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Mémoires

Hommage à Jean-Jacques Hocquard, compagnon fondateur de la Friche

Par Philippe Foulquié
26 janvier 2026
©Laurent Chappuis

Suite au décès de Jean-Jacques Hocquard, la Friche s’associe au témoignage de Philippe Foulquié qui revient sur le rôle qu’a joué Jean-Jacques, aux côtés d’Armand Gatti, dans cette friche balbutiante et bouillonnante du début des années 90. Toutes nos condoléances à sa famille et ses proches

« La première fois que nous avons collaboré est née du souhait de Jean-Marie-Patte de réaliser au Théâtre Massalia, un spectacle au cours de sa résidence à Marseille, résidence choisie et financée par la Ville. Jean-Marie est l’autre immense artiste, aprés Armand Gatti, auquel Jean-Jacques Hocquard a consacré sa vie professionnelle

Plutôt heureux d’avoir été choisi par cet artiste rare, croisé quelques années plutôt au Jardin, espace théâtre de la Cité Internationale à Paris, j’engageai résolument l’équipe du théâtre dans cet accompagnement, intéressé à montrer que ses exigences formelles n’étaient pas si éloignées de ma conception du Théâtre de Marionnettes contemporain.

Superbe projet qui déroutait un peu le public du théâtre Massalia, ce qui ne m’a jamais posé de problème important.

J’ai pu en tout cas apprécier Jean-Jacques, notamment sa curiosité active pour les enjeux propres à ses partenaires.

Deux années plus tard, nous commencions à explorer les friches de l’ancienne SEITA, quand je recevais la visite de Jean-Jacques accompagné d’Armand Gatti, tous deux cherchant les lieux et partenaires qui devaient leur permettre de réaliser le projet de résidence, là encore porté par la Ville, par Christian Poitevin, élu à la Culture, et sa conseillère Théâtre, Reine Prat.

Sur le toit de ce que nous allions appeler « la Tour », devant le déroulé des toits de la ville, Gatti me parlait de son projet, déroulant ses grands bras de conteur exceptionnel,  tentant de me convaincre, alors que j’étais bien certain de toute façon de ne pas refuser une telle proposition. C’était le début d’un projet qui devait durer à peu près une année, dont plusieurs mois de préparations diverses et de négociations parfois difficiles, gérées avec une formidable dextérité par Jean-Jacques.

Au-delà de ces qualités professionnelles, j’ai pu constater et vivre la grande humanité de Jean-Jacques et son sens de l’humour toujours disponible, quelques soient les situations que nous traversions.

La résidence devait s’achever en juillet suivant, quand les 70 stagiaires, accompagnés d’autant d’intervenants, créèrent « Marseille, Adam, Quoi », gigantesque événement théâtral, tel « qu’on avait jamais vu cela » comme disait Hélène Chatelain, complice de Gatti sur d’autres terrains, venue en spectatrice apprécier cet événement artistique et culturel exceptionnel, traversant la Ville pour visiter plusieurs lieux scéniques, dont douze sur la seule Friche, étalé sur deux jours et trois fois de suite, avec bus et télévision inside pour regarder les films (« qui je suis, à qui je m’adresse »), réalisés par les stagiaires et Stéphane Gatti.

L’accompagnement du projet de Gatti allait être éprouvant par sa taille et son immensité, et éminemment fondateur pour cette encore jeune Friche, en train de se demander à quoi pouvait-elle servir et que pouvait-elle inventer. Ce projet d’Armand Gatti devenait un moment fondateur de la Friche la Belle de Mai, en repoussant les limites de ses ambitions.

Là encore, la complicité et l’insondable talent de Jean-Jacques nous ont soutenus sans faiblir, malgré les tensions et les difficultés qu’une telle mobilisation impliquait. 

Fabrice Lextrait, alors administrateur de la Friche (SFT) et moi-même, avons vécu cette expérience exceptionnelle avec détermination et gourmandise, faisant fi des difficultés, l’une puis l’autre, toujours surmontées. Bien évidemment, l’amitié, ainsi née avec Jean-Jacques, était scellée. Nous voudrions partager la douleur de sa famille et saluons les siens avec chaleur. »

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