Ce spectacle est né de la confidence bouleversante d’une femme que François Cervantes a rencontrée et dont il a écrit le portrait. Le destin individuel de cette femme croise la grande histoire. Il y a dans son existence une densité rare d’ombre et de lumière. Cette femme a été sauvée par les histoires, elle a tenu tête au chaos.
Anne Alvaro convoque cette femme. La joie du théâtre l’emporte sur la violence de la vie. La magie de la scène illumine cette histoire.
« Je ne comprends plus le monde, mais je comprends les gens. J’ai envie de découvrir de grandes histoires, bien sûr, mais qui puissent tenir à l’intérieur d’un corps humain, pas des grands trucs exagérés qui débordent dans tous les sens
J’ai déjà écrit une quarantaine de portraits de gens que j’ai rencontrés, et je crée un premier spectacle avec un de ceux qui m’ont le plus marqué : celui d’une femme dont le destin individuel est embarqué dans les courants de la grande histoire… Une enfant d’immigré kabyle, recruté pour les mines du Nord, qui après des années d’enfer et de violence, grâce au miracle de mains tendues, est parvenue à un poste à responsabilité dans la société française.
Il y a dans cette existence une densité rare d’ombre et de lumière
On voit que l’enfance invente des manœuvres pour traverser les drames et trouver la joie
Pendant les répétitions, Anne m’a raconté que sa mère, enfant, pendant les « jours de grand vent », voyait les fers à repasser voler dans la pièce. Et elle imaginait qu’elle était filmée, pour garder sa tenue et sa lumière
Et cette femme, que nous découvrons dans ce spectacle, elle a été sauvée par les histoires, qui ont tenu tête au chaos
Un portrait, ce n’est pas un documentaire : on extrait des trucs du fond, on remonte des cailloux bruts
J’essaye de faire le portrait d’un être intérieur. Nos êtres intérieurs sont frères et sœurs, même si nous n’avons pas eu les mêmes parents. Au fond de nous, il y a une fraternité essentielle
Dans la genèse de ce spectacle, il y a la rencontre, la confidence, et puis il y a l’écriture
Et ensuite, il y a le geste théâtral. Anne convoque cette femme. Son être intérieur compte plus que tout pour elle
La joie du théâtre l’emporte sur la violence de la vie.
La magie de la scène illumine cette histoire »
– François Cervantes