À la Librairie de la Friche, notre libraire Delphine met en lumière la diversité des maisons d’édition indépendantes, couvrant des domaines aussi variés que l’art, la photographie, la jeunesse, la bande-dessinée, la littérature, la société, l’écologie, le graphisme, l’urbanisme et la cuisine.
Chaque mois, une large palette d’évènements sont organisés dans la librairie : lectures, rencontres, performances ou lancements de revues.
Tous les mois, découvrez la chronique de Delphine dans l’émission Le Nez Dehors sur Radio Grenouille autour du thème RÉSISTER.
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La sélection de Delphine pour vos cadeaux
Pour la joie, Une ode à la résistance poétique et politique – collectif dirigé par Kiyémis
Les Liens qui Libèrent
Affirme que la joie est une force politique, un refus du découragement et de la peur.
Dans une époque saturée de récits catastrophistes, ce livre redonne au désir sa puissance d’action.
Aux côtés de Kiyémis, huit autrices font de la fête, du soin et des imaginaires collectifs des outils de lutte. Poèmes, essais, manifestes : une mosaïque de formes pour réenchanter le politique. La joie y devient lucide, tenace, héritière des résistances.
Un livre-respiration qui nous rappelle qu’un printemps est encore possible.
Je vous demande de fermer les yeux et d’imaginer un endroit calme – Michelle Lapierre-Dallaire
Le Nouvel Attila
Ici, la lutte est intime : au cœur du rapport complexe mère-fille, le désir se construit – et dérange.
Dire ce désir, sans le recouvrir de silence, devient un geste de survie.
Les zones d’adoration, de honte, de tendresse et d’effroi s’y touchent et s’y heurtent.
L’autrice repousse les limites de l’autofiction pour que les corps ne soient plus censurés.
Chaque faille y ouvre une brèche où passe la lumière.
Un texte viscéral qui rappelle que le vivant se défend aussi de l’intérieur.
Vieille – Delphine Panique
Misma
Ce livre donne à voir ce que notre société s’obstine à ignorer : la vieillesse, maltraitée, reléguée, réduite au décor. Delphine Panique transforme cette invisibilité forcée en puissance de contestation, en gestes minuscules qui deviennent des actes politiques.
Traîner son caddie, prendre de la place, râler : autant de façons de rappeler que vieillir, c’est encore exister. Ici, pas de “gentille dame” docile : une femme âgée qui emmerde les normes et rit de ce qu’on voudrait lui faire taire. la vieillesse y apparaît rebelle, triviale, joyeusement indisciplinée.
Car marcher lentement dans un monde trop rapide, c’est déjà une révolte.
Fabienne – Anouk Ricard
Exemplaire
Cette fois, le récit donne voix à Fabienne : une grenouille trop longtemps cantonnée à l’ombre.
Son journal intime et sa présence sur les réseaux dévoilent la solitude, les colères, les petites joies d’une vie recluse. Dans l’intimité du couple qu’elle forme avec Francis, on découvre une héroïne qui cherche à exister autrement que par le regard des autres. Enquêtes, mystères et retour d’Objecto rappellent que le bizarre s’invite toujours dans le quotidien. Loin du spectaculaire, l’album explore la fragilité, le soin et le désir d’échapper à sa condition.
Un portrait tendre et ironique d’une vie souvent invisibilisée, qui mérite d’être prise au sérieux.
L’art c’est la vie, Else von Freytag-Lohringhoven critique de Marcel Duchamp
Macula
Longtemps effacée de l’histoire de l’art, Else von Freytag-Loringhoven réapparaît comme une figure incandescente de l’avant-garde new-yorkaise des années 1910.
La Baronne incarne Dada dans son corps, ses performances, ses poèmes censurés, ses « sex rights » revendiqués avant l’heure. Pour elle, l’art n’est pas un objet : c’est la vie qui déborde.
Ses objets trouvés répondent aux ready-made de Duchamp, dont elle fut la partenaire, l’égale, la provocatrice. En suivant son parcours, cette étude relit tout Duchamp autrement, depuis Fontaine jusqu’à Étant donnés. La question n’est plus d’ajouter une femme au panthéon des génies, mais de déplacer les lignes du canon lui-même. Car la Baronne a vécu, créé et scandalisé hors des cadres, contre les règles du marché, contre les assignations.
