

Ce dossier a été établi grâce aux contributions et aux échanges avec Fayez Saad Attallah, Tareq Abou El Fetouh, Menha El Batraoui, Issam Bou Khaled, Hassan El Gueretly, …grâce aux témoignages sur place et ceux recueillis auprès des artistes, les échanges avec ceux qui connaissent le Garage, et avec l’appui précieux et efficace de Ramez Farag et Nabil Boutros.

© Les photos sont de Nabil Boutros et Claudine Dussollier

 

 


Photo nabil Boutros
 

 


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