Rencontre avec Ebrahim Bahaa-Eldin, photographe égyptien ‘témoin de l’ordinaire’ accueilli à la Friche à l’automne 2025 dans le cadre du programme Résidences Méditerranée.
Bienvenue à la Friche
Aujourd'hui mardi 10 mar.
En Méditerranée, territoire particulièrement exposé au réchauffement climatique, le programme européen MATCH explore la manière dont l’art peut nourrir de nouvelles formes d’engagement écologique. En s’appuyant sur les jardins communautaires comme espaces de rencontre et d’expérimentation, il invite artistes et habitant·es à imaginer collectivement des pratiques plus solidaires et régénératives.
À la Friche, cette résidence prend racine au jardin des rails, où création, écologie et participation citoyenne se rencontrent.
Rencontre avec Swati Devichi, artiste photographe accueillie durant 1 mois à la Friche avec MATCH.
Dans les rues pas si bétonnées de la Belle de Mai, la photographe Swati Devichi documente la relation des habitant·es aux plantes. Ses photos, prises à l’argentique avec une double exposition, révèlent une cartographie sensible et collective où les relations affectives au vivant deviennent un moyen de penser le quartier, le comment et la résilience en ville.
Quelle a été la démarche menée pendant ta résidence à la Friche ?
Je fais de la photographie argentique documentaire, c’est un peu des reportages artistiques. Avant, je faisais des sciences sociales sur les communs urbains écologiques, ça se recoupe. Pendant cette résidence j’ai utilisé la technique de la double exposition, la pellicule est exposée deux fois et les images se mêlent. J’ai travaillé avec les habitant·es du quartier, et l’idée était de comprendre la végétation à laquelle ils et elles tenaient. J’ai pris un portrait de la plante, puis un portrait d’habitant·e par-dessus. Ce qui est bien avec cette technique, c’est qu’elle laisse pas mal de place au hasard.


Peux-tu nous raconter qui sont les plantes et personnes dont tu as pris le portrait ?
En arrivant ici, j’ai tissé des liens avec des gens autour de la Belle de Mai. J’ai été pas mal au Jardin des rails à Friche, mais aussi au couvent Levat, ou encore à la cantine du Midi. J’ai même été chanter en suédois dans une chorale, pour suivre Gilbert par exemple. J’ai aussi rencontré la personne qui travaille à la conciergerie de la Friche, qui a fait pousser des magnifiques passiflores tout autour de la conciergerie. Ou Adrien par exemple, qui s’occupe d’un potager, et qui m’a parlé du petit pois fourrager, un engrais vert qui régénère le sol. Il y avait aussi Aurélie, qui m’a raconté qu’elle faisait du cosplay et du coup, elle a choisi un cerisier qui lui rappelle le Japon.
En ville, tout le monde a un lien affectif avec une plante.
Pourquoi choisir de travailler sur le végétal dans un espace urbain ?
C’est pour interroger tout ce lien affectif qu’il peut y avoir avec la nature autour de nous, notamment dans les zones très urbaines. Chacun·e a choisi soit des légumes qu’iels ont fait pousser eux·elles-mêmes dans des parcelles collectives, soit des arbres de leur jardin, soit des plantes trouvées dans la rue et qui leur rappelle un souvenir d’enfance. Tout le monde a une histoire avec une plante. L’idée est d’explorer la nature en ville et de voir quel est le type de végétation qui va pouvoir pousser dans les interstices, entre les cracks du béton. Même dans les espaces les plus urbains, il y a toujours une nature qui résiste à la ville aseptisée. Ça rampe, il y en a partout sur les pavés, il y a toujours du végétal qui vient briser la vie moderne.

DÉCOUVRIR LE TRAVAIL DE SWATI DEVICHI
Instagram : @swatdv
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