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Hypothèses et tentatives d’artistes

On a rencontré le Collectif Arbuste

10 février 2021
l'équipe du collectif arbuste

Décembre 2018, la Friche accueille un nouveau résident : le Collectif Arbuste. Tous originaires de la région, ces musiciens, scénographes, geeks font du bruit entre ces murs ! Rémi Bosch, Jason Chopeitia, Matthieu Pernaud, Nathanaël Pinna, Loris Bini, Nicolas Aubin, Greg Mittelberger et Patrice Larguier partagent leur passion depuis 2012 sous un même nom, celui du collectif.

Fervents de musique percussive, d’arts numériques, de productions électroniques et de scénographie, ce groupement d’artistes aux compétences diversifiées s’amuse à repenser et animer les espaces les plus divers pour des performances artistiques toujours plus atypiques !

Nous les avons rencontrés, ils ont répondu à nos questions.

Instrumentarium

Pourquoi « Arbuste » ? Ce nom, à quoi fait-il référence et quel imaginaire vise-t-il à développer ?
Nous aimions bien le contre pied entre l’imaginaire que pouvait évoquer nos projets (technos, numériques, percussifs, imposants…) et celui qu’évoque un arbuste (naturel, calme, petit). Dans notre démarche artistique nous aimons les télescopages, nous avons une ligne directrice forte mais des types de projets divers (concerts, installations, spectacles, dispositifs interactifs, scénographies…). On retrouve ici aussi l’idée d’une arborescence. 

Qu’est-ce que cela signifie d’être un collectif d’artistes en 2020 ? 
Pour nous ce qui était important c’était de pouvoir multiplier les types de projets et les transversalités sans être cantonné à un médium particulier. Le collectif peut  être considéré comme un groupe de musique, une compagnie, un studio de design…  Chacun des membres a une « vie artistique » en dehors du collectif qui lui permet de développer d’autres facettes de sa créativité. Pour nous, le collectif arbuste c’est avant tout l’histoire de potes qui aiment faire des projets ensemble.

Collaboration entre le Collectif Arbuste, le Hop! Trio et la Compagnie Boutabou pour le projet Univers Parallèles.

Musiciens, scénographes, performeurs, geeks du numérique… Ça fait beaucoup ! Quel est le secret pour une interdisciplinarité harmonieuse et non pas cacophonique ? 
Pour nous c’est de se mettre d’accord ensemble en amont sur les grandes lignes du projet et de, ensuite, laisser la main à chacun des membres sur un des axes du projet. C’est un savant mélange entre émulation, accord collectif, compromis et confiance. Ça ne marche pas toujours comme sur des roulettes mais au fil des années nous avons trouvé notre méthodologie.  

Comment êtes-vous arrivés à la Friche ?
Nous avons d’abord côtoyé la Friche en rejoignant la couveuse de l’AMI au début du projet en 2014 à 2016. Nous avons développé différents projets au cours des années qui ont suivit. C’est sur l’invitation du Bamboo Orchestra avec qui nous partageons deux musiciens (Nathanaël Pinna et Nicolas Aubin) que nous avons ensuite partagé des locaux à la Friche. Nous vivons cela comme un honneur et un privilège. 

Que signifie « Friche », pour vous ? Et en quoi son écosystème nourrit votre travail ? Des rencontres à la Friche ?
Pour nous c’est la possibilité d’échanger en permanence avec d’autres artistes et d’autres structures. Même sans l’avoir planifié. La Friche c’est un lieu qui brasse beaucoup de résidents mais également beaucoup d’acteurs de la culture qui s’y retrouvent pour différentes raisons. On s’y croise par hasard, on passe à l’atelier de l’autre, on s’invite mutuellement à prendre un café… C’est une connexion permanente avec le monde de la culture. Parfois cela débouche sur des collaborations et nous y travaillons.

À quoi vous sert votre atelier ? Qu’est-ce que l’atelier vous apporte ?
Pour nous c’est avant tout un équipement qui nous a enfin permis de créer, stocker, faire évoluer nos projets avec énormément de rapidité et de confort. Jusqu’alors nous jonglions entre un container de stockage et des espaces de résidence sur deux semaines maximum. L’obtention de locaux à la Friche a boosté notre créativité. Les instruments, les outils, le matériel son et lumière sont rangés et directement accessibles. Nous avons mis un maximum d’éléments sur roulettes. C’est fluide, c’est un plaisir.

@ Le Collectif Arbuste – L’atelier

Vous avez joué votre projet Instrumentarium au mois de septembre 2020 sur le toit-terrasse de la Friche, avec la crise actuelle qui met à l’arrêt tout le secteur musical pour une durée encore indéterminée, comment envisagez-vous l’année 2021 ?
La majorité de nos projets sont conçus pour des grands rassemblements debout et festifs. Les premiers interdits et certainement les derniers autorisés. L’année 2021 risque d’être une année avec très peu d’occasions de se produire en public. Notre producteur Transfuges et les événements qui devaient nous programmer jouent le jeu du chômage partiel, des engagements de programmation et des dédommagements. Mais l’état de notre écosystème nous inquiète de plus en plus. Nous essayons de mettre ce temps à profit pour nous réinventer et pour engager notre réflexion sur d’autres créations. 

Arbuste, dans dix ans ? Toujours à La Friche ?
Nos projets ont un rapport fort avec la fête, la foule, la danse. Aujourd’hui on espère juste pouvoir faire ces projets dans 10 ans comme on les faisait il y a un an ! Sinon, on aimerait élargir le nombre de membres du collectif… On espère rester le plus longtemps possible à la Friche mais il nous semble important que la Friche se renouvelle en permanence dans ses occupants et ses contenus car c’est le secret de la vitalité de ces espaces.  

L’autre été Chez Toit, présentation du Collectif Arbuste
Instrumentarium – Projet proposé dans le cadre de l’évènement de la Friche : L’autre été Chez Toit – 2020

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