Saviez-vous qu’avant d’être une manufacture de tabac, la Friche avait aussi été une raffinerie de sucre ?
Retour sur l’histoire de mademoiselle Boddi, ouvrière Italienne de la raffinerie Saint-Charles au XIXe siècle.
Bienvenue à la Friche
Aujourd'hui mercredi 1 juil.
Samedi 7 décembre 2024 à 18h
Gratuit sans réservation
Gratuit
Librairie de la Friche
Saviez-vous qu’à la Friche, avant d’accueillir du public, on fabriquait des cigarettes ? Lors de cette soirée à la librairie, Mathilde Ramadier et Élodie Durand présenteront leur BD qui raconte l’histoire d’une des premières révoltes féminines en France, à l’époque où la Friche était une manufacture.
L’histoire vraie d’une des premières grèves de femmes en France
Le slogan “Ne nous libérez pas, on s’en charge.” semble avoir été inventé pour elles. Venues en France pour trouver du travail, précarisées et soumises au bon vouloir d’employeurs qui ne voient en elle qu’une main d’œuvre déshumanisée, peu chère et productive, les ouvrières de la Manufacture des tabacs ploient sous un quotidien hostile.
S’emparant de cette lutte féministe qui se soldera par une victoire, Mathilde Ramadier et Élodie Durand remontent le temps et mettent en lumière ses ressorts, de sa genèse à la façon dont s’organise l’action collective, la solidarité et l’émancipation.
Marseille, Hiver 1887. Plus d’un millier de femmes sont employées à la Manufacture des tabacs de la rue Bleue (aujourd’hui la Friche la Belle de Mai), qui produit cigares, scaferlatis et cigarettes. Malgré une récente modernisation, les conditions de vie et de travail sont rudes pour ces immigrées italiennes. Sespo, Teresa et Rosa, trois jeunes cigarettières, décident de s’organiser, sans syndicat ni expérience, pour faire spontanément une grève sur le tas après que l’une d’elles a été sévèrement sanctionnée par la direction, suspectée injustement d’avoir volé du tabac. Leur première revendication : qu’on cesse les fouilles au corps à la sortie des ateliers. Petit à petit, gagnant l’opinion publique et la presse à force d’organisation et de solidarité, elles s’émancipent, regagnant de leur agentivité malgré les intimidations.
Pour leur première collaboration, Mathilde Ramadier et Elodie Durand ont travaillé de concert, se rejoignant sur l’attention portée aux archives comme à l’histoire des lieux et de la lutte. Poussant l’immersion jusqu’au bout, Mathilde Ramadier a d’ailleurs occupé en 2018, l’ancienne maison du directeur de la Manufacture, aujourd’hui résidence pour auteur·ices (La Marelle).
Donnant vie aux ouvrières, Élodie Durand s’appuie sur un bleu profond, réhaut puissant guidant le regard de planches en planches.
Mathilde Ramadier et Élodie Durand dépassent l’ancrage marseillais pour se joindre aux voix de celles que l’on entend pas ou peu, à l’instar des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles. Une pierre importante apposée à l’édifice de notre matrimoine commun.
Mathilde Ramadier est autrice d’essais et de bande dessinée, née en 1987. Elle obtient un master de philosophie contemporaine de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm en 2011. Elle publie sa première bande dessinée en 2013 aux éditions Dargaud et ses premiers essais et documents en 2017 chez Actes Sud, Le Seuil ou dans la collection Que sais-je ? Elle écrit également pour la presse (Socialter, Huffington Post, le Monde, Libération ou encore Philonomist).

Diplômée de l’école des Arts décoratifs de Strasbourg, Élodie Durand travaille pour la presse et l’édition jeunesse en parallèle de ses livres de bande dessinée. En 2011, elle reçoit le Fauve d’Angoulême – révélation pour La parenthèse. En 2024, son Album Transitions est nominé au Best international Book Harvey Awards. Elle réside aujourd’hui à Marseille et est membre de l’Atelier des Héroïnes.

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