09h30 -12h45
Réunion plénière d’ouverture
Animateur: Jean-Pierre Saez (observatoire des politiques culturelles)
Rapporteur: Nicolas Weinberg

Michel Vauzelle
Président du Conseil régional
Provence-Alpes-Côte d'Azur - France

Aminata Drama Traore
Écrivain, ancien Ministre de la Culture - Mali
 

 

Table ronde 3
Nouveaux modes de coopération artistiques


Ces initiatives se distinguent par leur capacité à faire réseau : du local au global. La culture apparaît de la sorte comme un moyen de dépasser les particularismes, de poser autrement les questions d’altérité et d’identité dans le contexte de la mondialisation.
De quel type de pluralisme artistique et culturel ces projets sont-ils porteurs ? Dans quelle mesure ces expérimentations contribuent-elles à définir une autre pratique de la citoyenneté mondiale et de la coopération culturelle ?

Animateur: Pascale Ammar-Kodja
Rapporteur: Nicolas Weinberg

Compte-rendu Table ronde 3

Nouveaux modes de coopération artistique
Le projet artistique étant invisible tant qu’il n’est pas abouti, comment en défendre le principe ? Comment le faire accepter ? C’est cette problématique que Moïse Touré posait en affirmant qu’il est « difficile d’établir des modes de coopération par ce que, en matière d’art, il n’y a pas toujours de visibilité des projets ». La coopération ne serait donc possible qu’au départ d’une sensibilité qui se découvre puis se partage entre deux êtres… « partager avec l’autre l’expérience de son poème », précisait Moïse Touré avant d’ajouter : « l’art doit être une tension, un questionnement » et les lieux intermédiaires, des espaces propices à cela : « Il ne faut pas que les Friches deviennent une solution, elles doivent rester un questionnement ».
Issam Bou Khaled reprenait la question au vol. « L’art consiste à transmettre l’énergie vers les autres. Il ne faut pas disperser cette énergie avec des mots sans tension », soutenait le metteur en scène libanais, reprochant au passage à certains débats d’avoir « tourné autour des sujets », mettant ainsi en garde contre la prolifération de mots et de figures de style qui tuent souvent le sens du propos. Un peu plus tôt dans la matinée, le discours d’Aminata Drama Traore l’avait démontré a contrario. Les paroles sans vanité ni vacuité de l’écrivain, ancienne ministre de la culture du Mali, avaient laissé la salle pantelante en lui envoyant en pleine face un discours chargé de tension, de force et d’énergie. De sens.

Diverses prises de risque, divers modes de coopération

Il faut souligner que la force et l’énergie, la tension, se trouvaient plus volontiers chez les intervenants issus de pays, ou de zones, en crise (Moyen Orient, Afrique, Amérique du Sud, Europe de l’Est, banlieues), ou travaillant à leur contact. Chercher à créer dans un pays ou dans une zone où le danger est physique, où la nourriture manque, où les soins manquent, où la liberté de déplacement et de parole manquent, où tout manque, ne pose pas les même problèmes que chercher à créer dans les pays où les zones où les besoins vitaux sont satisfaits, où les libertés sont au moins garanties par le droit. Parce que les prises de risque ne sont pas partout les mêmes, il n’est donc pas possible de mettre sur le même plan toutes les expériences. Et c’est peut-être en fonction de ces prises de risque que les modes de coopération doivent être pensés, mis en oeuvre et développés : en procédant au cas par cas, soit en connaissance de cause, soit en collaboration étroite avec des femmes et des hommes du terrain. En somme, avec ceux qui savent de quoi ils parlent

Nicolas Weinberg

  


Philippe Berthelot
Metteur en scène - Generik Vapeur - France

Issam Bou Khaled

Metteur en scène, Groupe Shams - Liban

Catherine Boskowitz

Metteur en scène, Collectif 12 - France

Patrice Meyer Bisch
Juriste - Suisse

Ferdinand Richard
AMI/Friche la Belle de Mai - France
Jean-Louis Sagot-Duvouroux
Philosophe - France

Jean-Louis Sagot-Duvouroux
Philosophe - France

Margaret Shiu Tan

Magnetic fields for creativity - Taiwan

Moïse Touré
Metteur en scène - France
 
13h00-14h30
Déjeuner
14h30-18h00 Réunion plénière d’ouverture
Miguel Benasayag
Philosophe, psychanalyste - Argentine
 
 

Table ronde 4
Un autre monde ?

