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Aujourd'hui lundi 13 juil.

Expérience(s)

Assem Hazem

Par SB
9 juillet 2026

En 2015, la Friche lance le programme Résidences Méditerranée avec l’Institut Français du Maroc. Depuis, une cinquantaine de jeunes artistes de nombreux pays du sud de la Méditerranée ont bénéficié de ce dispositif leur permettant de séjourner 3 mois à la Friche avec un accompagnement de l’une de ses structures résidentes.

Chaque artiste bénéficie alors d’un espace de production adapté à son projet et aux formes qu’iel développe. Un accompagnement personnalisé est mis en place via l’implication d’un·e accompagnateur·ice tout au long de la résidence, permettant des moments de parole et de « critique » qui ouvriront des espaces de réflexion à chacun·e.

Assem Hazem, invité à Marseille par la photographe et vidéaste Ymane Fakhir, a pris le temps de perdre le contrôle pour mieux se comprendre en tant qu’artiste.   

Quel a été ton chemin jusqu’à la Friche Belle de Mai ?  

C’était un peu une coïncidence ! J’ai fait une école d’arts appliqués au Caire, mais ensuite j’ai monté une entreprise commerciale de shooting et cinéma, avec des ami·es. Certains de mes courts métrages sont passés dans des festivals au Caire. Mais à un moment donné, je me suis senti un peu perdu et vide : pourquoi j’étais en train de faire ça ? Quand tu as une entreprise, il ne s’agit que de trouver des clients, de vendre. J’ai eu envie d’en découvrir plus sur moi-même, ma propre pratique de la photo.  

Quand j’ai postulé à Marseille, je ne connaissais rien de la ville. Je savais juste que c’était en France ! Mais j’adore explorer, alors j’ai ouvert Google et je me suis mis à chercher comment cette ville pourrait m’inspirer. J’ai écrit un projet sur le fait d’explorer ma pratique artistique et moi-même, et me voici ! Je m’inspire beaucoup de certaines écoles de l’art : le romantisme, l’expressionnisme, et les films néo-noirs des années 70, qui sont l’expansion de l’expressionnisme au cinéma.  

C’est la première fois que je voyage en dehors de l’Égypte. Je me suis senti ici un peu comme chez moi, et en même temps, tout est très différent.

Peux-tu nous expliquer en quoi les photos que tu es en train d’accrocher sont pensées à mi-chemin entre la coïncidence et le contrôle ? 

En faisant ces deux mois de résidence, j’ai découvert que je n’ai plus envie d’être en contrôle, comme sur cette photo que je suis en train d’accrocher, c’était une forme de coïncidence. J’étais en train de terminer un film devant le labo photo, parce que je voulais en démarrer un autre, et les photos continuaient de se déclencher alors que je pensais les avoir finies. En fait, j’étais en train de superposer des poses les unes sur les autres. Ici, il y a six photos ! J’ai voulu recommencer ce processus d’expositions multiples, parce que ça m’intéressait d’étendre la sensation du temps qui passe sur une photo. Parce qu’habituellement, une photo, c’est un instant précis, tu figes le temps.  

Je laisse vraiment mon environnement me traverser, j’ai juste besoin d’être dans la bonne énergie, au bon endroit. Je parle de coïncidences, mais je connais mon appareil photo, je trouve des compositions intéressantes. Donc, on est à moitié dans la coïncidence et à moitié dans le contrôle. En fait, tu attrapes l’énergie de l’univers et tu la développes en tant qu’artiste.  

Comment as-tu appréhendé cette ville, que tu ne connaissais que de nom avant d’arriver il y a deux mois ?  

C’est la première fois que je voyage en dehors de l’Égypte. Je me suis senti ici un peu comme chez moi, et en même temps, tout est très différent. Je ne voulais pas explorer comme un touriste, donc j’ai beaucoup marché avec mon sac à dos, j’allais dans des endroits assez communs, des cafés par exemple, où j’ai rencontré plein de gens. J’ai essayé d’expérimenter la ville comme les gens qui y vivent.  

À un certain moment, je me suis senti stagner, je n’avais plus trop d’idées. Puis j’ai eu cette idée de faire une vidéo de moi en train de tomber dans la mer et d’en extraire plusieurs photos. Ces photos, elles racontent une histoire, une émotion. En prenant des autoportraits, tu peux vraiment explorer plein de personnages, en étant ton propre sujet. Je pense dans le futur faire plus d’autoportraits.  

 


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