Poète obscène, modèle fauve, icône indocile : elle rappelle que la modernité n’est pas née seule.
Ce livre restitue à EvFL sa puissance d’invention et son rôle dans l’histoire des avant-gardes.
Redonner à voir la Baronne, c’est ouvrir à nouveau les portes de ce qui reste encore à écrire.
Baya. Femmes en leur jardin – Collectif
Images Plurielles
Cette monographie éclaire enfin le « cas Baya » : comment une jeune Algérienne non scolarisée, survivant à la violence coloniale, est devenue à 16 ans une artiste célébrée à Paris.
Ses gouaches – femmes souveraines, jardins d’abondance, oiseaux et musiques – inventent un monde où la joie féminine est souveraineté. En explorant ses archives, le livre restitue la puissance d’une œuvre trop longtemps lue à travers le regard colonial. Baya n’est pas une muse exotique : elle est une créatrice majeure du XXᵉ siècle, libre et universelle.
Catalogue d’art et ouvrage de recherche, il redessine son histoire, son génie, son émancipation.
Rendre justice à Baya, c’est restituer enfin aux femmes arabes leur place dans la modernité artistique.
Saucer n’est pas tremper – Simon Hascher
Hachette
Un livre qui rend justice à la sauce, cette alchimie modeste qui relie, révèle, transforme.
Ni décoration ni camouflage : la sauce est une puissance, un récit, un lien entre les choses et les êtres. Cent recettes pour jouer, improviser, provoquer, du beurre clarifié au miso, du tahini aux carcasses, des herbes qui claquent aux piments qui mordent. On y célèbre les classiques comme les ovnis gustatifs, toujours avec la joie du partage.
Parce que racler le fond de l’assiette, c’est un droit inaliénable.
On ne sauce pas par faim : on sauce par conviction.
Sunset Cocktails – Guillaume Aubry & Sterling Hudson avec des accords de Ryoko Sekiguchi
JBE Books
Entre essai et livre de recettes, Sunset Cocktails invite à transformer la contemplation en expérience sensorielle à littéralement boire le coucher de soleil. À partir des recherches esthétiques de Guillaume Aubry sur cette figure à la fois mystique, artistique et quotidienne du crépuscule, le livre réunit douze cocktails imaginés par le mixologue Sterling Hudson. Du Regulus, où un glaçon safrané diffuse sa lumière dans le vermouth, au Grand Soir, coucher de soleil politique où le charbon s’infuse dans la vodka, chaque recette devient un geste poétique et chromatique. En postface, Ryoko Sekiguchi prolonge cette expérience en éveillant nos sens à une nouvelle forme d’attention : celle d’un monde que l’on contemple autant qu’on le goûte. Un ouvrage singulier, entre art, littérature et gastronomie pour explorer la beauté liquide du monde.
Pour les peti·tes
Avez-vous déjà entendu un cheval chanter ? – Pauline Barzilaï
La Partie, à partir de 4 ans
Un album espiègle où l’étrange devient une évidence joyeuse, guidé par la voix malicieuse d’une enfant. Les chevaux chantent, les maisons courent la nuit, les chaussures s’embrassent : tout ce qui nous semblait immobile s’anime enfin. Les peintures à la gouache composent une galerie de personnages tendres et décalés. Là où l’adulte ratatine le réel, l’enfant l’agrandit, le fait danser, le fait rire.
Chaque page dévoile une mélodie secrète, un monde qui n’attendait qu’un regard pour exister.
Une symphonie du merveilleux, à hauteur d’enfance.
Raouf – Krocui
L’Articho, pour les tout·es-petit·es
Un tout-carton en forme de maison, pour entrer dans un simple jeu de cache-cache entre un enfant et son chien. Krocui capte l’élan, l’impatience, l’excitation pure du jeu partagé.
Son dessin minimal va droit à l’essentiel : deux corps qui se cherchent, se retrouvent, se réjouissent. Le texte est court, rythmé, tendre, parfaitement accordé aux jeunes regards.
La relation complice entre l’enfant et son chien devient le cœur battant du livre.
Une petite scène de bonheur vif, à hauteur d’enfance et de truffe humide.