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Événement passé

Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen Belsen

Une proposition de Une proposition de la Friche la Belle de Mai

Vendredi 31 mars à 18h45 et samedi 1er avril à  19h

6€ le billet du 1er avril comprend la projection à 20h45 au Studio du film-documentaire de Karin Berger Ceija Stojka, portrait d'une romni

Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen-Belsen est un texte exceptionnel de Ceija Stojka. Elle raconte les quatre mois passés dans cet enfer à l’âge de 11 ans et les conditions auxquelles elle et sa famille sont confrontées. Un document rare qui atteste du sort réservé aux tziganes européens sous le régime nazi.

La singularité de ce récit vient du regard d’enfant que Ceija porte sur cette terrible expérience, sur la farouche détermination de sa mère à faire survivre les siens. Elle adopte le langage de la très jeune fille qu’elle était lorsqu’il fallait échapper aux rafles à Vienne, à la brutalité des gardiens des camps, à la mise à l’écart de sa famille à leur retour à Vienne.

À propos de Ceija Stojka

Ceija Stojka est née en 1933, cinquième d’une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux, les Lovara-Roma, une ethnie Rom d’Europe centrale. Quarante ans après sa déportation, Ceija Stojka se met à écrire et à peindre pour témoigner et pour exorciser sa peur de l’oubli. Deux de ses frères, Karl et Mongo Stojka, sont devenus eux aussi écrivains et musiciens.
Rescapée avec sa mère et quatre frères et soeurs, elle raconte son histoire dans une oeuvre publiée en 1988 et devenue célèbre : Wir leben im Verborgenen – Errinerungen einer Rom-Zigeunerin (« Nous vivons dans la clandestinité. Souvenirs d’une rom-tzigane »), qui a attiré l’attention sur le sort des roms sous le nazisme. « J’avais besoin de crier, j’ai pris le stylo pour écrire, car j’avais besoin de m’ouvrir, de crier », expliquait- elle en 2004 lors d’une conférence au Musée juif de Vienne.

Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Bruno-Kreisky pour le livre politique en 1993. Jusqu’au jour de sa mort en 2013, à 79 ans, Ceija Stojka a eu peur que l’Europe n’oublie son passé et qu’un jour prochain, les fours crématoires d’Auschwitz puissent reprendre leur activité dans une indifférence à peu près générale. C’était la peur d’une citoyenne informée, qui suivait attentivement l’évolution des lois et des discours anti-tsiganes à travers notre vieux continent. L’œuvre de cette écrivaine, peintre et musicienne rom autrichienne fait aujourd’hui référence concernant les persécutions subies par les tsiganes sous le nazisme.