Entretien avec Alice Comte, responsable de coopération internationale pour la Friche la Belle de Mai.
Bienvenue à la Friche
Aujourd'hui jeudi 18 juin.
Engagée dans les questions de transition écologique, la Friche la Belle de Mai a rejoint depuis un an le programme européen EMCCINNO* pour tester des prototypes — dits « démonstrateurs » — de transition.
L’objectif : identifier, concevoir et documenter des modèles de redirection, écologiques et organisationnels, adaptés aux industries culturelles et créatives. Pour la Friche, il s’agit d’imaginer de nouveaux chemins de fraîcheur en temps de canicule, qui pourraient être testés au cours de cette année 2026.
* EMpowering CCIs to boost systemic INNOvation for sustainable climate transition.
Donner aux ICC les moyens de stimuler l’innovation systémique pour une transition climatique durable.
Projet de recherche financé par Horizon Europe, programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation.
Voir le site dédié
À la Friche comme ailleurs, sécheresse et chaleur extrême de l’été ont un impact direct sur son l’organisation et ses usager·es. Des données ont déjà été collectées au niveau national pour documenter les effets des températures extrêmes sur le bien-être du public et des travailleureuses. Le changement des heures d’ouverture, la polyvalence des espaces et l’augmentation du travail de nuit sont des solutions ayant une influence directe sur le bien-être au travail, le droit du travail, le modèle économique.
Repenser la Friche la Belle de Mai à l’horizon 2050 c’est donc cela : analyser nos vulnérabilités physiques et climatiques (chaleur, eau, énergie, usages), jauger nos attachements. Renoncer à certaines programmations. Et voilà comment la démarche de redirection écologique* vient directement impacter l’activité du site et l’aménagement de ses espaces.
En 2020, l’écriture collective du « Schéma d’Orientation Collectif » (SOC) posait les bases de cette intention, confirmée par le « Diagnostic environnemental de la Friche » confié en 2021 à Domène sous forme de mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage et assorti de nombreuses recommandations. Tout ceci a engagé la Friche en 2025 dans l’élaboration d’un « Schéma directeur de redirection écologique », encore en écriture, pour penser dès aujourd’hui un futur soutenable, pour anticiper l’impact du réchauffement climatique sur la réalité de nos activités, notre économie, notre existence (!) à toutes et à tous.
Pour cela, la coopérative a activé plusieurs leviers, les projets européens de recherche-action à visée écologique d’une part, le projet Alternative Verte 2 « RE.EC : Redirection Ecologique des Etablissements Culturels » d’autre part. Grace à ces financements, il nous est donnée l’opportunité de tester, prototyper, réfléchir ; en bref, écrire un projet urbain et culturel aligné aux enjeux environnementaux, sociétaux, économiques et bien sûr culturels et artistiques, actuels et à venir, avec l’aide de nos partenaires internationaux comme de notre proche communauté. +d’infos
* La redirection écologique est un cadre à la fois conceptuel et opérationnel qui vise à transformer en profondeur nos organisations et nos modes de vie pour les aligner, les « rediriger » sur des trajectoires compatibles avec les limites planétaires. Elle a été pensée par trois chercheurs : Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin dans Héritage et Fermeture, Éditions Divergences, 2021
En novembre 2025, le séminaire des sociétaires de la coopérative Friche, qui réunit une centaine de personnes impliquée dans la vie de la Friche (travailleureuses, habitant·es, collectivités, organisations) a été ouvert à l’ensemble des structures résidentes de la Friche pour partager l’actualité des projets de transition écologique à la Friche et embrasser une large communauté autour ses enjeux. Dans le prolongement de ce séminaire, un sujet a été posé : tenir des conditions soutenables de travail, d’accueil et d’usages face aux conditions météorologiques, notamment la chaleur. Dès ce printemps 2026, la Friche a lancé des tests d’aménagement dans des espaces de circulation ombragés, en plusieurs étapes & rendez-vous :




C’est tout le jeu de la recherche-innovation. Émettre seulement des hypothèses et faire confiance au processus collectif. Mais une chose est sûre : la faisabilité humaine, financière et juridique de ce prototype sera observée. Les hypothèses, confrontées à la gouvernance interne de la coopérative mais aussi proposées comme objet de travail collaboratif au sein du LaboFriche, seront testées et analysées en collaboration avec les partenaires de recherche ; CNRS, Université Aix-Marseille / laboratoire du LEST (France), Centro de Estudos Sociais (Portugal), Rifs (Allemagne), Greenformation Kft. (Hongrie) et Culture Action Europe (Belgique). Puis le temps sera à l’évaluation, à la consolidation des résultats et à l’élaboration d’outils et de recommandations pour que d’autres organisations culturelles puissent se saisir et reproduire les méthodes et modèles expérimentées adaptés à leur contexte : car, qui sait, la fraîcheur de nos chemins d’hospitalité pourraient souffler loin, très loin, n’en prenez pas ombrage !
Entretien avec Alice Comte, responsable de coopération internationale pour la Friche la Belle de Mai.
Depuis un an, la Friche s’est attachée à constituer une communauté solidaire et visible, capable d’agir collectivement à l’échelle méditerranéenne : présentation.
Il y a tout juste 1 an, la Friche la Belle de Mai rejoignait le projet EMCCINNO*, un programme de l’Union Européenne pour la recherche et l’innovation. L’objectif ? Tester et valider à l’échelle locale des modèles à impact écologique afin de renforcer la capacité des entreprises culturelles, artistiques et sociales à contribuer aux transitions écologiques.
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L'exposition "Autoroute Tanger-Marseille" présentée à la galerie La Salle des Machines est fermée ce jour en raison de dégradations.
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