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Événement passé

Le Mauvais Oeil 35 : Jirô Ishikawa

Une proposition de Le Dernier Cri

Du 17 juin au 15 juillet 2017
du lundi au jeudi de 10h à 12h et de 14h à 17h
du vendredi au dimanche de 10h à 18h
vernissage le 17 juin à 18h

Gratuit

Galerie Le Dernier Cri

Né en 1967 à Tokyo, Jirô Ishikawa a passé son enfance dans une île du département de Mie, au Japon. À l’âge de 14 ans, il découvre le magazine de manga alternatif Garo et, dans ses pages, les bandes dessinées de Takashi Nemoto. Ce dernier radicalise les principes esthétiques du heta-uma (« trashy-goody ») revendiqués avant lui par Teruhiko Yumura (alias Terry Johnson, entre autres pseudonymes) dès le début des années 1980, et également pratiqués par Yoshikazu Ebisu. Cette lecture est un tel choc qu’elle détermine la vocation d’Ishikawa : à peine sorti du lycée, il monte à la capitale pour y devenir auteur de manga. Autodidacte, il soumet ses planches à la rédaction de Garo. C’est ainsi qu’en 1987, son premier manga « L’homme oiseau » est publié dans le magazine.

À partir de là, il publie régulièrement, tout en gagnant sa vie en tant qu’ouvrier journalier, et en répondant à des commandes d’illustrations, de plus en plus nombreuses. Son premier ouvrage, Miinna Jirô-chan, paraît en 1989 chez Seirindô.

Dans les années 1990, des ennuis de santé lui occasionnent de longues périodes de souffrance et le plongent dans une grave dépression. Sa vie privée en est affectée : après son divorce, il cherche un soutien dans les médicaments. À cette période, ses oeuvres tournent au psychédélique, s’écartent progressivement des canons du manga commercial. Refusant de rabattre son originalité, Ishikawa entreprend alors à autopublier des petits fascicules entièrement réalisés, photocopiés et agrafés à la main, qu’il met en vente essentiellement à la librairie Taco ché (Tokyo, quartier de Nakano).

La caractéristique principale des oeuvres de Jirô Ishikawa est d’être tracées entièrement à la main et au moyen de trames mécaniques, sans recours à l’ordinateur. Le lettrage des titres et des onomatopées sont eux aussi de la main de l’auteur, ainsi que toutes les indications typographiques concernant les textes dans les bulles, qu’il fixe dans les moindres détails (même en l’absence de commande ou d’un projet de publication en magazine ou en album), grâce à sa connaissance de la typographie. D’autre part, des motifs sexuels, pénis, vagins ou poitrines féminines, ainsi que des motifs géométriques créés avec une minutie extrême sont enchâssés dans les personnages, les bâtiments, jusqu’aux objets ou ustensiles, qui apparaissent dans les planches de Jirô Ishikawa.

Son style graphique et narratif laisse transparaître une forte influence – consciente ou inconsciente – des films érotiques et des chansons populaires propres à la culture de masse des années 1970-1980.

En 2009, Taco ché fait paraître une compilation de récits dessinés par Jirô Ishikawa depuis les années 1990. Le volume, intitulé GIRO, condense le nom du magazine GARO et le prénom de l’auteur. À peu près à la même époque, Ishikawa commence à trouver un profond réconfort à regarder les chiens de son voisinage immédiat. Les chiens et chats apparaissent de plus en plus nombreux dans ses oeuvres, au point de constituer une thématique féconde à laquelle se rattachent une série de bandes dessinées.

En 2014, Jirô Ishikawa est invité à participer aux expositions « Mangaro », à Marseille, et « Heta-uma », à Sète (France). L’année suivante, les éditions Le Dernier Cri publient Chinpoko Jiro. En 2016, le festival FOFF, à Angoulême, consacre à Ishikawa une exposition. Pour cette occasion, il réalise également l’affiche du festival.

Bon à savoir

En mai 2017, les éditions Matière publient C’est comme ça, le premier recueil traduit en français du travail de Jirô Ishikawa (livre disponible au Dernier Cri et au café-librairie de la Friche, la Salle des Machines.