L’art a toujours été un espace d'interrogation, de questionnement critique sur l'ordre du monde. Dans quelle mesure les nouveaux territoires de la création parviennent-ils à revivifier cette fonction ? Sont-ils des lieux de réinventions du travail, de la ville, du rapport aux autres, de la construction de soi ? Servent-ils de chambre de résonance au débat public, en posant à leur manière les grandes questions de civilisation, en ouvrant à leur façon des pistes alternatives ?

Animateur: Pascale Ammar-Kodja
Rapporteur: Nicolas Weinberg

Compte-rendu Table ronde 4

Un autre monde ?
Ce ‘’nouveau monde’’ dont on rêve, quel est-il ? Peut-être, tout simplement, est-il un monde normal. Pas une normalité de l’uniformité, mais une normalité de la liberté. Etre libre comme allant de soi.
Mais on en revient au point de départ : un monde sans coercition n’est-il pas précisément de l’ordre du rêve ? Pour les participants de cette dernière table ronde, la réponse pouvait être : ‘’on verra bien et en attendant, attelons-nous à la tâche’’. Car « L’art permet de changer le monde. Il doit être porté par l’ambition de changer, de bouleverser, l’ordre du monde », martelait Chantal Lamarre, donnant ainsi à penser que chaque être épris de liberté est une ou un artiste. Pour la créatrice de ‘’Culture Commune’’, cette représentation usuelle et usée du créateur épris de liberté brillait d’un nouvel éclat : « Ce qui est nouveau, c’est le sens politique de l’œuvre qu’on est en train de créer ». Une observation que Miguel Benasayag avait effectué un peu plus tôt en estimant que lorsqu’un lieu de création « émerge dans une ville, c’est de la politique, au sens le plus noble du terme ». Noble, parce qu’elle correspond au désir de liberté et de bonheur qui se trouve au centre de ce que le philosophe et psychanalyste argentin appelait ‘’un nouveau type de protagonisme social’’ qui « ne fait pas référence à l’individualisme militant, ni au narcissisme militant contestataire. Il est plutôt l’expression d’un débordement désirant : construire un nouveau monde au-delà de la tristesse ». Au-delà de la tristesse, du négatif, qui a pu présider à la création des lieux intermédiaires. Au-delà de ces expériences nées de la confrontation, du ‘’faute de mieux’’, et qui sont en train d’évoluer, « de devenir quelque chose de positif ».

Nouveau monde et apathie

Mais cet enthousiasme énergique connaît un adversaire redoutable : l’apathie des groupes humains que le ronronnement de la banalité fascine plus que la lumière de la liberté. C’est le sentiment que l’on avait à écouter le témoignage de Giorgio Corsetti. Parlant de son pays, le metteur en scène italien stigmatisait l’existence « d’un Etat-industrie, fonctionnant sur le mode d’une entreprise privée » auquel les italiens adhèrent, « parce qu’il n’y a rien d’autre qui leur est proposé ". En parlant de la Hongrie comme d’un pays " sans bien-être » où « on a du mal a avoir un image claire de soi-même », Arpad Schilling faisait écho à cette analyse et laissait poindre son angoisse : « Je viens d’un pays où on ne connaît la liberté que depuis douze ans. Mais la liberté a fait faillite, la politique est morte et les troubles intérieurs menacent ». Le sens positif, le sens politique, du lieu de création (du nouveau monde ?) est d’autant plus nécessaire que l’environnement où il naît est triste, hostile, lui est tristement hostile. « L’artiste et l’art peuvent sonner le réveil car ils offrent un ailleurs, un autre lieu », assenait Giorgo Corsetti avec la même détermination qu’Arpad Schilling évoquant la création d’un spectacle pour « rassembler ceux qui résistent et de créer un scandale dans le métier », créer un électro-choc et attirer l’attention…faire entrevoir ce ‘’nouveau monde’’.

Nicolas Weinberg

 

 


Bertrand Cantat
Compositeur - France

Roland Castro

Architecte - France
Bruno Dumont Réalisateur - France

Chantal Lamarre
Culture Commune - France

Jordi Marti

Institut de Culture de Barcelone - Espagne

Dr. Achille Mbembe

Chercheur en Sciences Sociales
Afrique du Sud

François-Michel Pesenti
Metteur en scène - France

Jack Ralite
Sénateur Maire d'Aubervilliers - France

Oumar Sall

Groupe 30 de Dakar - Sénégal

Arpad Schilling
Metteur en scène - Hongrie

Raymond Weber
Président de la Laiterie - France
 

17h15– 18h15
Clôture
Michel Duffour
Secrétaire d’État au Patrimoine et
à la Décentralisation culturelle

Le salut des “Colporteurs”
Cirque contemporain proposé par Massalia théâtre de marionnettes
 
 

 


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