Au cœur des manufactures de la Friche, un projet artistique et innovant prend racine. Entre résilience écologique et poésie, l’arroseraie offre une vision nouvelle de la gestion des ressources en eau.
Ce projet, soutenu par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, a été conçu par deux artistes résidents de la Friche : Jean-Luc Brisson et Stéphane Manildo. Leur travail interroge les pratiques modernes d’évacuation des eaux et réinvente notre relation avec cette ressource précieuse.
Découvrez toutes les étapes du projet avec ce podcast de Radio Grenouille !
L’idée ? Récupérer les eaux de pluie provenant du toit-terrasse pour irriguer une roseraie, un îlot de verdure en pleine ville. Fidèle à son ADN artistique, la Friche expérimente pour faire entrer l’art dans le quotidien. Bien plus qu’une solution technique, ce projet propose de mettre en valeur l’eau, ressource précieuse trop souvent dissimulée.
Aujourd’hui, la règle, c’est d’évacuer l’eau le plus vite possible, sans que personne ne la voie partir. Nous, on veut faire exactement l’inverse
Les rosiers qui composeront ces ilôts n’ont pas été choisis par hasard. Parmi eux, une rose unique : la reine de la Belle de Mai. Créée spécialement par un pépiniériste, cette fleur rend hommage à une ancienne tradition du quartier où les filles se réunissaient entre elles pour élire la Reine de Mai et la couronnaient de fleurs blanches. Cette nouvelle rose occupera une place de choix au cœur de l’arroseraie, symbole de renouveau et de mémoire collective du quartier.
L’arroseraie n’est pas seulement un projet de récupération d’eau, mais une invitation à réinventer nos pratiques face à la crise écologique, tout en créant des espaces où l’art, la nature et la science se rencontrent pour fabriquer une ville durable.
Engagée dans les questions de transition écologique, la Friche la Belle de Mai a rejoint depuis un an le programme européen EMCCINNO pour tester des prototypes — dits « démonstrateurs » — de transition. L’objectif cette année 2026 : imaginer et tester de nouveaux chemins de fraîcheur, dès l’été, pour repenser collectivement les espaces en temps de canicule.
En septembre 2025, la Friche la Belle de mai a franchi une étape majeure de sa transition avec l’ouverture du Petit Cab. Ce nouveau lieu de diffusion et de création d’une jauge de 300 places est la première salle de musiques actuelles en Europe à alimenter 100% de ses équipements scéniques grâce au soleil, sans raccordement au réseau électrique traditionnel.
Il y a tout juste 1 an, la Friche la Belle de Mai rejoignait le projet EMCCINNO*, un programme de l’Union Européenne pour la recherche et l’innovation. L’objectif ? Tester et valider à l’échelle locale des modèles à impact écologique afin de renforcer la capacité des entreprises culturelles, artistiques et sociales à contribuer aux transitions écologiques.