À la Friche la Belle de mai, le Petit Cab est la première salle européenne de musiques actuelles à s’affranchir du réseau électrique grâce à l’énergie solaire.
En septembre 2025, la Friche la Belle de mai a franchi une étape majeure de sa transition avec l’ouverture du Petit Cab. Ce nouveau lieu de diffusion et de création d’une jauge de 300 places est la première salle de musiques actuelles en Europe à alimenter 100% de ses équipements scéniques grâce au soleil, sans raccordement au réseau électrique traditionnel.
Pour relever ce défi, 15 panneaux photovoltaïques installés sur la toiture alimentent un parc de 6 batteries permettant de stocker 30 000 Wh pour chaque représentation. «L’installation est dimensionnée judicieusement et sans excès, de manière à ce que le parc de batteries soit à 100% d’état de charge au crépuscule», explique Yann Loric, directeur technique de la Friche la Belle de Mai. Pour parer aux « conditions critiques» et assurer une continuité de service, une commutation automatique bascule sur le secteur si les batteries chutent en dessous de 10% d’état de charge.
La sobriété au cœur de l’usage
«Grâce au système de sonorisation, aux amplificateurs à haut rendement et à la sensibilisation effectuée par la Friche auprès des productions, l’intégralité des représentations et l’exploitation du bar sont assurées de manière autonome», précise le directeur technique. Mais l’enjeu dépasse la simple performance technique. Les données de consommation et de production sont recueillies en temps réel sur un portail Internet permettant de diffuser auprès des productions un guide de bonnes pratiques pour optimiser leurs besoins énergétiques. Avec ce projet, le directeur technique ambitionne « non seulement de tester l’autonomie énergétique, mais également de faire évoluer les pratiques professionnelles». […]
Ce processus a également marqué une évolution des modes de décision. «Alors que nous avions l’habitude de décider de façon plus solitaire par le passé, le cahier des charges a été coécrit par un échange constant avec la maîtrise d’usage», souligne Yann Loric. Cette collaboration avec le consortium Bisou (AMI, Radio Grenouille, Bi:Pole, Cabaret Aléatoire, SCIC Friche la Belle de Mai) inscrit le lieu dans une «dynamique de transformation du secteur des musiques actuelles ». Loin d’être un simple lieu de diffusion, le collectif déploie un écosystème d’accompagnement global, visant « une transformation profonde du métier à l’heure des crises technologique, sociale, culturelle et démocratique ».
Article rédigé par Arzelle Caron, à lire en intégralité dans le magazine La Scène de Mars 2026.